‹ Rhumatisme chronique progressif déformant Rapports avec la syphilisChapitre 7 sur 14 · L... Jérôme, 76 ans, boulanger · texte numérisé non relu

L... Jérôme, 76 ans, boulanger

A. H. — Père mort d’une maladie de cœur vers l’âge de 30 ans ; mère morte à 88 ans.

À, C. — Une sœur morte à 30 ans tuberculeuse ; un frère mort épileptique ; un frère mort à 28 ans, atteint d'une paralysie infantile.

A. P. — Marié, 6 enfants : un mort de pleurésie à 30 ans ; cinq autres bien portants.

A l’âge de 29 ans, crise unique de rhumatisme articulaire à la suite d’un refroidissement en hiver ; le malade reste alité pendant quatre ou cinq jours avec de la fièvre, puis il reprend son travail, mais il conserve une impotence légère des mains et des chevilles et le médecin prédit la chronicité de l'affection.

A 4o ans, plusieurs attaques violentes et longues avec fièvre de rhumatisme frappant subitement plusieurs articulations. Chaque attaque dure plusieurs mois, pendant lesquels il est obligé de garder le lit. Aucune cardiopathie concomitante. Il eut ainsi une vingtaine de crises

entre lesquelles les articulations restaient déformées et la douleur persistait.

À 48 ans, il fait une pleurésie sèche durant quarante jours environ, à la suite de laquelle ses douleurs s’atténuent, ce qui lui permet de reprendre son travail. Il n’a plus de crise jusqu’à 56 ans ; à cette époque les articulations redeviennent douloureuses, mais sans crise aiguë et sans fièvre, chroniquement. Elles se déforment, et le malade devenu impotent rentre à l'Hôtel-Dieu, puis à Saint-Jacques.

Examen. — Membres supérieurs : déformés à peu près symétriquement ; déformation typique des deux mains : mains creuses par opposition du pouce ; articulations métacarpo-phalangiennes noueuses avec ankylose à peu près complète, déviation en coup de vent des doigts vers le bord cubital. L’articulation métacarpo-phalangienne du pouce est également ankylosée, mais le mouvement d'opposition est conservé, se passant dans l’articulation carpo-métacarpienne. Les phalangettes sont en flexion et ne sont pas ankylosées, mais présentent des déformations articulaires. Les articulations des premières et deuxièmes phalanges sont diversement déformées, les médius et auriculaires des deux mains franchement en baïonnelte, ankylosés. Les index et les annulaires sont ankylosés, type rectiligne à gauche, en baïonnette à droite. La deuxième phalange du pouce est en hyperextension, subluxée à droite. Des deux côtés ankylose complète.

Aux poignets, saillie de l'extrémité inférieure du cu-

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bitus, articulation épaissie, à droite ankylosée en position moyenne, à gauche mouvement très limités.

Coudes : ankylosés à droite à angle droit, à gauche mouvements limités, extension impossible au delà de l'angle droit.

Epaules : mouvements très limités des deux côtés.

Atrophie de l'éminence thénar à droite plus qu'à gauche, mais ni d'un côté ni de l’autre elle n’est très marquée ; les hypothénar sont bien conservés. Atrophie des bras et des avant-bras surtout à droite, beaucoup plus marquée aux avant-bras. Réflexes très diminués.

Membres inférieurs : orteils déjetés en dehors et fléchis, déformations osseuses à toutes les articulations, surtout appréciables aux articulations métatarso-phalangiennes des gros orteils.

Articulations tibio-tarsiennes : mouvements très limités.

Genoux ankylosés en flexion, assez volumineux.

Mouvements limités et douloureux de l'articulation coxo-fémorale des deux côtés.

Douleurs fréquentes dans la colonne vertébrale et dans le cou, mais pas de déformations ni de limitation des mouvements.

Muscles des jambes assez atrophiés, davantage à droite; muscles des cuisses beaucoup mieux conservés.

Les muscles sont presque toujours en contraction ; quand on obtient le relâchement, les réflexes existent, plutôt faibles et sans déplacement par suite de l’ankylose.

Aux extrémités la peau est rouge, tendue, luisante ;

ailleurs elle est sèche.

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Les ongles sont cannelés et recourbés.

Bauer-Hetch, Meinické : — — — — Vernes : 4.

Mme R..., commerçante, 67 ans.

À. H. — Père mort à 42 ans de tuberculose pulmonaire ; mère morte d'une maladie de cœur.

A. GC. — Une sœur morte de méningite ; une sœur

morte à 36 ans de tuberculose pulmonaire ; une sœur bien portante.

A. P. — Mariée deux fois, trois enfants : un garçon mort de méningite à 3 ans ; deux filles très bien portantes.

La malade a eu souvent de gros rhumes traînants. Elle a fait des hémoptisies vers l’âge de 30 ans, mais au moment de ses règles, la veille en général.

Début du rhumatisme vers 42 ans : plusieurs crises d’arthrite des articulations des pieds et des cou de pieds : de plus, elle souffrait alors de névralgies fugaces faciales et sciatiques en particulier, calmées par l’antipyrine.

