OBSERVATION INÉDITE
Gen... Berthe, 40 ans.
Malade hospitalisée dans le service du Dr Béarn», salle E. Dupré à l'hôpital Laennec, depuis le mois de mai 1932. Passe dans le service de chirurgie le 27 mars 1933 pour rhumatismes ankylosants. Opérée des parathyroïdes le 28 mars 1933.
Histoire de la maladie. — En 1918 : douleur très marquée au niveau de la mâchoire localisée aux deux articulations temporo-maxillaires. Cette douleur entraîne un trismus très marqué qui dure une dizaine de jours et se passe. *
Cependant la malade, depuis, ne pouvait plus ouvrir la bouche par ankylose légère des temporo-maxillaires.
Vers 1920, la malade accuse une douleur dans le genou gauche qui
augmente de volume. Il est très douloureux à la marche qui de ce fait est rendue fort pénible.
Le gonflement persiste longtemps pendant 3 à 4 ans, puis diminue mais le genou reste enflé.
La douleur se calme et réapparaît par périodes (pendant tout le
temps d’une grossesse la malade n'avait pas souffert).
En 1928 : les douleurs apparaissent aux coudes n’atteignant ni les jambes ni les mains ; cette douleur gênait un peu les mouvements. Elle passe cependant au bout d’une quinzaine de jours.
L’aspirine calmait ces douleurs.
En février 1932 : douleurs atroces dans la cheville gauche (sensation de broiement) empêchant la marche pendant 3 jours. La douleur cède alors au traitement: laudanum, chloroforme, aspirine.
Depuis la malade étant très fatiguée souffrait continuellement nuit et jour. La douleur se localisait aux coudes, aux genoux et aux chevilles. Elle empêchait la marche et limitait beaucoup les mouvements des membres supérieurs.
En mai 1932 : la malade entre à l'hôpital Laennec dans le service du
D'BÉNARD où l’on essaie de nombreux traitements qui semblent
améliorer la malade en juillet 1932.
Vers le mois d'octobre ou novembre 1932, la malade accuse une douleur violente à la nuque, douleur durant 3 à 4 jours.
Douleurs également dans les mains, s’accompagnant de gonflement de la région dorsale au niveau des tendons des 11e et IIIe doigts et le long du médius. Pas de déformations. Cet œdème est d’abord apparu à la main droite, puis à la main gauche. Perte des forces dans les doigts. Impossibilité de serrer fortement ou de casser quelque chose.
Depuis cette date, période de mieux et de rechutes pendant lesquelles les douleurs prédominent aux genoux, immobilisant complètement la malade au lit. |
Règles. — Réglée à 12 ans mais jamais très abondamment (2 jours). Au moment d’une bronchite à 18 ans les règles s'arrêtent 6 à 7 mois. Elles reviennent cependant mais sont toujours peu abondantes.
La malade ne se souvient pas si elle fut réglée régulièrement durant les crises de rhumatisme.
A partir de mai 1932, dans le service du D' BÉNARD, on faisait presque tous les mois des injections intra-musculaires de gynoertryl. Elle en prenait aussi en gouttes.
A la suite de ce traitement, la malade eut de lavance et les pertes
- devinrent plus abondantes.
Deux grossesses normales en 1917 et 1925.
Antécédents personnels. — Bronchite à 18 ans en 1910.
MTS
Scarlatine en 1914.
A 10 ans, plaques de psoriasis aux genoux et aux coudes, disparaissant par le traitement.
Depuis le mois de septembre 1932, la malade à de nouveau des plaques de psoriasis sur tout le corps, sauf aux coudes et aux genoux.
Antécédents héréditaires. — Son père aurait eu une crise de rhuma-
tisme à l’âge de 18 ans, dont il ne s’est jamais ressenti.
Traitements suivis. — Chez elle, la malade, pour faire cesser les douleurs, prenait de l’aspirine, ce qui la soulageait bien.
1924 : salicylate de soude per os.
Soufre par voie buccale (la soulage beaucoup).
Mai à septembre 1932 : salicylate de soude per os et intra-veineux.
Iodure de potassium.
Extraits ovarien et thyroïdien.
Soufre colloïdal.
Atophan.
Crisalbine, mal supportée.
Allocrysine.
Extraits parathyroïdiens Choay.
Gynoestryl.
Radiographie. — Faite systématiquement sur tout le squelette ne
montre pas de décalcification ni de proliférations osseuses. Lésions d’arthrite aux deux genoux surtout à droite.
