‹ Rhythme, exécution et accompagnement du chant grégorienChapitre 57 sur 190 · Chapitre deuxième · texte numérisé non relu

Chapitre deuxième

claires par elles-mêmes, pour qu'il soit besoin d'insister là-dessus.

Pour avoir une exacte intelligence du rhythme, il faut observer que le mouvement qui compose un rhythme est un. Si on parle de deux temps, X arsis et la tJiesis, ce n'est pas qu'on puisse les séparer. Il n'y a là que deux phases d'un mouvement ttn et indivisible, qui, s'il n'est pas tel, devient incomplet et avorté. Il faut donc, en théorie comme en pratique, veiller toujours à la continuité du mouvement rhythmique, qui fait son unité. Si dans cet ouvrage, on envisage parfois séparément X arsis et la t/iesis, c'est pour la commodité de l'étude, et toujours sous la réserve de cette observation.

J'applique maintenant ce procédé d'analyse au chant grégorien.

On a objecté que dans le plain-chant il était facile de trouver le rhythme des pièces syllabiques ou même neumées, grâce aux paroles qui les accompagnent ; mais que la difficulté était de connaître le rhythme des neumes vocalises. Bien qu'en enseignant la pratique du rhythme, j'en ai déjà dit assez pour résoudre cette objection, je me permets d'y revenir avec plus de détails, et je vais prendre pour thème d'étude une phrase de neumes sans paroles.

Soit la phrase suivante :

principes

Afin de faciliter l'intelligence de cette phrase, en voici une traduction musicale, où les fortes ligatures placées au-dessous de la portée dessinent les neumes ou groupes, tandis que celles placées au-dessus marquent le rhythme.

86 Rhythme du chant grégorien.

ÛTZ &1 j te ^^?

principes

Cette phrase se compose d'autant de petits membres de phrase que de rhythmes ; elle est donc très simple et d'une analyse facile, puisque nous arrivons de suite aux divisions élémentaires formées par chacun des neumes ou groupes. Là, dit-on, est précisément la difficulté, car s'il y avait des paroles, leur distinction et leur liaison, leurs accents et leurs finales m'aideraient à retrouver le rhythme de la mélodie, qui doit, si du moins elle est bien composée, s'adapter au texte dans toutes ses parties.

Mais sur quel principe se baser pour établir un rhythme dans des neumes vocalises ? La réponse est facile : on se base sur ce qui est écrit. De même en effet que, dans une phrase d'un discours, vous avez une suite de mots, ainsi vous remarquez ici une suite de neumes. Les mots sont formés de syllabes groupées ; et les neumes, de notes groupées. Pourquoi groupées ? Parce qu'elles forment un tout distinct de ce qui précède et de ce qui suit ; c'est la conséquence de leur groupement. Mais qui fait ce tout, quel est le principe d'unité, qu'est-ce qui groupe les sons et distingue les groupes les uns des autres ? Évidemment il y a donc ici autre chose que des notes; celles-ci ne sont que des matériaux informés par le rhythme. Et qu'est-ce que le rhythme ? Est-il constitué seulement par cette juxtaposition matérielle des notes, qui à l'œil forment un groupe ? Non ; car i° dans ces groupes ou neumes les notes ont des valeurs diverses ; les unes sont fortes, les autres faibles. Oui les rend telles ?

En second lieu, la division des neumes ne cadre pas toujours avec la division des rhythmes, du moins quand il y a des paroles. Ex.

Page 1