‹ Rhythme, exécution et accompagnement du chant grégorienChapitre 180 sur 190 · Chapitre septième · texte numérisé non relu

Chapitre septième

d'offrir Mendelsohn, Chopin, Bach ou Beethoven à un élève de piano qui joue la musette de Nina dans sa méthode. Il ne suffit pas d'avoir d'excellents ouvrages; il faut encore être capable de les interpréter ; et la seule possession de ces précieux ouvrages n'opère pas la transformation du talent. Sans doute, je ne veux pas dire que le chant grégorien soit d'une difficulté relative aussi grande ; mais je crois qu'il exige, surtout au début, de l'exercice et des soins. Il faut former un chœur à ce genre de mélodies si différent du plain-chant ordinaire.

Cette éducation artistique ou cette formation demande, comme toutes choses, un certain temps, quand on a en vue, non l'exécution de quelques pièces, mais celle du courant de l'office. Puis, cette formation acquise, on a besoin de vigilance pour s'opposer à la routine et aux défauts qui se glissent peu à peu ; et l'on ne peut guère s'exposer, au moins sans une ou deux répétitions préalables, à chanter un office entier. Combien y a-t-il de chœurs, même organisés, offrant ces garanties ? Si les séminaires, les monastères, les collèges peuvent y arriver assez vite, il y en a trop peu encore qui soient dans ces conditions pour bien augurer d'une mesure générale ; car elle prendrait au dépourvu un nombre fort considérable de chœurs.

Dès lors qu'adviendrait-il ? Vous le devinez. On chantera avec le Liber Gradualis comme avec les autres livres, sans soin, sans préparation, sans intelligence, à première vue ; et ce sera la dépréciation du dernier moyen qui nous reste pour relever le plain-chant.

Avant tout il faut éviter, par l'imposition de cette édition, la généralisation des exécutions mauvaises. Il ne faut pas créer des exigences de service, d'où résulterait l'impossibilité d'user, dans l'emploi et l'étude du chant grégorien, de ces expectatives, de ces lenteurs prudentes, de cet accroissement gradué et progressif du répertoire qui me paraissent nécessaires au succès.

« Alors que voulez-vous, que souhaitez-vous pour le

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relèvement du plain-chant ? » Pas autre chose que de voir continuer et grandir les sympathies et les encouragements de l'autorité ecclésiastique pour cette restauration, avec la faculté de plus en plus complète d'user du chant grégorien. C'est ce qui existe déjà assez généralement et dans une bonne mesure.

Cette voie me paraît seule pratique pour arriver au but en tournant les obstacles. Chacun, selon ses forces et sous le contrôle de l'autorité ecclésiastique, pourra en essayer, qui plus,qui moins; et celui qui ne pourra rien faire, ne fera rien ; mais rien n'étant imposé, personne ne pourra réclamer. Il en sera du chant comme de l'architecture. Tout le monde n'a pu bâtir des cathédrales ; mais par l'étude des chefs-d'œuvre, le goût s'est réformé ; on a construit de grandes et belles églises, qui ont propagé la connaissance et le sentiment de l'art. Dans les paroisses plus modestes, on a fait plus petit, mais on a fait bien. C'est ainsi que les exécutions des maîtrises, des séminaires, des monastères, offriront des modèles que chacun, selon ses moyens, pourra étudier et ensuite imiter.

— Voici maintenant ce que je regarde comme probable et possible pour la restauration du plain-chant.

Le mouvement de restauration, autant que je puis en être informé, est certainement considérable.

En bien des lieux même, plus de maturité eût été désirable ; car plusieurs maîtres de chœurs, admirateurs sincères du chant grégorien, n'ont pas pris le temps ■ de s'instruire suffisamment des principesde son interprétation. Il en est résulté que trop souvent on a produit des exécutions défectueuses, peu propres assurément à faire goûter ces mélodies et à s'imposer à l'admiration d'un auditoire curieux et souvent prévenu.

Néanmoins on dresserait une longue liste des maîtrises, chœurs, séminaires et monastères où le chant grégorien est cultivé. Les lecteurs connaissent le succès qu'il a obtenu à Rome pour le centenaire de St-Grégoire et les

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