‹ Rhumatisme Vertébral Chronique et VisceralgiesChapitre 11 sur 32 · V.., 48 ans · texte numérisé non relu

V.., 48 ans

À 31 ans, sciatique rhumatismale gauche.

La colonne vertébrale s’incurve en avant et devient douloureuse.

De 1916 à 1924, sédation des phénomènes.

En 1925, des douleurs apparaissent. Elles occupent la région épigastrique, irradiant dans le dos. Elles ont des intensités variables. Elles durent de 2 à 4 heures et n’ont aucune relation avec l’ingestion des aliments qui, en tous cas, n’exaspèrent pas les douleurs. Pas de pyrosis. Selles régulières.

L'examen radioscopique de l’estomac et du duodénum est négatif. L'examen du suc gastrique ne montre aucune anomalie.

Le foie est normal. La ponction lombaire donne un liquide céphalo-rachidien normal.

En octobre 1927, les crises gastriques qui avaient cédé, réapparaissent, à intervalles irréguliers. La marche, la station prolongée, la montée d’escaliers provoquent des crises douloureuses, alors que l'alimentation est toujours sans rapport avec elles. Un deuxième examen radioscopique est négatif.

On note que les trois derniers nerfs intercostaux sont sensibles à la pression, que les mouvements brusques, la toux, exagèrent les douleurs.

Il y à incurvation et rigidité de la colonne vertébrale.

La radiographie donne une image de spondylite rhyzomélique.

La pyrétothérapie, les injections d’iodures, de sulfure colloïdal n’ont donné aucun résultat.

Les injections de papavérine et de papavérine-novatropine influencent très bien les douleurs et quelquefois elles disparaissent dans le délai d’une heure.

Donc, spondylite avec douleurs radiculaires de la région épigastrique qui égaraient le diagnostic : lésion gastrique, ou duodénale, ou crises gastriques du tabès !

Un examen attentif à permis de conclure : crises radiculaires dues à une spondylite ».

Il semble bien que c’est aux observations qui précèdent que l’on doit la brève mention, faite dans les traités classiques, des manifestations viscérales du rhumatisme vertébral chronique.

Encore n'est-elle pas toujours faite : on ne trouve rien qui s'y rapporte dans les traités de Médecine de Brouardel, Gilbert et Thoinot : de Enriquez. Laffitte, Laubry et Vincent.

Dans le Traité de Roger, Teissier et Wida]l, Marinesco écrit, à propos de la forme dorsale du rhumatisme vertébral chronique: « Cette forme présente surtout comme troubles secondaires des accès de pseudo-angor, de l’arythmie ou des intermittences cardiaques, des douleurs thoraciques en ceinture ou des crises gastriques. »

Mouriquand et P. Michel, dans le traité de Sergent, Ribadeau-Dumas et Babonneix, n'en écrivent guère plus : « les symptômes de voisinage consistent surtout en crises cardiaques (arythmie, pseudo-angor) et en troubles sensitifs (névralgies intercostales, zona, parfois véritables crises gastriques) ».

À propos de syndromes douloureux, secondaires à une affection vertébro-médullaire, F. Ramond, V. Witting, Turriès ne font aucunement la part du rhumatisme chronique au cours de leur discussion du diagnostic,

On peut regretter que les traités classiques ne fassent pas plus ample mention de ces troubles viscéraux qu’aaient déjà décrits les anciens auteurs et dont ils avaient soupçonné la pathogénie.

Laruelle semble bien en avoir apereu l’intérêt dia-

gnostique. Mais c’est à Lacroix et R. Raynaud que l’on doit d’avoir nettement posé la question aux différents points de vue clinique, diagnostique et pathogénique.

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