Chapitre sixième. — Première partie
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C'est bien du scrupule pour un mince résultat, et encore le pourrait-on pas, sans doute, partout et toujours user de ces ménagements.
§ HT. Harmonie appropriée aux formes de la mélodie grégorienne.
— J'ai eu plusieurs fois l'occasion de faire remarquer la liberté d'allures du chant grégorien, soit en regard du plain-chant moderne, soit en comparaison des mélodies créées en vue du contrepoint ancien, ou sous son influence (genre choral, pièces alla Palestrina). Il en résulte que l'harmoniste se trouve en face d'éléments qui n'entraient pas dans le tissu de l'ancien contrepoint. Le style sévère des anciennes écoles n'admettait ni l'appogiature, ni les échappées mélodiques, etc. qui abondent dans les mélodies grégoriennes :
Sxt
sér-vi-ent
tû-am in se-tér-num Redémptor
272 Rhythme du chant grégorien.
J'avais persisté dans ma brochure : De F harmonisation^ etc. à rattacher encore à l'ancien contrepoint ces formes particulières. Mais sur ce point, aussi bien que sur l'emploi exceptionnel de l'accord dissonnant naturel dans certains passages, je pense avec plusieurs, qu'on peut y aller plus franchement. Voici ce que m'écrivait à ce propos M.St.Morelot, si compétent en cette matière :
« Dans le chant grégorien, tel que l'enseigne Dom « Pothier, une chose s'impose avec évidence : cest que le « chant procède, non par notes, mais par groupes. Ce prin- « cipe, comme vous l'avez bien compris, renverse abso- « lument la pratique de F accompagnement, telle quelle était « en usage. J'ai constaté que celle que vous proposez, << implique l'emploi de formes inconnues à l'ancien contre- « point ; mais loin de vous en faire un reproche, j'estime « que vous ne vous donnez pas assez de liberté, au regard « de cette tradition à laquelle vous vous efforcez de vous « rattacher. A considérer les choses en elles-mêmes, je ne « vois pas pourquoi, du moment qu'on est obligé de « s'affranchir de cette tradition sur des points importants, « on voudrait continuer à la subir sur d'autres, où elle ne « constitue plus guère qu'une gêne inutile ; ni pourquoi « l'emploi de certaines harmonies modernes, qui ressortent « naturellement du procédé mélodique lui-même, devien- « drait incompatible avec un chant conçu en dehors de « toute préoccupation d'harmonie, soit ancienne, soit mo- « derne.
€ A la bonne heure, si vous entendez exclure les suc- « cessions chromatiques, qui sont en dehors de l'échelle « tonale du chant ; mais pour le reste, je ne vois aucune « incompatibilité, si l'on peut en déduire une harmonie « régulière. » .
De r harmonisation vocale.
On désigne sous ce nom celle qui est écrite pour les voix et qu'on appelle aussi : faux-bourdon.