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B. TECHNIQUE OPÉRATOIRE

Il faut convenir que toute opération que l’on tente sur la région des parathyroïdes est une opération difficile. Diflicile, et du fait de l'attitude des malades qui peuvent plus au moins aisément défléchir la tête, difficile aussi du fait du volume des glandes parathyroïdes, qui, nous l’avons vu, n’est pas modifié dans la majorité des cas. Quoi d'étonnant dans ces conditions,

si lon ne peut la plupart du temps enlever l’organe cherché et que l’on préconise d’autres interventions plus facilement réalisables, telles que la ligature des artères thyroïdiennes ou l’isophénolisation de ce pédicule vasculaire. BILLET et DEREUX Concluaient tout récemment qu’il n’était nullement nécessaire de pratiquer systématiquement lablation des parathyroïdes, ils estiment que la résection de l’artère thyroïdienne inférieure — opération simple et facile qui peut s'effectuer en quelques minutes et sans effusion de sang — réalise la suppression physiologique unilatérale des parathyroïdes. C’est là également, nous l'avons vu, l’opinion de LERICHE et de JUNG.

Il est évident que l’on ne peut sans contrôle histologique être tout a fait certain d’avoir enlevé une glande parathyroïdienne. Bien souvent, surtout chez le vieillard, ce que l’on avait pris pour une glandule n’était qu’un ganglion lymphatique ou un amas graisseux et réciproquement.

Mais faut-il de ce fait rejeter systématiquement tout essai d’ablation des parathyroïdes et doit-on se contenter, comme le désirent un certain nombre d’auteurs, de la ligature ou de la résection de l'artère thyroïdienne ? L'avenir seul et l’étude de nouveaux Cas pourront nous donner réponse. Pour l'instant, d’après les résultats chtenus, il semble très logique de toujours chercher à enlever une ou deux parathyroïdes et de pratiquer en même temps la résection de la partie terminale de l’artère thyroïdienne inférieure. C’est un fait que la résection seule des artères thyroïdiennes n’a jamais été suivie de résultats comparables, comme durée d'amélioration, à ceux obtenus par l’ablation d’une ou deux parathyroïdes.

Voyons maintenant les diverses méthodes qui ont été suivies pour pratiquer l’ablation des parathyroïdes.

OPPEL qui fut le premier à préconiser la parathyroïdectomie comme traitement des polyarthrites ankylosantes, réséquait après ineision longitudinale de la région cervicale, le lobe latéral droit du corps thyroïde, en dehors de la capsule, opération de tous temps condamnée par les chirurgiens qui s’occupaient de thyroïdectomie pour goitres et condamnée justement parce que, dans cette opération, on faisait obligatoirement une parathyroidectomie. Opper, pour être bien sûr d'enlever les deux glandes parathyroïdes d’un côté, fait uné résection totale du lobe thy-

roïdien de ce côté sans le décapsuler. Il prenait soin d’isoler très

rigoureusement le nerf laryngé inférieur, qui est, comme on le sait, en relations très étroites avec la parathyroïde inférieure. Il semble bien que cette opération d’Orrez n’ait Jamais été pratiquée en France. Nous décrirons rapidement les techniques de Cuüunéo et BLonpin, celles de JEANNENEY et de Lertong et nous rapporterons plus complètement celle de WezrTi qui a opéré les deux malades de nos observations personnelles,

A. Cunéo et Blondin.

Découverte sous anesthésie générale du corps thyroïde. Incision verticale le long du bord externe du musele sterno-hyoïdien. On entre ainsi dans l’espace libre entre la gaine et la capsule thyroïdienne.

L’écarteur refoule en dedans le lobe thyroïdien : on voit la branche terminale de l’artère thyroïdienne inférieure, et à son niveau, la glande parathyroïde.

Ligature de l'artère et ablation de la glandule.

B. Jeanneney.

Découverte du corps thyroïde par une incision en cravate sous anesthésie locale. Le lobe latéral est récliné d’une côté. On explore la face postérieure et on cherche les glandules parathyroïdes. Celles-ci enlevées, on dissocie au tampon fin le tissu cellulaire

. rétro-thyroïdien. On a ainsi une énervation sympathique de la

région. Il n’est pas nécessaire, selon lui, de toucher tout ce tissu à l’isophénol comme le prétendent Simon et WErLL. On pratiquéra lintervention d’un côté, et si le résultat attendu ne survient pas, on fera quelques jours plus tard intervention du côté opposé.

Ceci permet d'éviter les accidents tardifs parathyréoprives.

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