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7 mai. — La température est redescendue à la normale.
8 mai. — Le point où l'injection a été faite est légèrement empâté, rouge et douloureux à la pression. Cela peut expliquer la légère température de ce jour.
11 mai. — La température est redescendue à la normale; la menace d’abcès a cédé à des pansements humides.
18 mai. — Actuellement, le malade est mieux. Les genoux sont encore volumineux, mais l'épanchement a diminué et il ne reste plus qu'un empâtement de l'articulation. Le malade peut se lever et marcher sans aucune douleur. Au genou gauche, on peut encore déterminer le choc rotulien.
Au cœur, le souffle existe toujours, mais nettement diminué et inorganique.
Traitement : compression,
Guérison.
OBSERVATION XVIII (M. V. Griffon (sous les auspices de M. Dieulafoy.)
(Société médicale des hopilaux, 18 juin 1903.)
Le malade est un homme de trente-huit ans, vigoureux, bien bâti, exerçant la profession de journalier, souffrant depuis quelque temps au niveau du genou et du cou-de-pied droits, et mis de ce fait dans la nécessité de demander son admission à l'Hôtel-Dieu, où il est reçu le 28 octobre 1902, salle Saint-Cristophe, lit 15 service de clinique de M. le professeur Dieulafoy.
Il y a environ un mois qu'ont débuté les douleurs, progressivement, par petites poussées, d’abord à droite, dans le cou-depied, puis, deux jours après, dans le genou, Le malade Îles mettait à cette époque sur le compte de la fatigue et n'interrompit pas son travail.
Mais huit jours avant d'entrer à l'hôpital, 1l dut s'arrêter : les douleurs s'accrurent ; vives el continues, elles étaient plus fortes le matin au réveil; le genou se tuméfia, et le malade dut prendre une canne pour faire quelques pas. Puis l'affection s'étend, passe du côté gauche, gagne les petites jointures, et, pendant trois jours, elle est presque généralisée, Ainsi, les articulations des doigts de la main droite et des orteils du pied gauche sont tou-
chées, de même que les articulations sterno-claviculaires et
même les temporo-maxillaires. Cet envahissement ne dure pas, et la sédation des phénomènes articulaires s'opère rapidement, excepté au niveau du genou et du cou-de-pied droits, qui, lors de l'entrée du malade à l'hôpital, offraient l'aspect suivant.
Le genou est élargi, augmenté de volume; la peau qui le recouvre n'est ni rouge ni chaude; la rotule se dessine encore, ainsi que les méplats latéraux, mais moins nettement que du côté opposé. La jambe est légèrement fléchie sur la cuisse; dans la région sus-rotulienne, le cul-de-sac sous-quadricipital bombe et fait une saillie étalée, au niveau de laquelle on peut percevoir
la fluctuation. Ie choc rotulien s'obtient aisément, L'exploration de la jointure ne provoque aucune douleur ; les mouvements sont effectués avec facilité.
L'articulation tibio-tarsienne est également le siège d'un léger épanchement, se traduisant par une certaine tuméfaction de la région. Les douleurs sont très modérées, n'empêchant nullement le sommeil.
La température, à l'entrée, est de 38°5:; les urines ne contiennent ni sucre ni albumine.
L’auscultation du cœur et du poumon ne révèle rien d’anormal. L'examen du méat urinaire n’y décèle pas la moindre trace d'urétrite.
Jamais le malade n’a présenté, dans son passé, d'atteinte analogue. C'est la première attaque et elle n'a été précédée ni d'angine, ni de phénomènes généraux; c'est tout au plus si, depuis quelques jours, une fièvre modérée s'est déclarée.
A vraidire, les premiers temps du séjour du malade à l'hôpital,il n'y avait pas lieu de faire un autre diagnostic que celui de rhumatisme simple à allure lente et subaiguë ; et l’on prescrivit le salicylate de soude,
Mais bientôt l'erreur ne fut plus possible. La fièvre était tombée, mais localement il n’y avait pas d'amélioration, Si les phénomènes inflammatoires s'étaient amendés au niveau du cou-de-pied, par contre le genou était le siège d’un épanchement croissant et offrait tous les caractères d’une hydarthrose tenace, sans tendance vers la régression, La maladie avait effleuré d'abord un grand nombre d’articulations, puis elle s’était cantonnée sur le genou, à l'instar du rhumatisme blennorragique. Mais le malade n'avait pas, n'avait jamais eu la blennorragie. Il fallait donc, jusqu’à preuve du contraire, éliminer l’arthropathie gonococcique, puisque la porte d'entrée de l'infection faisait totalement défaut.
Tout ce qu'on relevait dans les antécédents du malade, c'est une rougeole vers l'âge de dix ans, et une grande facilité à s'enrhumer l'hiver, depuis l'âge de quinze ans, époque à laquelle il prend la profession de typographe. Il ya quatre äns, en avril