‹ Rhythme, exécution et accompagnement du chant grégorienChapitre 59 sur 190 · Chapitre deuxième · texte numérisé non relu

Chapitre deuxième

de départ du mouvement, mais tout son parcours, tout son ambitus jusqu'à son terme. Il y a donc là une durée et une étendue variables, où plusieurs notes peuvent trouver place. Au contraire, la thesis simple (') est le temps où le mouvement touche à son terme, arrive au repos et cesse. Ce repos peut être plus ou moins long avant qu'un autre mouvement lui succède, mais le temps et le point, où un corps touche le but et où cesse son mouvement, sont certainement uniques. Voilà pourquoi la thesis n'a jamais qu'une seule note.

Autre question. Les musiciens savent que les temps forts ou faibles, ainsi que les parties de temps fortes ou faibles alternent d'une façon binaire ou ternaire ; c'est-àdire qu'après un ou deux temps faibles au plus, le temps fort (ou partie forte du temps) revient en jeu. Si clair que soit ce fait bien connu, voici des exemples :

±=jr

,tL

Ainsi toutes les notes marquées d'une + sont ou temps forts ou parties fortes de temps, et on voit que leur alternance avec les temps faibles (ou parties faibles de temps) est binaire ou ternaire. Cette loi n'est pas seulement celle du rhythme mesuré, mais du rhythme en général, car on ne conçoit pas un rhythme quaternaire; avec quatre, il y a une subdivision. L'observation de ce fait a été formulée en loi p. 31.

1. Le mot simple exclut l'hypothèse de subdivision dans ce temps ; car alors ce n'est plus simplement une thesis ; le mouvement rhythmique rebondit pour aller se reposer plus loin. Ici, il n'est donc pas question de ce dernier cas analysé au chap. précédent.

Rhythme du chant grégorien.

On peut remarquer que la note qui est partie forte d'un temps quelconque, tombe 2M frappé du temps ou de la subdivision du temps (T).

Voici quelques exemples à ajouter à ceux qui ont été donnés jusqu'ici :

ou

Nfrrirsas:

Tous ces exemples font donc voir qu'avec un neume de plus de 4 notes, il y a une subdivision ; en d'autres termes : que Xarsis ne peut comprendre plus de 3 notes.

Ce serait ici le lieu d'élucider un point capital et fort embrouillé de la théorie du rhythme. Il s'agit de savoir lequel des deux temps, de Xarsis ou de la thesis, est le temps fort ; et pourquoi, contrairement à l'opinion commune, le temps fort est ici marqué par le levé, au lieu de l'être par le frappé. Je dis que Xarsis, ou temps levé, est le temps fort du rhythme, et que la thesis en est le temps faible. La démonstration de ce fait exigeant d'assez longs développements, je la traiterai à part dans l'appendice qui termine ce chapitre. Cette étude intéressera vivement sans doute les musiciens ; mais ici, elle interromperait trop notre exposé de la théorie. Je prie donc le lecteur d'admettre pour le moment cette vérité, et de voir alors comment, par une conséquence logique, on fait coïncider l'accent avec Xarsis, et la finale des mots avec la thesis. Alors, en effet, le temps fort coïncide avec la syllabe forte; et la terminaison du mot avec celle du rhythme (30).

Avant de clore ce paragraphe, et puisque le lecteur connaît maintenant suffisamment ce qui constitue le

1. Il est question ici au. frappé dit temps, et non du temps frappé. Le frappé du temps, Victits, tombe sur la note initiale du temps ; et les temps forts comme les temps faibles, les temps frappés aussi bien que les temps levés, ont un frappé, c'est-à-dire une attaque.

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