‹ Rhythme, exécution et accompagnement du chant grégorienChapitre 137 sur 190 · Chapitre cinquième · texte numérisé non relu

Chapitre cinquième

ne finit pas. Car là où il n'existe pas d'air, que signifie le chant ? Un moment vient sans doute où l'on n'entend plus rien ; mais ce n'est pas une finale, une terminaison, puisque ces mots supposent un sens mélodique qui s'énonce, se développe et s'achève.

Avec un pareil répertoire il ne reste plus qu'à demander au grand orgue de se mettre à l'unisson du chœur, en jouant avec une régistration variée et beaucoup d'expression des exercices de doigté.

Je ne puis m'empêcher de faire une importante remarque. Les ouvrages et les théories sur le chant grégorien pleuvent ; et depuis que ce volume est sous presse, plusieurs ont encore vu le jour. Or, abstraction faite de la valeur des arguments proposés et du plus ou moins fondé de ces théories, je signale ce fait que tout le monde peut apprécier ; c'est que seul, l'enseignement de Dom Pothier produit une mélodie, aussi naturelle que saisissable, aussi simple que parfaite. Les autres systèmes donnent une phrase tourmentée, d'où la mélodie se dégage difficilement, si toutefois elle le peut ; ce sont des combinaisons mathématiques d'une exécution laborieuse,à physionomie bizarre, que leur ingéniosité n'empêche pas de tomber l'une après l'autre dans un profond oubli. Ce qui manque à leurs auteurs, d'ailleurs hommes sérieux et instruits pour la plupart, c'est d'avoir pratiqué le plain-chant et d'avoir vécu au chœur. Jamais Dom Pothier ne serait arrivé à de pareils résultats, s'il n'eût été qu'un savant de cabinet.

ÏV-

ÏAR accompagnement d'une mélodie, on entend d'ordinaire son harmonisation vocale ou instrumentale ; toutefois ce mot désigne aussi la concomitance d'instruments jouant la même mélodie à l'unisson ou à l'octave. La question posée dans ce dernier sens a moins d'importance, bien qu'elle ne soit pas inutile ; aussi ne la traiterai-je qu'après celle de l'harmonisation.

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