‹ Rhumatismes Chroniques et ParathyroïdesChapitre 23 sur 85 · LES · texte numérisé non relu

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La Lipo-arthrite sèche bilatérale et symétrique serait, pour WeisseNBACH et FrANçoN une forme de rhumatisme ovarien, de même que l’hydarthrose intermittente, ainsi que le type arthralgique simple, réalisant ce que May a appelé de vraies «bouffées de chaleur épiphysaires », sont caractéristiques des rhumatismes ovariens. Mais quelque intéressantes que soient ces hypothèses, nous sommes bien obligés d'admettre en nous basant sur la simple constatation des faits que l’opothérapie ovarienne sous ses divers modes et même très intensive, donne lieu encore à de multiples échecs. D’autre part, comme le fait judicieusement remarquer le Dr Coste, certains des rhumatismes, les polyarthrites surtout, s’accompagnent d’un syndrome sanguin. Sédimentation globulaire élevée qui ne se rencontre pas dans les états de dysovarie pure et d’autre part, elles se présentent avec un caractère inflammatoire très net et soutenu qui s'éloigne également du type habituel des désordres endocriniens. Cela laisserait à penser que si dans le déterminisme des rhumatismes, chroniques l'influence de l'ovaire se fait sentir, ce n’est que comme facteur prédisposant. Les rhumatismes de la ménopause cependant, s’il nous est permis d’avoir une opinion personnelle, nous paraissent cependant exister indubitablement et l’opothérapie ovarienne est susceptible, mais à des doses très fortes, de les améliorer grandement.

Après l’ovaire, 12 thyroïde est souvent incriminée, ce fut d’ailleurs la première à avoir conquis le droit de cité. Il y a des cas impressionnants et partout relatés d'apparition simultanée d’un myxoedème et d’un rhumatisme déformant ou de guérison de ce dernier à l’apparition d’une maladie de Basedow. On parle plus volontiers aujourd’hui du rôle de l’hyperthyroïdie, ayant trouvé de façon assez constante, un métabolisme basal un peu élevé dans les polyarthrites chroniques ; on connaît tous les travaux que Léopold Lévr surtout, en France, a publiés sur cette question, montrant que l’hypo ou l’hyperthyroïdie est souvent trouvée associée aux affections articulaires. MouriQuarD a, également attiré l'attention sur ce rhumatisme prolongé des goitreux sans pouvoir dire si, dans pareil cas, il y'a hyper ou hypothyroïdisme. D’après Guy LaRocHE, l'opothérapie thyroidienne agit assez sur certains De pour qu’un essai de traitement thyroïdien doive toujours être tenté. C’est également

opinion de PEMBERTON qui trouve l'indication du traitement dans les formes de rhumatisme où on trouve des signes de dysfonctionnement thyroïdien, notamment l'obésité.

Le rhumatisme hypophysaire se rencontrerait pour Léolpold LÉévi dans PAcromégalie, dans le Nanisme hypophysaire et de nombreux signes d'insuffisance hypophysaire se rencontrent chez les rhumatisants chroniques. Ils auraient été observés en particulier dans la lipo-arthrite sèche rattachée à l'insuffisance ovarienne et ceci, expliquerait cela, puisque d’après ZONDEK et Umger de Berlin, le lobe antérieur d’hypophyse, serait le moteur de la fonction sexuelle.

Le pancréas, le rein ont été incriminés dans le mécanisme du rhumatisme endocrinien, mais il ne semble pas que lon ait publié des formes isolées de ces variétés. Mais il ne faut pas oublier le rôle d’une glande importante de l’économie qui est le fote. C’est avec une fréquence remarquable que l’on trouve une déficience de cet organe chez les individus dits «arthritiques ». Certains rhumatismes ont été rattachés à l’insuffisance hépatobiliaire par WeissENBACH et FRANÇON. Ils en envisagent même trois formes : un rhumatisme infectieux-biliaire par angiocholécystite, calculeuse ou non. Un rhumatisme colloïdoclasique par insuffisance de la fonction protéopexique du foie, enfin, un rhumatisme par perturbation des fonctions endocrinochimiques du foie et qu'ils rapprochent de la goutte.

Signalons, encore, le rhumatisme appelé par Léopold Lévr : diastématique, chez des sujets à insuffisance testiculaire avec amélioration par le traitement orchidien.

Enfin, W. Ricurer, dans un article au sujet de l’atropathie dans le psoriasis, en arrive à cette conclusion : que le psoriasis comme l’arthropathie, sa complication principale, ressortit à un trouble de la sécrétion interne des glandes surrénales.

Chaque glande endocrine, on le voit, a donc tour à tour été

rigoureusement étudiée et on a pu, les unes comme les autres,

les incriminer dans l’étiologie ou plutôt comme facteur pathogénique du rhumatisme chronique.

