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appelle la météréopathie, on connaît d’autres myalgies, qui dépendent aussi des influences thermiques. Une soudaine apparition d’une douleur musculaire très intense, violente, est extrêmement fréquente. Ceci arrive après un petit refroidissement, sur un corps réchauffé, en transpiration ; ces, douleurs effraient beaucoup le sujet par leur intensité, mais disparaissent souvent rapidement après ingestion de 0,50 gr. d’aspirine ou d’une autre préparation salicylée. II ne s’agit pas ici d’une infection, il n’y a pas de fièvre, le pouls est normal, mais le muscle est extrêmement douloureux ; d’où incapacité de travail.
Parfois seulement, si le refroidissement a été trop fort, il s’agit d’une douleur liée à un état fébrile, infectieux, provenant de la gorge ou des voies respiratoires et appelé improprement « grippe ». Mais, en règle générale, ce sont les myalgies apyrétiques, dont la cause d’ailleurs nous échappe.
La profession présente donc un intérêt considérable dans la genèse du rhumatisme musculaire. Pourtant, tout est loin d’être clair. Un exemple : un maçon travaillant par un temps très chaud, peut facilement prendre froid, s’il y à une chute soudaine de température, phénomène observé fréquemment en été pendant un orage, quand la chute de température peut dépasser parfois 10°, accompagnée d’ailleurs d’un vent qui favorise le refroidissement. On peut se demander qu'est-ce qui a déterminé la myalgie, le travail
iusculaire de plusieurs heures ou bien les influences météorologiques ? Le 1°” facteur est lié intimement à la profession, l’autre l’est seulement indirectement, car il aurait pu exister même en dehors de celle-là. Le malade aurait pu
peut- être ‘se ‘présérver en s’habillanñt Convénablement ou plutôt en interrompant momentanément son travail, ce qui. est d’ailleurs rarément réalisé. Ce cas se retrouve d’ailleurs fréquemment dans toutes:lés professions éxposées à des variations de la température. HÉrE ls “Prenons un autre exemple : un cuisinier d’un grand restaurant, d’un certain Âge, descendant d’une famille goutteuse, qui aime bien «boire un coup », est obligé professionnelilement de déguster les différents plats. Il reste, longtemps debout près du four, épuisant ainsi ses muscles: statiques et, après, il va, tout en sudation, sans se couvrir, au garde-manger où il fait froid. Il ressent brusquement une douleur violente. Est-ce l’épuisement professionnel des muscles statiques ? Ou bien est-ce l’effet du refroidissement violent qu’il aurait pu éviter ? Ou bien les deux ? Il n’est pas impossible que, dans ces conditions, soit apparu la. goutte qui somnolait dans son organisme, le plus souvent héréditaire et parfois acquise professionnellement.
On voit parfois une blanchisseuse qui travaille dans une pièce chaude, saturée de vapeurs d’eau et qui sort sans conséquences apparentes pour sa santé ; et une autre fois, en été, pendant des variations moindres de température, elle ressentira une douleur musculaire violente.
Le rapport éntre la profession et la maladie semble évident et pourtant, certains éléments manquent pour une compréhension complète. Il est évident que pour l'étude de ce problème; il faut considérer un facteur nouveau *
c'est le système nerveux. CNP RE Le
‘ Chaque sentiment est-hié à une influence. -endocrino-végéfative sur. Je système des: muscles :striés et -principalement . sur sa tension biologique.: Il suffit de regarder un homme, réjoui, ayant l'impression de.sa supériorité, Sur un autre, | Soit un homme en pleine colère, soit un. homme en: pleine | action héroïque, son aspect est frappant .: il.est caractérisé par une HRREURRE des muscles prédominant sur ses 'ex-fenseurs.
D'autre part, un Le triste, déprimé, : aigri, timide, hébété d’admiration ou bien ayant le sentiment de son infériorité envers un autre, ne présentera-t-1l pas une hyperionie musculaire avec une prédominance évidente de ses fléchisseurs ? Le tonus musculaire peut être un. indicateur vivant du psychisme humain influençant la posture, le mouvement et la mimique. Mais jusqu’ où va son influence. sur le travail professionnel de l'homme ?.
La cellule musculaire en travail est sous: KA influen- £es, surtout celle du système nerveux qui réagit aux différents facteurs, y compris les facteurs endocrino-végétatifs. Prenons un exemple
Un ouvrier très habile, jeune, exécute pendant une très belle journée, pas très/chaude, son travail professionnel, I1 est bien portant. Son patron ne lui épargne pas ses éloges. Après le travail, des diStractions dans un cercle des personnes sympathiques l’attendent. Il travaille avec joie et-cowrages Îl neiressent presque pas de; fatigue ; chaque mouvement est précis. Les muscles sont fermes, habiles dans les mouvements: Le rendement du travail est très grand -et la décharge:d’#nergie:est si facile, qu’il résulte de l'occupation, plutôtrune «sensation agréable qu'une fatigue.
