‹ Rhythme, exécution et accompagnement du chant grégorienChapitre 65 sur 190 · Chapitre deuxième. — Appendice · texte numérisé non relu

Chapitre deuxième. — Appendice

rhythme, Yarsis est le temps initial ; et c'est bien lui qui a l'élan, la force, puisque la thesis est la chute, l'arrivée au terme. Aussi, dans l'exécution, les notes Yarsis ont-elles une attaque, une force relativement plus grande que celles de thesis.

De tout cela il ressort que la confusion sur ce point venait de ce qu'on a mal compris les termes, et regardé comme étant synonymes des expressions d'un sens bien différent. Ainsi on a confondu thesis avec temps frappé ; et comme ce dernier est temps fort, on a cru que thesis et temps fort ne faisaient qu'un ; tandis que véritablement, si les deux sont marqués de haut en bas, ils ont un caractère bien différent. Pareillement on a confondu arsis et temps faible, parce que l'un et l'autre sont au levé, et que le levé est parfois temps faible; il est même ordinairement réputé tel dans la mesure.

Quant à la seconde question : « pourquoi dans le rhythme commencer par le levé et non par le frappé, ainsi qu'on le pratique dans la mesure? » la nature même du rhythme y répond. La thesis qui termine le rhythme est une cadence, l'arrivée à terme et au repos du mouvement. Or il n'est ni naturel, ni commode de finir en l'air; on s'appuie, on se repose en bas, et un élan est suivi d'une chute. La thesis ou pose (t^u.-.) se marquant donc en bas, il est simple que l'on commence par le levé, ce qui est la direction naturelle d'un élan.

Vient maintenant une autre explication.

Pourquoi cette contradiction entre le rhythme libre et la mesure ? Dans celle-ci, on dit que le temps marqué en bas est le temps fort, car il est frappé ; au lieu que dans celui-là, c'est le levé.

La contradiction n'est peut-être pas si complète qu'on le croirait tout d'abord ; et, bien que cette étude n'intéresse pas directement le chant grégorien, je ne crois pas faire un hors-d'ceuvre, en dégageant cette question du

Rhythme du chant grégorien.

rhythme des idées inexactes qui en dérobent la vue et en faussent la perspective.

Je dis donc (non sans quelque crainte de paraître renversant) qu'en enseignant dans le solfège que le Ier temps de la mesure est toujours le temps fort, on enseigne une chose fausse, que tout le monde redit de bonne foi (comme je l'ai fait aussi), sans qu'on songe à vérifier ce principe, violé à chaque instant dans l'exécution. En d'autres termes, en musique mesurée aussi bien qu'en rhythme libre, X arsis est à proprement parler le seul temps fort ; que le lecteur veuille bien prêter attention à cette curieuse démonstration. Je veux prouver cette proposition : « C'est /'arsis qui est le temps fort. Les temps de la mestire ne sont par euxmêmes ni forts ni faibles ; cest leur coïncidence régulière ou irrégulière avec /'arsis du rhythme qui les rend forts. » Hors de là, si, dans l'exécution, ils ont une certaine force de sonorité, il ne s'agit là que d'une modification qui ne change pas la nature des temps et provient de causes purement extrinsèques et accidentelles, appartenant aux lois de l'expression. Voici d'abord un exemple :

t^hr-^r

Sz

Tu so - lus al ■ tis - si - mus.

etc.

Haydn

Messe impériale

ms^

Dans cet exemple, les paroles par leur accentuation et l'harmonie par ses cadences indiquent, aussi bien que la mélodie, les temps & arsis et de thesis. Ici, le Ier et le 3e temps de la mesure sont forts ; mais ici, il y a coïncidence de ces temps avec X arsis du rhythme. Au contraire, dans l'ex. suivant, cette coïncidence n'a pas lieu, et ces mêmes temps deviennent faibles, tandis que le 2e et le 4e des mesures sont les temps forts.

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