‹ Rhythme, exécution et accompagnement du chant grégorienChapitre 104 sur 190 · Chapitre quatrième · texte numérisé non relu

Chapitre quatrième

Qu'on me permette de citer ce fait. Lorsque je dirigeais la maîtrise de St-André à Niort, le répertoire de musique avait été soigneusement choisi sous le rapport de l'intérêt et de la pureté du style religieux. J'avais du reste fait appel aux conseils de musiciens instruits. Quand j'introduisis le chant grégorien au répertoire, spécialement pour la sainte Messe, ces mêmes artistes constatèrent que la musique leur semblait étriquée et comme disproportionnée avec le style du chant grégorien. On jugea que le genre alla Palestrina seul pouvait faire cesser ce disparate et soutenir la comparaison ; et je dus en aborder l'exécution.

C'est assurément un triomphe pour le chant liturgique ; mais je ne crois pas qu'il faudrait arguer de cela pour s'écrier, à propos de n'importe quelle phrase de ce chant, qu'il l'emporte sur la musique. Il est nécessaire de déblayer le terrain d'exagérations et de clichés que tout le monde répète, que personne ne croit, mais qui ont l'inconvénient des réclames assourdissantes : celui de blaser le public.qui n'ajoute plus foi aux choses sérieuses. Le chant grégorien est sans doute toujours intéressant et beau, mais toutes les pièces ne le sont pas au même degré. Il y a des genres qu'il faut savoir discerner, et des différences dont il faut tenir compte. Ces réserves faites, on peut dire que l'art et la piété y trouvent des charmes et des jouissances que ne font point oublier les richesses de la musique polyphonique ; on y revient toujours; et plus on pratique ce chant, plus aussi on le goûte, en y savourant quelque chose de supérieur dans sa merveilleuse simplicité.

CHAPITRE Y. — Étude du plain-chant moderne. — Quel parti peut-on en tirer ?

A. restauration du chant grégorien peut-elle profiter à l'exécution du plain-chant remanié, tel que l'offrent nos éditions usuelles? Cette question vient naturellement à l'esprit du lecteur, et reste d'un grand intérêt pour la pratique.

Pour connaître de quelle manière et dans quelle mesure le plain-chant abrégé et remanié peut s'approprier l'exécution du texte original, nous devons d'abord nous rendre compte de ces remaniements et de ces modifications. Une pareille étude pourrait fournir plusieurs volumes ; encore n'aurait-on pas tout dit. Je voudrais seulement donner quelques indications précises pour guider le lecteur dans ce sujet vaste, mais peu difficile, en faisant abstraction des particularités qu'offre telle et telle édition.

Je m'attacherai aux caractères généraux de ces remaniements pour les classer comme il suit : transcriptions défectueuses ; abréviations ; remaniements systématiques.

ARTICLE I. — Examen du plain-chant moderne.

§ I. Transcriptions défectueuses.

== Par transcriptions défectueuses, j'entends les reproductions de phrases ou fragments de phrase, qui donnent bien, à la vérité, toutes les notes du texte primitif, mais où ne se trouvent pas conservées les autres choses nécessaires pour constituer la phrase mélodique, telles que le groupement des neumes, les divisions, etc.

Lisez cette phrase :

Au ras tu. donc toujoursde syeux pournep ointvoir ?

C'est du Racine ! Toutes les lettres y sont, et toutes les syllables. — Mais les syllabes ne suffisent pas ; il faut

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