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droit surtout d'exiger, c’est que les classifications proposées né puissent représenter un jour un obstacle aux progrès à venir. Rien n’est plus dangereux sur ce point que de mettre des étiquettes pes sur ce qui est imprécis, de faire croire au connu, alors qu’on est dans l'inconnu ».
Il semble que voulant définir aujourd’hui le rhumatisme, nous ne puissions dire beaucoup plus que LAsèGuE : « C’est une maladie en isme, sorte de maladie sentimentale, maladie de flair ».
Adoptons, cependant, si l’on veut, pour fixer nos idées, et à titre de définition, le sens attaché habituellement au mot €rhumatisme » : un ensemble de troubles ayant pour siège les articulations et leur voisinage et parmi lesquels dominent des phénomènes douloureux, des signes d’impotence fonctionnelle de l'articulation, une déformation et des troubles d’aspect inflammatoire de la jointure et des tissus voisins ; enfin fréquemment associés à ces troubles des phénomènes douloureux et d’aspect inflammatoire dans les muscles et les nerfs voisins ou proches des articulations atteintes, «ou, ‘disons encore, beaucoup plus simplement avec GRENET, que la marque essentelle du rhumatisme chronique est de frapper les articulations et les tissus périarticulaires et de marcher lentement, progressivement suivant une évolution prolongée, des années durant ».
Si nous nous reportons aux travaux faits antérieurement sur la question et n’est-il point toujoursintéressant et instructif de remonter aux origines, nous voyons que de Pensemble confus de l’arthritis Baiïllon avait au xviie siècle séparé la goutte.
Puis LaAnDpRÈ-BEAUvVAIS essaie un peu plus tard de démembrer le rhumatisme chronique en essayant, lui aussi, de le distinguer de la goutte avec laquelle il était confondu par SYDENHAM et qu'il appelle, d’ailleurs, «La goutte asthénique primitive ».
Hégerpen en 1804 et Héaarp en 1805 précisent encore mieux les caractères différentiels du rhumatisme et de la goutte. Les études anatomiques de LoBsTkiN, de CoLLEs et surtout celles d'Apams, mettent en évidence les lésions caractéristiques du rhumatisme chronique déformant dont DeviLie et surtout Broca établissent l’histoire anatomique d’une forme particulière « l’arthrite sèche ».
Plus tard, c'est le nom de CHarcoT qui domine toute l’his-
J, Vincent 2
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toire anatomo-clinique du rhumatisme chronique considéré comme une affection autonome. CHARCOT essaya de pousser plus loin le démembrement de cette affection en admettant sous le rapport anatomique trois types fondamentaux :
le rhumatisme noueux ou rhumatisme articulaire chronique, progressif ;
le rhumatisme chronique partiel ;
et le rhumatisme d’Heberden ;
ce sont la trois formes d’une même maladie. Jaccoup isole une forme particulière qu’il appelle «rhumatisme fibreux ». Mais comment nous reconnaître actuellement dans cette question des rhumatismes chroniques ; on s’est attaché surtout ces dernières années à baser la classification sur l’étiologie et la pathogénie. Mais admettons-le, combien de fois telle ou telle étiologie peut elle être fixée, telle ou telle pathogénie affirmée ?
En France, Teissier et RoQuEs ont tenté d’établir une classification dont le cadre comportait trois types principaux :
Rhumatismes chroniques d’infection ;
Rhumatismes chroniques d’intoxication ;
Rhumatismes chroniques périarticulaires progressifs et le rhumatisme partiel.
Mais comme nous sommes encore bien mal renseignés même sur les formes les plus fréquentes et les plus typiques, TEissieR et ROQUES eux-mêmes ne décrivent-ils pas un rhumatisme goutteux et parlent quelques pages plus loin, d’un rhumatisme associé à la goutte ?
GRENET déclare qu’en France, on conserve actuellement au chapitre des rhumatismes chroniques : le rnumatisme chronique déformant, certains rhumatismes infectieux et certains rhumatismes dyserasiques.
En Allemagne, on retrouve la même limitation sous des termes qui voudraient être plus précis : ostéo-arthrite déformante, arthrites infectieuses, périarthrites chroniques endocriniennes.
Récemment, Coste, FoREsrIER et LACAPÈRE ont essayé d’opposer aux arthrites d’origine inflammatoire les arthroses d’origine métabolique et diathésique.
Enfin, on voit se faire jour des conceptions qui tentent de donner un tableau d'ensemble des affections rhumatismales.
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Citons seulement celle proposée par P. BLum. Elle comporte :
Le rhumatisme articulaire aigu essentiel ;
Les rhumatismes toxi-infectieux, blennoragique, scarlatin, syphilitiques, tuberculeux ;
Les rhumatismes, diathésiques, goutteux, uricémiques et leurs équivalents : cellulite, eczéma, urticaire, asthme, myalgies synovites, bursites, névralgies, ostéites ;
Les rhumatismes dystrophiques, professionnels endocriniens ;
Les rhumatismes trophoneurotiques c’est-à-dire les rhumatismes chroniques déformants. |
Et May, tout récemment, admettant que le rhumatisme chronique est la conséquence d’une souffrance prolongée de l’ensemble que forment l'articulation proprement dite et les extrémités osseuses qui la bordent, déclare que puisque l’ensemble ostéo-articulaire est un tissu comme un autre ne faisant pas exception aux lois de la pathologie générale, on doit s’attendre à trouver, comme causes des rhumatismes chroniques, toutes les causes qui entraînent une souffrance durable des tissus. Or ces causes sont au nombre de 4,
L’'inflammation microbienne responsable du rhumatisme infectieux.
Les troubles humoraux qui vicient le milieu intérieur nutritif donnant le rhumatisme dyscrasique dans lesquels figurent les rhumatismes chroniques endocriniens et ceux de carence.
Les troubles trophiques, d’origine nerveuse, donnant le rhumatisme tropho-neurotique, représenté de façon certaine par les arthropathies du tabes, de la syringomyélie et les déformations des extrémités qui accompagnent le syndrome de Parkinson.
Les troubles circulatoires enfin et May parle de rhumatisme circulatoire vaso-moteur. Pour lui, il paraît certain que des modifications dans le régime circulatoire quantitatif, peuvent entraîner une souffrance dans le système ostéo-articulaire et être génératrices de rhumatisme chronique.
Nous nous bornons ici, encore, à citer toutes ces théories les unes après les autres, en nous gardant bien d'exprimer quelque avis personnel à leur sujet.
La question du rhumatisme chronique, il ne faut pas se le dissimuler, quelle que seit la quantité de travaux dont elle a