Chapitre cinquième
En voici encore un échantillon.
tS31
^Vic
yg
Chris - te
le-i-son. Ky - ri-e
e - lei - son.
Quand on se reporte à cette phrase claire et uniforme du texte original :
VïsS
Chris
te
e - lé
on se demande comment une phrase si simple a pu s'embrouiller à tel point ; et ce serait un fait inexplicable, sans la pensée que les auteurs n'ont vu dans le texte primitif qu'une suite de notes, dont le sens mélodique était perdu pour eux.
Voici encore sur ce point quelques exemples que le lecteur commentera de lui-même. En y relevant le bouleversement du texte primitif, il y constatera aussi le désaccord du plain-chant actuel, même dans une seule édition.
Ceci est un passage précédé de quelques variantes, mais toujours uniformément subsistant dans l'original.
Le chant actuel l'a coupé de diverses manières en y détruisant la mélodie.
Texte ç primitif : —
y*ft
>Eçi
li- um
i li
li-um
Rhythme du chant grégorien.
Texte primitif
—■va
ta
lè
PL
por-ta se-ter
bunt na
Texte jr
mo-
derne: J-
Hf^-
porta
bunt
ae- ter
On voit, à la fois, et ces enchevêtrements de neumes, et cette unique division tombant sur des notes d'élan, sur des arsis, où elles arrêtent la mélodie.
Voici d'autres exemples, en regard desquels je ne mets pas le texte primitif, parce que ces reproductions du chant moderne ont subi des abréviations. Cette modification va faire l'objet de l'article suivant. Nous prions le lecteur de constater seulement la dissemblance qu'ont entre elles ces reproductions modernes d'un même passage.
mw
rr^fl ■ — -
-wPm
Le lecteur peut parcourir les éditions modernes et compléter cette revue. Je le répète encore : le changement d'une note ou même de quelques-unes, la substitution d'un passage à un autre, constituent une variante ; mais le changement des cadences et de la division des membres de phrases, la confusion des mots, voilà ce qui donne plus qu'une variante ; c'est l'altération essentielle de la phrase mélodique.