Pincement interligné.
Irrégularité des contours.
Petits ostéophytes.
Examens de laboratoire, juin 1932 :
Métabolisme basal........ 39,8 CAICéMIR EMEA EE 0,110 cer. par litre
La malade passe dans le service de chirurgie, salle Pozzi, le 27 mars
1933 : le jour de l'opération le 28 mars, calcémie 0,100.
Opération, le 28 mars 1933, par M. le Dr Wezri. — Incision en cravate de la région cervicale. Section des muscles sous-hyoïdiens ; on extirpe plusieurs petits fragments pouvant être des parathyroïdes (p. 1, p. 2), mais une parathyroïde certaine (p. 3).
Rétoction large du lobe Are du corps thyroïde qui est peu aug-
menté de volume.
En réalité l'examen ere par G. ViLLars montre que :
19 ce que lon prenait pour de la graisse en dehors de la A. thy-
roïdienne inférieure (p. 1) était en réalité une parathyroïde inférieure. 2° que la parathyroïde inférieure trouvée en dehors de cette artère
et au-dessous, découverte à la fin de l'intervention turgescente, vineuse, en érection, n’était qu’un ganglion.
3° que les tissus enlevés des parties moyennes (p. 2) étaient des corpuscules de graisse gros comme des lentilles.
Suites opératoires. — Pendant deux jours et demi, douleur très violente dans la région occipitale qui empêche la malade de reposer sa tête sur l’oreiller. Cette douleur a cédé à l’aspirine. Pendant les 3 jours
PARATHSROIDE In ferieute (lagon D, Cham ais)
p1 = graisse, p 2 — glande probable, — PAL Sup:
qui suivent l’opération la malade ne peut plus avaler. La déglutition est très douloureuse. Paralysie récurrentielle.
Etude des mouvements après l'opération. — 11 semble que dès le début la malade n’ait pas eu immédiatement plus grande facilité d'ouvrir la bouche, mais quelques jours après le 31 mai.
Nuque et cou :
Rotation de la nuque, à droite : angle de 35 à 400,
À gauche : angle de 35 à 400.
Ce qu’elle ne pouvait faire avant l’opération, les mouvements de rotation de la tête étant accompagnés d’un mouvement semblable
de tout le tronc.
Flexion : très facile et normale.
Extension : moins aisée ; il semble à la malade qu’il n’y ait pas de changements. Les mouvements seraient les mêmes.
Epaules : elles n’ont jamais été douloureuses, mais la malade ne pouvait pas lever les bras.
Le 31 mars, elle peut lever les bras, porter les mains à la nuque sans éveiller aucune douleur.
Droite : malade porte les bras horizontalement, verticalement, obliquement en arrière.
PSS
paratbyroïde inférieure.
1 pur ER p2 = graisse,
Seul le dernier mouvement semble un peu limité et légèrement douloureux.
Gauche : mêmes mouvements, mais l’oblique arrière ne se fait pas aussi bien et est plus douloureux qu’à droite.
Coudes : ils restent douloureux, cependant la malade peut prendre
un point d'appui dessus, chose qu’elle ne pouvait faire avant l’intervention.
Droit : flexion normale ; extension 1550.
Gauche : flexion et extension 1550 forcées. Elles sont un peu douloureuses.
Mains. — Grande amélioration dans les petits mouvements. Droite : elle à plus de force ; la malade peut déplacer et soulever son
pot de lait, prendre un verre facilement (avant l'opération il fallait qu’elle s’aide de l’autre main et ne pouvait absolument rien soulever). .
Elle tire facilement sa table de nuit, de cette seule main peut tenir sa cuiller pour manger normalement sans que ce mouvement soit douloureux. Elle était auparavant obligée de la tenir avec tous les
“doigts, la prise normale étant douloureuse,
Gauche : elle serre mieux que la droite.
Membres inférieurs. — La malade se lève depuis le 31 mars 1933. Elle ne peut cependant rester debout, ses jambes fléchissent. Douleurs extrêmes dans les genoux l’obligeant à s'asseoir.
Genoux : presque pas de mouvements d'extension possibles.
Droite : il semble y avoir amélioration. En forçant un peu, l’extension normale est presque possible et cette manœuvre est peu douloureuse.
Gauche : pas de changements.
Le membre est en demi-flexion.
L'extension forcée est impossible.
La flexion des deux genoux, presque normale à droite, est beaucoup moins poussée à gauche et beaucoup plus douloureuse.
