‹ Rhythme, exécution et accompagnement du chant grégorienChapitre 169 sur 190 · Chapitre sixième. — Deuxième partie · texte numérisé non relu

Chapitre sixième. — Deuxième partie

A quoi bon, puisque l'on veut relever le plain-chant, retomber dans cette vieille routine qui consiste à plus ou moins débrouiller à première vue les pièces d'un office ? Or, si le morceau grégorien est exercé, l'obligation de reproduire constamment le chant dans l'accompagnement est une gêne inutile, il ne guide pas les choristes qu'une harmonie rationnelle.au regard du rhythme, seconde mieux. Ils savent la mélodie ; c'est l'exécution rhythmique qu'il faut guider. De plus, cette reproduction est gênante pour l'organiste, parce que les mouvements de la mélodie, ses intervalles parfois assez développés, le mettent aux prises avec des difficultés de réalisation d'harmonie. Bien souvent j'ai eu l'occasion d'accompagner des chœurs, et j'ai acquis par expérience la conviction que s'astreindre à jouer toujours le chant, c'est s'imposer une gêne plus qu'inutile.

DEUXIÈME PARTIE. — Examen critique des accompagnements proposés jusqu'à ce jour.

CE titre ouvre peut-être aux yeux du lecteur des horizons bien vastes; mais je m'empresse de le rassurer, en expliquant que mon intention est seulement d'examiner, à l'aide de quelques spécimens, ce qu'il y a de défectueux dans l'harmonisation du plain-chant, soit pur, soit amélioré dans son exécution. L'harmonie de note contre note est définitivement abandonnée. Partout on essaie de l'emploi des notes de passage, de la distinction des neumes. C'est parmi les travaux faits dans cet ordre d'idées que je prends mes exemples. Sans doute, tout n'est pas là ; cette revue est bien incomplète, et que de productions paraissent à chaque instant ! Néanmoins, tout peut être ramené en dernière analyse à cette idée : les tentatives des harmonistes n'ont rien donné de véritablement satisfaisant ; la raison en est que la distinction qu'ils ont faite des notes réelles et leur emploi des notes de passage reposent sur

Rhythme du chant grégorien.

des données rhythmiques arbitraires et insuffisantes. C'est le défaut général et capital qu'on retrouve dans tous les accompagnements, si différents qu'ils soient d'ailleurs, et c'est ce défaut que nous considérerons uniquement.

= Voici d'abord un extrait des Œuvres inédites de M. Lemmens (Tome II, Chants liturgiques).

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Do - mire hys - sô-po

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munda - bor; lavabis me

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Le fragment mélodique ainsi traduit et harmonisé est celui-ci :

D6-mi-ne, hys-sô-po et mun-dà - bor ; la-và - bis me

Dans toute son œuvre, l'auteur a été préoccupé de réduire à la mesure la phrase grégorienne. Vainement recommande-t-on d'arrondir la mesure et de n'en tenir compte que d'une façon approximative, elle y est ; et par le fait de sa présence, des valeurs de durée diverses et un caractère rhythmique déterminé sont donnés aux notes, comme nous allons le voir.

Dans l'exécution, cette mensuration se fait inévitablement sentir, et elle est « affreuse », au dire de M. le chanoine Van Damme, qui a qualité pour en parler; car

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