I- sra - el
p^c-ca - ta
at
glo - ri - a me- a
On ne peut guère s'empêcher de sourire devant cette finale où une barre sépare gloria de mea, et où la cadence se termine si subitement.
Il est temps, je crois, de mettre fin à cette longue étude. Je n'ai pas eu l'intention de la pousser à fond, car il y aurait encore beaucoup à dire ; mais je crois que le lecteur a suffisamment de documents et d'observations pour se guider dans cette matière ; désormais il peut se rendre compte des défauts que présente le plain-chant moderne, et des modifications qu'il faudrait y apporter pour tirer quelque parti de ce texte si bouleversé.
J'offre à titre de conclusion, quoique peu encourageante, les observations suivantes, qui ne font que résumer les constatations faites au cours de cette étude.
Si l'on veut tirer quelque parti des éditions modernes, il faut :
i° Ne pas tenir compte de la notation.
2° Corriger presque toutes les divisions qui y sont faites et en mettre où il n'y en a pas, c'est-à-dire presque continuellement. (J'entends parler des divisions des notes en neumes, et des neumes en membres de phrases.)
3° Atténuer, quand on le pourra, les passages défectueux par une disposition meilleure des syllabes, par l'addition ou le retranchement des notes.
Je crois surprendre quelque sourire sur les lèvres du lecteur, qui pense : « A ce compte il n'y a pas grand' chose à faire, et autant vaut laisser ce plain-chant pour prendre un texte meilleur. »
230 Rhythme du chant grégorien.
C'est mon avis ; et je serais heureux de faire toucher du doigt l'illusion où l'on s'égare, quand on croit que l'on peut tirer parti des éditions modernes (je parle toujours des pièces neumées) ; en améliorer même l'exécution au point de le rendre intéressant. J'ai tenté cette besogne durant quelques années et à 2 reprises différentes ; et je suis édifié sur ce « labor improbus », qui ne triomphe de rien, si ce n'est de la patience du travailleur.
Que le lecteur veuille bien se rappeler ce qu'il a vu, et il constatera la vérité de cette conclu^on : Ce qui reste de bon daizs le plain-chant moderne, ce sont les pièces ou les passages conservés du chant grégorien ; et le degré de leur qualité ou de leur intérêt est le même qtie celui de leur conservation.
Hors de là, on n'arrive que très difficilement à des bribes d'arrangement, qui sont d'une valeur notablement inférieure à la mélodie originale ; puis on tombe dans d'inextricables difficultés, qui à chaque instant font avorter les tentatives de restitution du rhythme et du sens mélodique.
Cette amélioration est-elle pratique ? Non ; à moins qu'on ne refonde toute l'édition, ce qui est un gros travail et une grosse dépense pour arriver à un pauvre résultat. Autrement, comment voulez-vous faire ces corrections ?
Ne parlons pas de corrections faites au cours du chant et à vue; cela saute aux yeux, c'est impossible. Mais vous pensez à préparer votre office et à indiquer ces améliorations? Soit. Les confierez-vous à la mémoire des chantres? Je vous promets en ce cas une jolie cacophonie pour l'exécution. Vous croyez plus sûr de les marquer sur le livre ? Alors vous aurez tant de corrections que le texte musical sera un indéchiffrable grimoire.
J'en ai fait l'expérience, en ne marquant que le strict nécessaire. Mais en tous cas, vous, maître de chœur (car vos chantres en sont incapables) aurez à faire un travail herculéen, dont l'achèvement pour vous et l'exécution pour le chœur vous demanderont dix fois plus de peine que