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III. — Wotre conception de la douleur cutanée

Si nous nous sommes un peu attardés aux différentes réactions périphériques de la douleur viscérale, c’est intentionnellement. Il nous semble qu’elles nous donnent une explication physiologique du « réflexe viscéro-sensitif ». Les auteurs ont eu le tort de tout rapporter à la douleur : ainsi les phénomènes concomitants sont passés ina perçus.

Pour nous, quand il y à lésion viscérale, la douleur n’est qu'accesoire, contingente, secondaire.

Le phénomène important, fatal, essentiel, est autre ; c'est une réponse réflexe : motrice, sécrétoire, modificatrice du métabolisme local, voire inmhibitrice. Mais, parfois, sur le trajet de l’arc réflexe, l'incitation peut diffuser qui, transmise au cortex donne une perception consciente, et passant au thalamus éveille la douleur. Quelle que soit la destinée de cette partie de l'incitation. le phénomène capital, le réflexe reste inchangé.

Interprétée ainsi, la « douleur rapportée » ne peutêtre que secondaire à une des multiples « réponses » du dermatomère aux incitations du splanchnomère.

Quelle est la nature de cette réponse ?

Verger pense qu'elle est vaso-motrice. Nous avons vu que l'hypothèse de Verger ne satisfait pas tout le monde. C’est donc que, s'il est possible qu'elle explique quelques cas, elle n’a pas le caractère de généralité d'une loi. Peut-être des modifications du métabolisme local seraient-elles suffisantes pour irriter les terminaisons sensitives cutanées ? Convenons de notre ignorance en la matière. Faisons une place à tous les facteurs connus ou inconnus. Toujours est-il que la douleur cutanée dans les

affections viscérales nous paraît devoir être rapportée à un mécanisme simple et physiologique.

Enfin, 1l nous semble que l’on aurait tort, en possession d’une nouvelle théorie, de négliger les anciennes. En particulier la notion de « foyers d'irritation médullaire », de Head-Mackenzie, nous semble fort bien compléter notre conception et expliquerait pourquoi de minimes excitations réflexes de la peau pourraient devenir algogènes.

Quand Pexcitation est exercée sur la peau, le nerf, non seulement conduit la sensation de douleur aux centres de la perception consciente, mais indique aussi l'endroit où l'excitation à été produite ; alors, « l'incitation douloureuse est accompagnée d’un jugement qui la localise ».

Pour la douleur viscérale, cette localisation paraît être bien imparfaite. 77 nous semble que là réside la principale différence entre la sensibilité superficielle et la sensibilité viscérale. Cette remarque permet de grouper ainsi les faits

1°) Le malade souffre, la douleur est mal localisée, profonde, diffuse : c’est la douleur « protopathique » de Ross-Head.

2°) Le malade souffre, mais 1l localise la douleur à une zone bien délimitée du tégument. Cependant, la douleur n’est pas calmée par l’anesthésie dermique. C’est qu'à la peau se fait une des « réponses » à l'incitation viscérale. Cette réponse n’est pas suffisante pour être douloureuse par elle-même.

Néanmoins, le cerveau perçoit en même temps la douleur viscérale et l'incitation cutanée, d’où la localisation erronée. Il n’y à « qu’image cutanée » — parce que fictive — de la douleur profonde : c’est la douleur « transmise » de Head-Mackenzie, appellation à laquelle nous préférons celle de douleur « rapportée ».

PATOURES

3°) Le malade souffre réellement de ses tégquments (puisque l’anesthésie fait disparaître la douleur en totalité ou en partie), c’est que l’intensité ou la qualité d’un des réflexes à la peau — ou que l’hyperexcitabilité de l'appareil nerveux est telle que les terminaisons nerveuses tégumentaires sont irritées. Il y a donc deux douleurs, l’une profonde, la protopathique, l’autre superficielle, que nous nommerons la douleur superposée.

Nous pensons que notre conception permet d’englober tous les faits que nous connaissons sur la douleur viscérale, et notamment tous les faits expérimentaux de Lemaire.

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