‹ Rhythme, exécution et accompagnement du chant grégorienChapitre 167 sur 190 · Chapitre sixième. — Première partie · texte numérisé non relu

Chapitre sixième. — Première partie

Il y aurait beaucoup à dire sur les faux-bourdons dans les siècles passés, comme dans les temps présents. Un mot peut suffire : c'est que l'on entend aujourd'hui des choses qui, bien souvent,sont mauvaises sous tous rapports.

Le faux-bourdon est surtout usité dans la Psalmodie solennelle.

Les maîtres du XVIe siècle ont laissé de beaux modèles en ce genre, que l'on connaît peu et qu'on étudie moins encore. Les cadences mélodiques y sont ornées d'une harmonie fort riche, où la disposition des voix, l'emploi judicieux des artifices du contrepoint révèlent une grande science dans l'art d'écrire et produisent un bel effet. C'est là un genre à part, sur lequel, au point de vue du rhythme mélodique, il n'y a peut-être pas beaucoup à étudier. Il y aurait probablement à tenter la composition d'autres formules harmoniques dans un autre genre dont nous allons parler bientôt.

On a voulu harmoniser également pour les voix diverses pièces de l'office divin. Les ordinaires de Messe et quelques motets de Saluts (Ave verum, etc.), ont été travaillés le plus communément. C'est une collection détestable, sans en excepter les œuvres de ce genre écrites par des musiciens de grand talent. La faute en est aux conditions défectueuses du genre. Que voulez-vous faire avec un chant dont chaque note est frappée d'un coup de bâton, et alourdie au passage par un accord ? La sévérité du style tourne alors à la pauvreté.

Dans ces pièces vous entendez les dessus (si le chant est au ténor'), ou les ténors (si le chant est au dessus ou soprano) criailler des parties aussi intéressantes que ce spécimen :

eeeeee eeeeeeeee ee le- 1- son

La basse, renforcée d'une contre-basse, se meut gravement par des successions dont la monotonie fait tout le

Rhythme du chant grégorien. i3

Rhythme du chant grégorien.

charme ; pendant que l'organiste plaque vigoureusement ses accords, en appelant parfois à son aide la sonorité de toutes les anches. Je sais bien que les musiciens de talent ont écrit exactement ; que leur travail se distingue, au premier coup d'œil, par diverses qualités ; mais le genre est toujours là; et quand on est à l'étroit, la conséquence, pour tout le monde, est qu'on est gêné dans ses mouvements.

Il y aurai t,ce me semble, quelque chose à tenter, en se basant sur le rhythme. Je me permets d'offrir à titre d'essai le Benedictus des Messes d'Avent et de Carême, arrangé pour chœur à 4 voix mixtes.

Voici d'abord le texte de ce fragment dans sa notation ordinaire :

Be- ne-dictus qui vé- nit in n6-mi-ne Dd- mi- ni,

3=St

Ho - sânna in ex-cél - sis

Bene - di - ctusquivé - nit in no- mi - ne Do - mi - ni

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