* Conclusion logique de ces études et de ces travaux : on est venu à prétendre qu'il ne faut pas s'arrêter à l’étude de telle, ou telle glande endocrine, en particulier, mais que plusieurs glandes pouvaient être atteintes simultanément, par excès ou par défaut.

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Il faudrait donc traiter, non pas une seule, mais toutes les glandes endocrines. On a même expliqué que les applications générales de chaleur, d'ondes hertziennes, etc. donnaient des résultats souvent très bons, justement parce que Paction portait d’abord sur l'immense glande représentée par la peau.

Nous avons, exprès, réservé pour la fin, l'étude des glandes parathyÿroïdes dans ses PARATE avec la pathogénie des rhumatismes chroniques.

Le fhüumatisme parathyroïdien est admis par la plupart des auteurs français et étrangers et en particulier, le D' MERKLEN de Strasbourg, le déclare hors de conteste.

La notion du rôle des parathvroïdes dans les affections articulaires est consécutive à la découverte du rôle de celles-ci dans la production de certaines affections osseuses : ostéofibro-kystique de Reklinghausen, maladie de Paget, ostéomalacie. C’est tout d’abord à l’hyperparathyroïdie que l’on a attribué un rôle prépondérant dans la production des lésions ostéo-articulaires rhumatismales. On a trouvé une certaine hypercalcémie dans un assez grand nombre de rhumatismes chroniques qu'accompagnent des troubles d’hypo-excitabilité électrique et de la chronaxie. Pour quelques auteurs et notamment OPPEL et SSMARIN, il y avait fréquemment des lésions histologiques témoignant d’une hyperactivité des cellules glandulaires. Enfin et surtout, on a obtenu des succès thérapeutiques éclatants, bien que paraissant peu durables, à la suite de l'emploi de méthodes diminuant l’activité hormonale de la sécrétion parathyroïdienne, soit en pratiquant l’ablation d’une ou plusieurs glandes, soit en soumettant la région thyro-parathyroïdienne à la radiothérapie. De pareilles interventions amènent une hyÿpocalcémie nette et un amendement des troubles articulaires, surtout des douleurs. Nous nous réservons dans un chapitre ultérieur d'étudier plus en détail cette question d’hyperparathyroïdisme et d’hypercalcémie et leurs rapports avec les rhumatismes chroniques. Mais disons de suite que, cliniquement, les rapports de l’hyperfonctionnement parathyÿroïdien avec les rhumatismes chroniques sont loin d’être évidents. Il est, en réalité, exceptionnel de trouver de l’hypercalcémie dans les rhumatismes chroniques même dans les polyarthrites ankylosantes ou si on en trouve, le syndrome biologique de l’hyperpa-

=: rathyroïdie est très souvent dissocié par exemple " hypereal-

Cémie et bilan calcique positif. | De plus, si parfois on a trouvé des modifications histologiques le parathyroïdes, il n’y a pas d'observations de rhumatisme

chronique coexistant avec un adénome parathyroïdien.

Où les faits se compliquent, c’est que l'emploi de préparations

. parathyroïdiennes diverses, à pu amener la guérison de pro-

© cessus rhumastismaux chroniques avec calcémie normale ou même parfois hypercalcémie. é

Et où la question devient plus troublante encore, c’est que

des interventions chirurgicales diverses, même souvent à actions

apparemment contraires, ont amélioré des rhumatismes chro-

niques. L’exploration simple du corps thyroïde, l’hémithyroi-

dectomie simple ou avec parathyroïdectomie, la ligature de la

thyroïdienne inférieure, selon la méthode de Lericne, le badi-

geonnage de la région parathyroïdienne par des excitants chimiques, ont été suivis de résultats favorables. Comment interpréter ces faits ? Comment expliquer le mode d’action de ces divers traitements qui paraissent, à première vue opposés ?

Ce qui est indiscutable, c’est qu’en touchant aux parathyroïdes,

on peut provoquer une amélioration très nette de certains rhumatismes chroniques.

Nous allons,dans le chapitre suivant,relater un certain nombre

d’observations de rhumatismes que l’on a essayé d’améliorer,

en partant de ce principe, qu'il y avait un dysfonctionnement

dans la sécrétion de la glande parathyroïde, observations de malades, ayant été l’objet, soit d’une parathyroïdectomie, d’une exploration de la région parathyroïdienne avec ou sans 1s0phénolisation des artères thyroïdiennes inférieures, où encore, ayant reçu des injections d’extraits parathyroïdiens. Dans tous les cas, le traitement a été suivi d'améliorations, malheureusement presque toujours transitoires. Nous verrons, par la suite, si l’on peut établir une classification de ces différents malades, permettant de faire bénéficier tel ou tel.cas de rhumatisme de tel ou tel traitement parathyroïdien:

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