‹ Rhythme, exécution et accompagnement du chant grégorienChapitre 134 sur 190 · Chapitre cinquième · texte numérisé non relu

Chapitre cinquième

Étudions ce passage ^ H*V-T~*^~

fa

où il serait difficile de retrouver la mélodie primitive (Graduel de 8e Dim. après la Pentecôte).

Dès le 2e groupe, le rhythme est rompu, non seulement par les valeurs de brèves et de longues, mais encore par le défaut de proportion dans le nombre des notes ; et la finale est écourtée, si l'on veut conserver les divisions toutes uniformes du texte. Ce dernier vice est irrémédiable. Le premier le sera plus encore, si on ne modifie pas le second groupe. Mais arrangeons :

fa

Soit encore cet autre exemple

jus

On ne voit pas la raison de cette première grande division entre le Ier et le 2e membre de phrase, qui semblent liés par le sens. Puis encore la finale arrive mal développée, raide et incomplète. En examinant bien, il y a là une mauvaise distribution des paroles. On pourrait, en arrangeant les 2 points signalés et en opérant toujours les distinctions et groupements que n'indique pas la notation, obtenir le rhythme ci-dessous.

Jtf-i

jus

228 Rhythme du chant grégorien.

Voici encore un passage où ne se reflète nullement la mélodie primitive, et que j'essaie de rhythmer :

fci

J'ai dessiné des groupes et placé des arsîs et des thesis / mais ici encore, on a un exemple frappant de l'insignifiance mélodique obtenue avec le texte du plain-chant moderne, même amélioré.

Une autre chose que ne fera pas la science rhythmique et qui tient au fond du texte, c'est la correction des étrangetés tonales et modales, des irrégularités de tout genre qui abondent dans le plain-chant actuel.

Quelle oreille de chantre ne sera pas surprise devant des passages comme celui-ci ?

» ■ ■ ■ ■ wm-fû

o-pe-ra mo - a re

Quel rapport étrange de succession mélodique entre les 2 parties de ce fragment ! Le sentiment musical a de la peine à se remettre de l'impression d'une modalité si singulière et de cette finale, qui le jette si loin du début. Non moins étrange est cette chute du mi au la, qu'on ne rencontre pas dans le chant grégorien.

Et je me persuade que, même pour le solfège, plus d'un chantre sera dérouté par des passages comme les suivants, où, grâce aux successions mélodiques les plus anormales, le sentiment, soit tonal, soit modal est dérouté.

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