Articulations tibio-tarsiennes. — Les mouvements de flexion et. d'extension sont douloureux avec raideur de l'articulation.
La cheville gauche fut spontanément douloureuse le 3 avril, douleur qui s’est passée, la malade étant assise.
A droite, moins de douleurs et moins de raideurs.
Bref, le surlendemain de l’opération le 31 mars 1933 : calcémie à 0,099, donc pratiquement inchangée.
Amélioration très nette aux membres supérieurs dans les mouvements des bras et le jeu des articulations. Amélioration encore plus marquée au niveau des mains dans les petits mouvements.
Mouvements du cou beaucoup plus amples.
Amélioration nette dans les membres inférieurs droits.
5 avril 1933. — La malade a souffert toute la nuit de douleurs dans tous les autres membres. Elle les attribue à ses règles. Avant lopération en effet elle souffrait toujours avant ses règles. Règles en retard de 5 à 6 jours alors qu'avant l'opération il y avait plutôt une avance de 5 à 6 Jours.
6 avril. — Pendant la nuit la malade accuse des fourmillements dans les bras allant du coude jusqu’au bout des doigts. 8 avril — Depuis le 2 avril déclare la malade, elle peut ouvrir
beaucoup mieux la bouche et beaucoup mieux mastiquer. Les forces
dans les mains reviennent progressivement, la malade peut couper la viande, chose qu’elle ne pouvait faire auparavant.
10 avril — La malade retourne salle Dupré dans le service du Dr Bénarp très fortement améliorée.
Une calcémie pratiquée en juin 1933 est à 0 gr. 095.
En septembre 1933 : la malade va faire à Dax une cure de 21 jours, elle revient très notablement améliorée.
Actuellement en octobre 1933, soit plus de six mois après son opération, la malade transformée nous reçoit toute heureuse des bons résultats du traitement.
Elle peut marcher sans trop de difficultés ou de douleurs.
Il persiste cependant une gêne assez considérable de l’extension dans le genou gauche.
L'amélioration persiste très considérable au niveau des mâchoires, des mains et des chevilles. Elle tourne la tête très facilement. La malade se coiffe seule, mange avec grande facilité, peut couper sa viande, tricote. La force des mains est encore fortement accrue. La malade dort bien la nuit, ne souffre plus du tout quand elle est allongée ; elle a supprimé tous cachets ; très bon état général. |
M. le Dr BourGuIGNox a bien voulu, sur notre demande, à deux reprises, procéder à des mesures de chronaxie. Les résultats fort intéressants qu’il a obtenus, devant faire de sa part l’objet d’un travail d'ensemble et n’ayant pas encore été publiés, on comprendra que nous ne puissions en faire état ici.
En résumé : amélioration considérable des phénomènes ankylosants chez une femme de 40 ans à calcémie normale persistant depuis plus de six mois.
OBSERVATION [IT (Observation OPPEL, recueillie par SsMARIN).
Homme de 42 ans.
Souffrait depuis plusieurs années de douleurs articulaires des 4 membres avec ankylose des 2 hanches et du genou droit ; enflure et fistule du genou droit et hanche gauche. Il est confiné au lit.
Une mobilisation sanglante de la hanche gauche tentée en 1921 n’amena aucune amélioration malgré résection de tête fémorale.
En janvier 1925 : mobilisation sanglante de hanche droite sans résection de tête fémorale, permit de noter l’amplitude de 200.
En janvier 1926 : nouvelle intervention sur hanche gauche avec arthroplastie qui ne réussit pas mieux que la 4e et se complique de
Suppuration et d’ankylose. Une mobilisation sanglante du genou droit rendit possibles des mouvements de 45 à 200 d'amplitude. . La calcémie était de 12,2 mgr. pour 100 eme. en 4996.
18 octobre 1926. — Sous-anesthésie générale. OPPeL fait extirpation extra-capsulaire du lobe droit de la thyroïde.
Examen histologique montre présence de 2 parathyroïdes normales.
Un mois après : calcémie à 11 mgr. pour 100 cme.
Hiver suivant : nouvelle arthroplastie de hanche gauche.
En 1928 : malade ne se plaint plus de raideurs.
I marche assez bien et n’a besoin d’autre soutien que d’une canne. Il peut rester assis.
Flexion de hanche gauche a acquis une amplitude de 60, celle de la droite de 50°, celle du genou est restée de 200.
OBservaTION [IV (Observation LErionEe et JuNG (3 décembre 1930, Gazette des Hôpitaux, p. 1733).
Homme de 40 ans.
