DEC
Troisième variété, OBSERVATION XV (résumée) (In thèse Egmann, observation IX.)
Rhumalisme articulaire aigu. Trois allaques dans l'espace de six ans. Arthrite de l'épaule droite.
G... A..., vingt-cinq ans, entre à l'hôpital le 14 décembre
Une sœur morte à vingt ans de méningite.
Personnellement, bonne santé jusqu’en 1897. Pas de blennorragie, ni de chancre.
En 1897, première attaque de rhumatisme articulaire aigu qui dure trois mois. Salicylate (5 grammes par jour pendant vingt jours (sans résultat).
En 1899, nouvelle attaque aux membres inférieurs.
La même année, après des travaux exagérés, douleurs dans le poignet droit et un peu de gonflement.
Depuis le mois d'avril 1901, épaule droite douloureuse; début brusque pendant la nuit.
Depuis deux mois, travail impossible. Epaule gonflée, mouvements douloureux; perte des forces. :
Actuellement, assez bon état général, pas d'amaigrissement, fonctions digestives normales.
Localement, épaule droite légèrement plus volumineuse que l’autre dans son ensemble, La palpation ne permet de sentir aucune fongosité, ni aucun cul-de-sac tendu à droite: elle décèle de nombreux craquements assez gros dans les mouvements. Deux points douloureux, l’un en avant, sur la face antérieure de l'humérus, au-dessous de la tête, l'autre en arrière au point correspondant.
Les mouvements d'élévation du bras sont normaux, mais
eu: PE provoquent dans l’article une douleur qui s’irradie le long du paquet vasculo-nerveux, en avant. Le mouvement par lequel le malade porte sa main en arrière entre les deux épaules est très limité; du côté sain, le malade peut toucher avec son poignet l’espace interscapulaire au niveau de l'épine, Du côté malade, au contraire, il peut à peine l'élever au-dessus de la région lom-
baire. Pas d'atrophie musculaire. Rien à l'auscultation des sommets.
OBSERVATION XVI (résumée) (inédite).
(Due à l’obligeance du D' Michel.)
Polyarthrite subaiquë tuberculeuse et hyperosloses douloureuses précédant une éruption de tuberculides. Apparition ultérieure d'un double spina-ventosa. Rhumatisme chronique déformant tuberculeux.
C..., quarante-six ans, apprèteuse, entre à l’Antiquaille, salle Sainte-Agnès, le 1° mai 1903.
Pas d'antécédents héréditaires.
Personnellement, rien à signaler dans son enfance.
Mariée, à dix-sept ans, à un mari tuberculeux, avec qui elle vécut pendant vingt-deux ans, et qui mourut de phtisie pulmonaire.
Quatre enfants, l’un atteint d’ostéite tuberculeuse, un mort de phtisie pulmonaire; les deux autres vivants et bien portants.
Il y a cinq ans, à la suite de revers de fortune, la malade, alors âgée de quarante et un ans, fut obligée d'exercer la profession d'apprêteuse.
Depuis un an, elle a beaucoup maigri (près de 15 kilogr., affirme-t-elle).
L'affection actuelle débuta, il y a sept mois, par des douleurs dans les deux tibias et par une extrême lassitude.
Peu après apparut du gonflement des deux genoux et, un
Pr VE mois environ après ce début, survinrent des douleurs spontanées et fonctionnelles dans les deux poignets.
Vers la même époque (c'est-à-dire il y a six mois environ) apparurent de larges papules d’un rouge sombre, infiltrées et dures, de la dimension d'une pièce de 5o centimes, sur le dos du poignet, puis sur l'épaule gauche.
Il y a un mois, apparition sous la narine gauche d'un petit tubercule rougeûtre et dur.
En outre, il y a quatre mois, la malade présenta du spinaventosa de la première phalange du médius gauche et de la phalangine de l'index de la même main.
Deux mois après, elle se plaignit de douleurs de l'extrémité inférieure du deuxième métacarpien droit. Ces douleurs s'accompagnaient de gonflement assez marqué de la tête de cet os.
Actuellement la malade (douée autrefois d'assez d'embonpoint) est pâle et amaigrie. Les traits sont tirés, les gencives et les conjonctives sont décolorées. Grande lassitude et anorexie marquée.
Elle ne tousse pas et l'exploration de tous les viscères reste négative. La malade est toujours atteinte de polyarthrite généralisée.
Jusqu'au commencement de juin 1903, la malade a eu fréquemment le soir des températures oscillant autour de 58 degrés. C'est à peu près vers ce temps d’ailleurs que les épanchements des deux genoux se sont peu à peu résorbés. Depuis cette époque, la malade n'a plus d'élévation vespérale : les articulations des genoux, poignets et cous-de-pied sont devenues progressivement moins douloureuses, bien qu'elles le soient encore et que la malade garde toujours le lit.
Actuellement (28 juin 1903),il n'y a plus d'épanchement appréciable dans aucune articulation. Depuis son entrée dans le service, la malade a pris successivement 1 gramme puis 2 grammes de salicylate de soude par jour. Cette médication ne semble avoir eu qu'une influence légère sur les phénomènes douloureux articulaires. Les hyperostoses douloureuses des tibias n'ont pas été du tout influencées par ce traitement.
2 0 Me
Etat général meilleur.
à novembre. — Amélioration considérable tant au point de vue local qu'au point de vue général, Les tuberculides ont presque disparu Du côté des articulations, il ne reste que des déformations de l'index gauche qui est incurvé, l'articulation phalangetto-phalanginienne est ankylosée dans la rectitude. A la main droite, arthralgie des articulations métacarpo-phalansiennes et augmentation de volume de la tête de la phalange de l'annulaire. Les articulations du poignet qui étaient très douloureuses ne le sont plus du tout. Les mouvements spontanés el provoqués sont normaux. Devant l'inactivité du salicylate de soude, on a tenté le traitement par l'iodure de potassium, à la dose croissante de 4 grammes jusqu'à 6 grammes, Il persiste encore des craquements dans les genoux et les épaules. La malade ne tousse pas du tout.