Vers 43 ans, fortes douleurs au coude droit, puis aux deux poignets. Les genoux furent pris plus tard, le gauche le premier. Peu à peu une raideur s’établissait dans toutes les articulations, même dans le cou ; les déformations envahissaient les doigts, puis les poignets, puis les genoux, ce qui a contraint la malade à rester dans une chaise longue.

Examen. — Membres supérieurs : les articulations métacarpo-phalangiennes sont énormes des deux côtés

au niveau de l'index et du médius ; celle de l’annulaire

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est prise à droite, non à gauche ; celle du cinquième est à peu près intacte des deux côtés ; au pouce déformations symétriques, toutefois l'extension des phalanges est possible. Les articulations des premières et deuxièmes phalanges sont déformées des deux côtés, mais la déformation est plus forte à droite où l'extension complète est impossible, tandis qu’elle l’est à gauche. L'annulaire est à peu près respecte des deux côtés ; le cinquième est presque indemne à gauche, très déformé à droite : subluxation de la tête. Phalangettes très peu atteintes ; quelques nodosités de peu d'importance au niveau de l'index droit, du médius et du cinquième gauches. L’articulation des phalanges du pouce est indemne à droite, ankylosée en extension à gauche. Tous les mouvements de la main. sont conservés.

Poignets : à droite complètement ankylosé, à gauche un peu élargi, mais tous les mouvements sont possibles.

Coudes : droit ankylosé à angle droit, à gauche mouvements très limités dans la flexion : angle de 90°.

Articulations scapulo-humérales : tous mouvements possibles, mais limités. Pas de craquements.

Atrophie notable des deux côtés.

Membres inférieurs. — Pas de déformation des orteils.

Articulations tibio-tarsiennes normales

Genoux globuleux avec gros empâtement extra-articulaire, immobilisés en flexion à un angle de 120° environ; extension impossible des deux côtés.

Articulations coxo-fémorales et colonne vertébrale non

touchées.

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Atrophie assez considérable des muscles des cuisses et des jambes des deux côtés.

Réflexes presque nuls.

Wassermann, Bauer-Hetch, Jacobstah]l : — — — —,

Vernes : 1.

M... cheminot, 71 ans.

A. H. — Père mort à plus de 80 ans ; mère morte à 78 ans.

À. GC. — Deux sœurs vivantes et bien portantes.

À. P. — Marié à 42 ans. Pas d'enfants ni de fausses couches.

Début du rhumatisme il y a vingt ans au moins par les deux mains. Jamais de douleurs.

Examen. — Bras gauche amputé en 1908 à la suite d’un accident.

Rien au poignet, ni au coude, ni à l'épaule, ni aux membres inférieurs.

À la main droite : nodosités aux articulations métacarpo-phalangiennes du pouce et des autres doigts, légère déviation des doigts vers le bord cubital, phalangettes en flexion et phalangines en hyperextension au médius et à l'annulaire (esquisse du doigt en baïonnette), rétraction de T'aponévrose palmaire au niveau des mêmes doigts, pas de camptodactylie du cinquième. Flexion normale. force conservée.

Le malade est aussi un Parkinsonnien depuis deux ans : il a des tremblements typiques actuellement limités aux membres supérieur et inférieur droit, tremblements existant au repos et cessant dans les mouvements volontai-

res. Muscles en hypertonie, saillants sous la peau, mais rigidité peu accentuée dans les mouvements passifs et pas de roue dentée. Mouvements automatiques assez bien conservés, particulièrement le balancement des bras. Parole lente, monotone.

Réflexes radial, cubital, olécranien à peu près nuls à droite.

Du côté qui ne tremble pas, il y a de la rigidité musculaire, et les réflexes sont très variables suivant que l’on surprend ou non le malade.

Bauer-Hetch, Meinické : — — — —.

Vernes : 4.

Mme T..., 8o ans, veuve.

A. H. — Père mort à 36 ans d’une broncho-pneumonie. Mère morte à 84 ans.

A. C. — Deux frères et trois sœurs morts. Pas de rhumatismes.

À. P. — Mariée : une fille morte à 15 ans de tubercu-

lose. Jamais de fausse couche.

Début vers 30 ans par les mains, elle a pu quand même travailler très longtemps. Les pieds se sont pris peu après Les genoux viennent de se prendre il y à six mois.

Examen. — Membres supérieurs : déformations des têtes métacarpiennes symétriques aux deux mains, doigts déjetés vers le bord cubital, surtout à la main gauche. Tous les mouvements sont-possibles. Nodosités aux articulations des phalanges entre elles, symétriques et prédominant à l'index ; muscles des éminences bien con-

servés.

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Pas de déformations des coudes, mais mouvements douloureux.

Quelques craquements dans les épaules, surtout à droite.

Membres inférieurs : déformations symétriques de la. ù tête du premier métacarpien, les deux gros orteils sont | déjetés en dehors ; aux autres orteils, la première phalange est en hyperextension, les autres en flexion.

Actuellement, poussée subaiguë des deux genoux, qui sont chauds, globuleux, en demi-flexion avec une grosse hydarthrose des deux côtés et le choc rotulien : tout mouvement y est très douloureux.