Entre à l'hôpital avec des douleurs articulaires violentes et des ankyloses multiples.
Le début remonte à 12 ans auparavant à la colonne vertébrale et peu à peu le rachis s’est complètement ankylosé'en rectitude.
La mobilité a disparu presque partout et en plus : hypotonie musculaire, ankylose des genoux, poignets, hanches depuis 2 ans.
6 mois auparavant résection du genou gauche pour tuberculose.
Radiographie. — Colonne dorsale : graves productions osseuses qui fusionnent les corps vertébraux.
Aux poignets et au cou-de-pied : les interlignes articulaires ont disparu et les bords osseux paraissent flous.
Les os sont décalcifiés, les jointures des articulations sont chargées de néoproductions osseuses.
Calcémie : 127 et 116 mgr., donc hypercalcémie nette.
Le 30 octobre 1929 : essai de parathyroïdectomie.
Le cotps thyroïde est découvert, on bascule chaque lobe Pun après l’autre, cherchant les glandes parathyroïdes inférieures contre la trachée, près du récurrent, un peu au-dessus ou au-dessous de l’émission des branches de la thyroïdienne.
On isole ainsi une masse de chaque côté qui paraît être une para-
thyroïde inférieure.
7MDe
Dès le soir de l'intervention le malade se sent très soulagé.
Le lendemain aucune douleur. Il se soulève dans son lit, se tourne, s’assied, fléchit le genou droit, mobilise l’avant-bras et les poignets et crie au miracle. Il ne pouvait faire aucun mouvement depuis 4 mois.
Au bout de 48 heures, il se lève seul, sans aide, se met debout, fait quelques pas sans souffrir ; la rougeur et la tuméfaction des articulations ont disparu.
Le lendemain la calcémie tombe à 0,082 et se maintient par la suite à 0,090.
Examen histologique. — À gauche un bloc graisseux, mais à droite : glande et sa structure est normale.
Le malade part au bout de 4 semaines un peu moins bien qu’au début, mais encore fortement amélioré.
On revoit le malade 6 mois plus tard, les douleurs ont reparu lentement et progressivement 6 semaines après l’intervention et ont la même modalité qu'auparavant. Pas de douleurs spontanées au repos, mais vives douleurs au moindre essai de mobilisation, puis, progressivement, aggravation et en juin le malade est complètement ankylosé, sauf les épaules et les coudes ; les téguments sont rouges et chauds,
les douleurs intenses. Morphine.
La calcémie est à ce moment 0,100 et 0,095, donc normale ; on pratique des injections intra-musculaires d'extrait parathyroïdien qui soulagent pour quelques heures et à chaque piqûre.
OBsERvVATION V (Observation LErICHE ET JuNG, 3 décembre 1930, Gazette des Hôpitaux, p. 1733).
Le 19 juin 1930, entre un malade de 21 ans chez lequel depuis 5 mois était apparue une polyarthrite ankylosante en flexion du type Betcherew. Il n'avait jamais été malade quand brusquement, sans cause apparente, douleurs irradiant de la région lombaire à cuisse et genou. La marche est impossible, la colonne vertébrale est immobilisée, cuisse en flexion sur le bassin et jambe sur cuisse. .
Radiographie montre au niveau de toutes les articulations des interlignes effacés, pincés et flous, avec des ostéophytes périarticulaires et décalcification.
A deux examens successifs on trouve une caleémie à 0,0440 par litre.
. Le 5 juillet : découverte chirurgicale de l'artère thyroïdienne inférieure droite et du récurrent.
On cherche la parathyroïde inférieure et on isole une masse rouge appendue à une branche de l’artère.
Elle est indépendante de la capsule du corps thyroïde. On l’enlève, mais en même temps on sectionne l'artère entre 2 ligatures au ras de
ses branches.
La circulation parathyroïdienne est de type terminal et pas d’anas-
tomoses visibles avec corps thyroïde et œsophage.
L’artère propre à chaque parathyroïde inférieure et supérieure du même côté naissant chacune d’un rameau de l'artère thyroïdienne inférieure. La section de cette artère entre 2 ligatures affecte la circulation de ces 2 glandes, donc amène une diminution de la sécrétion des parathyroïdes. Le fragment enlevé n’était qu’un morceau de corps thyroïde ; mais malgré cela transformation complète de l’état du malade.
La marche est possible dès le lendemain ; le rachis n’est plus douloureux.
En somme disparition des douleurs et amélioration fonctionnelle,
La calcémie tombe à 0,090.