‹ Rhythme, exécution et accompagnement du chant grégorienChapitre 112 sur 190 · Chapitre cinquième · texte numérisé non relu

Chapitre cinquième

du rhythme était déjà perdue. La modalité et la tonalité de ce chant subsistaient encore, quoique peut-être déjà affaiblies par la musique moderne, surtout au XVIIe siècle; mais le plain-chant n'était plus, dans sa partie neumée, qu'une phrase dont le sens mélodique avait sombré avec le rhythme. Dès lors que pouvait être leur travail d'abréviation ? des coupures tombant ici et là, sans ordre, selon le goût ou le caprice d'un chacun ; et, comme conséquence, le bouleversement, la mutilation complète et achevée de la phrase primitive dont il ne subsista plus que des ruines. Ils n'avaient plus le sens mélodique du texte qu'ils devaient remanier, et la conséquence de ces remaniements est qu'il est impossible de l'y rétablir. Force est donc de laisser de côté ce texte trop profondément altéré, où le rhythme fait complètement défaut.

= Prenons au hasard une pièce quelconque :

Aile

aVfr

lu

tt

mL

^jj-p-'u^f^j^

Voici ce même texte dans le plain-chant actuel

Rhythme du chant grégorien.

-BHHH

3WBj

Al-le

lu

Voyez d'abord, sur le mot : Aile/nia, cette coupure si étrange, qui arrête subitement le sens mélodique (au sol de la syllabe lu). Avec un peu de connaissance du rhythme, les éditeurs auraient pu la renvoyer jusqu'au mi suivant. Il n'y avait qu'à copier l'original où se trouve, au moins là, une fin de neume.

Arrivons à la neume de X Alléluia.

Cinquante notes ! Quel beau champ d'abréviations !

Si le lecteur a chanté 2 ou 3 fois cette phrase, il en possédera le sens et pourra l'analyser dans ses diverses parties. C'est une phrase bien développée, en 3 membres marqués par les barres ou les soupirs.

Dans le ier, il y a trois petits membres de phrases, et deux dans les autres. Au point de vue du sens, ils s'appellent et s'enchaînent. On les nomme antécédents et conséquents.

S'il fallait abréger cette mélodie, je proposerais ce qui suit :

^♦♦■ftH

ou

«Hé .

■at . -

rv.

■ ♦♦■fli

Cette dernière abréviation n'est plus, à vrai dire, qu'un squelette ; encore offre-t-elle un sens dans sa sécheresse

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