Atrophie des muscles des jambes et des cuisses, surtout des muscles antérieurs. Réflexes radiaux, olécraniens et rotuliens forts des deux côtés,

Bauer-Hetch, Meinické : — — — —, hi

Vernes : 3.

Mme G..., 64 ans.

À. H. — Néant.

A. P. — Deux fois mariée : le premier mari mort bacillaire, le deuxième bien portant. À eu deux enfants du deuxième mari : le premier mort à la guerre, le deuxième bien portant, puis à 42 ans a fait une fausse couche de deux mois et demi. N'a jamais vu le médecin.

Le rhumatisme a commencé par le pouce gauche il y a 5 ans, puis a envahi successivement les mains, les coudes, les épaules. Les membres inférieurs se sont pris ensuite dans le même ordre.

Examen. — Mains en coup de vent avec nodosités à.

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toutes les articulations, flexion métacarpo-phalangienne, les doigts de la main gauche présentent le type d’extension, tandis qu'à droite c’est le type de flexion.

Les poignets, les coudes sont ankylosés en flexion.

L'épaule gauche est immobile, l'épaule droite a conservé quelques très légers mouvements.

Aux membres inférieurs : les orteils sont en hyperextension légère, les articulations tibio-tarsiennes sont ankylosées à angle droit. les genoux sont globuleux et fléchis, le gauche à angle droit, le droit à angle aigu. I ya un œdème dur, la peau est sèche.

La colonne vertébrale est touchée : la malade ne peut plus tourner la tête, elle peut seulement la baisser ou la relever légèrement.

Atrophie musculaire énorme généralisée. Réflexes abolis.

Wassermann, Bauer-Hecht, Jacobstahl : + + + +.

Mme M..., 65 ans.

A. H. et À. C. — Toute la famille a eu des rhumatismes déformants, et, chose curieuse, tous ces rhumatismes ont rétrocédé.

A. P. — Pas d'enfants ni de fausses couches.

Début il y a quatorze ans par des fourmillements et des crampes dans la main gauche, le médius est pris le premier, les autres doigts se prennent ensuite ; la main droite n’a été touchée qu’un an après avec les membres inférieurs. La malade avait à ce moment des douleurs continues. Avec des frictions et de l’antipyrine, beaucoup

de déformations se sont corrigées.

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Examen. — À l'heure actuelle, les deux mains sont en demi flexion, les doigts déviés en coup de vent vers le bord cubital, la fermeture est impossible, les articulations métacarpo-phalangiennes sont en flexion à angle droit, l’annulaire de la main droite est en baïonnette, le médius gauche présente le type rectiligne et le cinquième le type de flexion.

Les poignets ne sont pas touchsé ; les coudes sont en flexion légère avec à gauche de grosses nodosités adhérentes à l'os par un pédicule ; aux épaules les mouvements sont très limités et provoquent des craquements.

Aux membres inférieurs : œædème dur, peau squameuse, genoux globuleux avec flexion des jambes.

Atrophie musculaire généralisée. Réflexes à peu près normaux, peut-être un peu vifs.

Bauer-Hetch : — — — —,

Meinické :. + — — —.

Vernes : 1.

Mile A..., 72 ans.

Antécédents : rien à signaler.

La malade est emphysémateuse et a un souffle systolique à la pointe.

Début du rhumatisme vague : il y a plus de vingt ans, dit la malade, par des fourmillements, des crampes dans ies doigts, puis les arthrites sont apparues aux articulations des premières phalanges et ont suivi leur marche ascendante en remontant jusqu'aux épaules.

Examen. — Nodosités aux articulations métacarpophalangiennes des deux pouces et à l'articulation de la

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première phalange de l'index droit ; les phalangettes de l'index et du cinquième de la main droite sont en flexion, au majeur et à l’annulaire, elles sont par contre en hyperextension. Les doigts sont déjetés en coup de vent vers le bord cubital. Mouvements assez bien conservés.

Au poignet gauche : nodosités ; poignet droit normal

Rien aux coudes.

L'épaule droite est intacte, mais à gauche les mouvements sont limités et font entendre des craquements.

Eminences thénar et hypothénar atrophiées, beaucoup plus à gauche qu’à droite, ainsi que les muscles des avant-bras et des bras.

Réflexes vifs à droite, mais faibles à gauche.

Membres inférieurs intacts.

La malade se plaint de douleurs passagères au niveau de la colonne cervicale.

Wassermann, Bauer-Hetch, Jacobstahl : — — — —.

B..., 62 ans.

A. H. et A. C. — Néant.

A. P. — Veuf depuis onze ans ; 7 enfants plus une fausse couche entre le sixième et le septième. * Le malade a souffert de fréquentes migraines depuis Fâge de 18 ans jusqu'à 40 ans, époque où son rhumatisme a commencé. Il avait alors des douleurs passagères dans les pieds. En 1916, douleurs dans les reins pendant un an. En 1919, ankylose des genoux, puis des épaules. Reste quatorze mois au lit ; les ankyloses disparaissent.

Depuis quelques crises passagères, et en août 1926 les

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