: Maïs, par contre, un jeune apprenti n’aimant pas son métier, souffrant parfois au niveau de son appareil digestif, aigri, entendant toujours ronchonner son patron, exécute. pendant un temps lourd un pétit travail. Le travail n'avance pas ; un tel sujet ressentira certainement avéc plus d'intensité 1/10 du travail professionnel qui est passé inaperçu chez l’autre ; il réagira par une douleur, car sèn travail était mal exécuté avec une extrême hypotonie musculaire.
Tout ceci soulève évidemment le problème si intéressant de l'orientation professionnelle du travail qui sort du cadre de cette thèse et que nous ne faisons qu’effleurer ici. Ce n’est pas la quantité absolue de travail, mais l’influence des conditions qui l’accompagnent et la capacité psycho-somatique des muscles qui peuvent constituer dans beaucoup de cas, le facteur provoquant une réaction musculaire ; cette influence ne doit jamais être omise. -Il est évident que le Sujet neuropathe, neuro ou psychasténique peut présenter des myalgies et offre aux médecins un genre si riche, si connu de malades atteints de douleurs musculaires, qu’on ne peut guérir par aucun moyen, car elles entrent dans. le cadre de la pure psychalgie.
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Mais il est en somme plutôt rare que le rhumatisme soit exclusivement musculaire ; le plus souvent, ce n’est qu'un épiphénomène, au cours d’une arthrite rhumatismale.
Cependant, il existe une forme nette du rhumatisme musculaire professionnel, c’est le Iumbago. Il est extré-
-mement fréquent dans certaines professions comme chez les jardiniers, mineurs, etc. Il est à remarquer que les mineurs (les piqueurs en particulier), travaillent dans une position anormale (accroupie), ce qui n’est pas sans influencer sur leur maladie. Fe) |
En somme, des causes complexes peuvent déclencher le lumbago, parmi lesquelles nous citerons : l’humidité, le froid, les changements de température, etc... :
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Jusqu’? à ces dernières années, les seuls traumatismes ca l’on savait susceptibles d'entraîner une souffrance articulaire, étaient les luxations, fes fractures ou les plaies articulaires. Mais pourtant, en dehors de ces facteurs accidentels, il y en a d’autres qui agissent indiscutablement.
Toutes répétitions des mouvements pour lesquels une jointure n’est pas préformée est génératrice, à la longue, des souffrances articulaires. Un grand nombre d’entre elies sont bien connues : l’arthrite du coude du forgeron, l’arthrite vertébrale des jardiniers, l’arthrite des genoux des poseurs de tapis, de même celle des mineurs qui travaillent
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en position accroupié, Dupuytren a décrit une arthrite des
poignets chez les ouvriers dont le travail consistait à soulever lé levier de pressés à imprimer, Moulonguet une arthrite du coude’ chez lès ouvriers qui travaillent Er aide de Pérforatricé” pheumatique. ù ;
En fait, ce sont des arthrites qui apparaissent au bout d'un certain temps - chez ‘les ouvriers $ "exposant aux traumatismes insighifiants ‘dans leur intensité, petits mais, extrémement répétés (Mathieu- Pierre Weil).
Ces arthrites proféssionnelles sont nombreuses et très variées, M. M:-P. Weil en a observé de l'épaule chez le
peintre, la cigarière, le joueur de tennis ; du coude chez
un clicheur d'imprimerie qui, pour buriner le métal, le frappait plusieurs heures.par jour à l’aide d’un lourd marteau ; du poignet chez le harpiste et le violoncelliste ; des doigts chez le pianiste, du 5° doigt gauche chez le violoniste ; de la région lombaire chez le lanceur des disques ; de la métacarpo-phalangienne du pouce droit chez un pharmacien, dû au microtraumatisme déterminé par l’usage du pillon ; de la métacarpo-phalangienne de l’index chez un cordonnier qui, par une pression de cette région, poussait habituellement l'aiguille à, travers.fe-euir.,, :
Nous avons observé nous même chez un: architecte, un fervent du tennis par ailleurs, une arthrite de l'articulation métacarpo-phalangienne de l'index, très vraisemblablement d’origine microtraumatique..
Quel est leur mécanisme ?
Les arthrites microtraumatiques peuvent relever de processus variés. Pour Leriche, ce seraient des troubles vasomoteurs. Par ailleurs, Léri a montré, dans son étude de la spondylolisthésie, le rôle du traumatisme dans lapparition des crises douloureuses (A. Léri. Les affections de la colonne vertébrale. Paris, 1926, p. 143).
