Chapitre premier. — Deuxième partie
ces petites notes qui précèdent le frappé du temps en musique et se nomment appoggiatures douces ou faibles, en ayant soin toutefois de les exécuter sans précipitation, mais posément, selon que l'indiquent les manuscrits. Je puis donc rhythmer ainsi :
;ssâ
fflB
JJVjw
fe^fiV
se-ter - nam virgo
réspice
D6-mi
no recti
Cependant il arrive qu'on est amené à mettre arsis sur cette note affaiblie, ainsi qu'il arrive dans ces ex.
sPg^zft
rt
cor - da
On observera qu'alors cette note acquiert plus d'importance, étant elle-même précédée d'anacrouse et culminante du groupe; et son accent est d'autant plus sensible qu'elle s'élève au-dessus des notes qui l'entourent.
Tout cela n'est que l'analyse d'effets naturels d'exécution.
Enfin en examinant encore les neumes isolément, je signalerai les équivalences auxquelles donne lieu leur subdivision.
bt*
D6-mi- ne
La voix croît naturellement en intensité à mesure qu'elle monte, tandis qu'elle s'affaiblit en descendant; c'est pourquoi dans l'ex. i , la subdivision prend le caractère d'ai'sis, ce qui n'a pas lieu dans l'ex. 2.
Rhythme du chant grégorien.
Quand on subdivise pour prendre de l'élan sur une note, comme dans l'ex. 3, cette note devient naturellement arsis, et cela d'autant plus sensiblement qu'elle est plus élevée que ce qui suit. On peut mettre arsis ou anacrouse sur la partie du neume qui précède cette note. Il y a équivalence.
L'ex. 4 montre comment, au lieu de marquer un rhythme entier sur la virga isolée, on peut équivalemment, à cause de sa liaison avec ce qui suit, et de l'importance de son accentuation, la traiter comme une arsis réduisant la suivante au rôle de subdivision. Ceci doit seulement s'entendre dans le même membre de phrase ; car à la fin d'un membre de phrase, la virga doit être suivie à' arsis pour reprendre à l'autre membre de phrase.
Ce dernier cas est analogue à celui que fournit l'ex. 5. Là, le premier neume forme un petit membre de phrase, et sa sconde note (car on ne peut y placer une respiration) se lie avec ce qui suit ; mais de sa position culminante et de sa liaison résulte un effet d'accentuation qui la fait ressembler à une arsis ; d'où l'on peut rhythmer ce passage de deux manières.
Observons encore qu'il importe assez peu à l'exécution de marquer souvent arsis au lieu d'anacrouse ou réciproquement :
Hte
pec - câ -ta
al- le - lu - ia
ho-no-ra-ti sunt
Pourvu que le neume placé sur la syllabe accentuée conserve sa prépondérance, il n'y aura pas de confusion pour le reste, et la commodité des mouvements de la main peut gagner à cette substitution.
= Le second fait qui donne lieu aux équivalences, est analogue au premier. On peut dire que c'est l'application de la même loi à la succession des neumes. Afin de