Chapitre premier. — Première partie
un mouvement rhythmique d'un élan suffisant pour embrasser deux subdivisions. L'exécution sera plus aisée, si vous regardez comme anacrouse les deux premières notes du mot : kyrie, et commencez Xarsis au sol ; c'est d'autant plus facile que l'on exécute naturellement ce groupe en crescendo.
Ky - ri - e
Cette manière d'exécuter peut être généralisée pour tous les cas analogues.
Tout ce que j'ai dit ici, au sujet des pénultièmes ne regarde que le cas où elles portent un groupe de 2 notes. Avec 3 notes et plus, nous sommes dans le chant neumé ; et les lois du chant syllabique perdent de leur prépondérance devant celles de la mélodie, qui devient alors dominante. Je marquerai donc comme il suit le rhythme des passages suivants :
■* mn -Ha ■"-
!♦• fc " ♦ "♦• H
1 • ■ Il ' • [■
qui pd - su - it
Dc5 - mi - ne
Dô~mi - ne
non sans observer encore que, même en ce cas, le neume placé sur la pénultième du mot, n'a pas la force d'attaque qui convient à la syllabe accentuée.
Il nous reste à voir la subdivision de la thesis (27). Le temps de thesis est le temps faible, par rapport à Xarsis. Sa subdivision s'en ressentira, et Xarsis du neume qu'elle forme n'aura pas l'importance de celle du temps fort ; son attaque sera plus douce. Ex. :
36 Rhythme du chant grégorien.
n6 - bis D6mi - ne
Mais je ne pense pas que cette loi puisse s'appliquer aux thesis féminines. Généralement leur ire note est accentuée d'une façon naturelle qui s'explique par ce fait que la dernière note est au contraire plus faible. Très souvent aussi cette première note a un caractère d'appoggiature qui fortifie encore plus cette accentuation.
Plusieurs causes analogues peuvent aussi rendre plus expressive, et partant plus forte, l'accentuation des neumes de 3 et 4 notes sur les thesis ; c'est pourquoi, en résumé, je crois qu'il suffira d'observer la différence d'éclat qu'il y a entre le neume d'une syllabe accentuée et celui d'une syllabe qui ne l'est pas, sans qu'il soit la peine de s'embarrasser d'une règle spéciale pour ces thesis subdivisées. Aussi marquerai-je leur rhythme sans aucune indication particulière.
V. — Le rhythme fait C unité du mot ou du neume. Cette loi capitale donne lieu à des applications importantes que l'on peut formuler diversement selon qu'on envisage les mots ou les neumes; mais ce n'est toujours que l'application de ce principe.
Dans les mots, jamais une thesis ne doit précéder immédiatement la syllabe à laquelle on passe, parce que l'intime liaison des syllabes, qui fait l'unité du mot, s'obtient en les embrassant toutes dans le même rhythme, ou en unissant une syllabe qui vient à la précédente dans le même rhythme par contraction.
Faute d'observer cette règle, on fait des coupures ou des associations de syllabes fort malencontreuses. Ainsi, on entend généralement chanter : « Ah ! malheur ! vrai corps né de la Vierge Marie ! » — Ah ! vœ ! verum, etc., parce qu'on rhythme comme dans l'ex. i ci-dessous, au lieu de faire comme dans l'ex. 2 ou 3.