De même, le traumatisme intervient dans le syndrome de Bechterew, dénommé spondylite traumatique par Mouchet et la cyphose hérédo-traumatique de Kummel-Verneuil. L. Eloesser ( On the nature of neuropathie affection. of joints ; Annals of Surgery, t. LXXVI, 1947, P. 201), après
avoir coupé chez un cértain nombre des chats, les racines nerveuses postérieures et ‘sénsitives allant à une jambe, ne voit se développer d’altéfations articulaires que dans neuf ‘cas : mais après avoir traumätisé les articulations, chez tous les animaux, surviennent des arthropathies typiques. De même, Potts réalise des lésions articulaires en associant à la section des racines postérieures des nerfs, un traumatisme portant sur une articulation de ce membre ; jamais cet auteur n'avait observé de pareilles lésions He simple neurotomie sans traumatisme.
Dans les arthrites microtraumatiques, il n’y à pas d’accident véritable : le traumatisme est journalier, il est presque de tous les instants. Il se répète pendant des mois et des années avant de déterminer la souffrance de l'articulation. Le traumatisme n’est pas brutal, ni violent ; par contre, il est minime, superficiel et infiniment petit. D'ailleurs, l'influence du « terrain » est considérable ; ce facteur est absolument nécessaire pour qu’une, arthrite microtraumatique se consfitue. Fe
I! est probable que le phénomène de l’ usure carlilas gineuse, étudié déjà par Cruveïlhier, présente un intérêt majeur. Son rôle ressort des observations anatomiques de Smith Petersen (Traumatic arthritis, histologie changes in hyaline cartilage ; Arch. of Surg, avril 1929. N° 18) sur l’ état de Cartilage sacro-iliaque. À l’état normal, l'aspect de ce cartilage varie avec l’âge : à 17 ans, sa surface est unie, ses cellules sont espacées, sa substance interstitielle facilement colorable :; de 20 à 40 ans, les cellules sont un peu plus rapprochées et-la substance intertitielle moins uniformément teintéè ; à 70 ans, sont apparues d’incontestables altérations dé-
génératives : la surface du cartilage est irrégulière, les cel-. lules inégalement distribuées, la substance intertitielle remplacée en maints endroits par du tissu fibreux. - Or chez.les sujets atteints d’arthrite statique, dès l’âge de 20 ans s'observent des grosses lésions cartilagineuses . : de la fibrose superficielle, de la dégénérescence myxomateuse, l’envahissement du cartilage: par un tissu fibreux de remplacement, l’irrégularité des confins ostéo-cartilagineux, la calcification enfin du cartilage ; les cellules cartilagineuses ont tendance à se mettre en nid, preuve de la dégénérescence de la substance interstitielle, Celle-ci, chez les malades âgés de 40 ans, est complètement remplacée par du tissu fibreux ; ik ne persiste plus alors que très peu de cellules cartilagineuses.
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Le micro traumatisme est également un facteur capital pour déterminer des myalgies ou‘des fibrosites. Le Jumbago est souvent d’origine microtraumatique, et tout lumbago, contrairement. à certaines affirmations, ne relève pas d’une arthrite. Enfin le micro traumatisme peut produire des micro-luxations. Dans une observation de M. P. Weil, une malade présentait depuis trois ans, une douleur cervicale avec phénomènes vertigineux pour lesquels les médecins consultés avaient porté le diagnostic de rhumatisme. Maints traitements ont échoué. Or elle présentait une micro-luxation due à une chute malencontreuse d’une échelle d’appartement : seule une réduction cervicale prudente fut capable de déterminer la guérison complète et définitive de la maladie.
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. rhumatisme ehronique. ::..
Ve he Le miero-fraumatisme est donc un factéur infiniment inrportant dans la pathogénie des arthrites professionnelles. Mais il faut se gardér de toûté mauvaise interprétation. I est indéniable qué d’autres facteurs extrêmement importants interviennent. L’humidité en est un. Elle est connue depuis longtemps, ‘coime un facteur particulièrement rhumatogène. C’est le froid humide qui est particulièrement
néfaste. Maintes professions sont exposées à cette influence,
comme les ouvriers, de. brasserie, cavistes, etc. Le passage rapide d’une température à une autre est. également nocif. Sont exposés à cette influence les ouvriers fondeurs, chauf feurs, mécaniciens de bord. En résumé on peut énumérer les 4 facteurs suivants intervenant dans la pathogénie du 1) les changements brusquès de température,
2) le travail dans l'humidité,
3) le travail à l'extérieur
‘influences météorologiques), 4) une position non naturelle pendant le travail.
A-RU Ca CROIRE : cu e Ad