‹ Rhythme, exécution et accompagnement du chant grégorienChapitre 66 sur 190 · Chapitre deuxième. — Appendice · texte numérisé non relu

Chapitre deuxième. — Appendice

Et pour-tant mal-gré ces a - lar-mes, mal-gré cet af-freux souve-nir

Méhui

(Joseph.)

Demandez à un musicien instruit d'accentuer ici vigoureusement le premier et le 3e temps de chaque mesure ; il se récriera, parce que son sens musical serait choqué. Qu'il place la même accentuation sur le 2e et le 4e temps; il y aura peut-être de l'exagération, mais on sentira que l'accent est. à sa place, qu'on l'y met naturellement et d'une façon sensible. Et pourquoi ? Parce que Xarsis du rhythme coïncide avec ce 2e et ce 4e temps, sauf dans la 4e mesure où il y a une irrégularité par contraction. C'est du reste ce que vient achever d'éclaircir l'harmonie, en montrant les cadences qui se font sur le Ier et le 3e temps et qui, harmoniquement et mélodiquement, coïncident avec la thesis ; par contre, Xarsis étant au 2e et au 4e, les rend forts et leur fait attribuer l'accentuation.

Rien qu'avec ces deux exemples, nous pouvons voir déjà comment est justifiée la plainte élevée par plusieurs professeurs célèbres touchant la négligence que mettent les compositeurs dans la notation de leurs morceaux; d'où il résulte, pour l'exécution et spécialement pour l'accentuation, des quiproquos et des embarras désastreux. L'exemple tiré de Méhui est mieux noté que celui de Haydn, sous le rapport de la coïncidence du rhythme avec la mesure, Xarsis étant au levé. D'autre part l'un et l'autre seraient mieux à 2 temps qu'à quatre (toujours au même point de vue), puisqu'il s'agit ici de rhythmes embrassant seulement deux temps, et qu'ainsi tout coïnciderait : la mesure et le rhythme. Je sais bien que cette coïncidence n'est pas toujours possible, et, pour le cas présent, c'est une pure observation d'analyse ; mais il est des circon-

Rhythme du chant grégorien.

stances (M. de Lussy en signale plusieurs dans le Traité de l'expression musicale), où ce défaut de coïncidence trompe complètement l'exécutant, qui prend une mesure à 2/4 pour une à quatre, et un 3/s pour un 6/s. ou vice versa. Examinez ce fragment :

Vous remarquez que dans la musique à plusieurs parties, surtout si elle est polyphonique et non plaquée, les différentes parties peuvent dessiner des rhythmesqui font contraste ou opposition. Ici, par exemple, celui du ténor commence au temps où finit celui de la partie supérieure. L'effet d'ensemble est une série de rhythmes contractés.

Mais à regarder le rhythme de la mélodie supérieure, cet exemple serait mieux noté à 6/4 °u 7s> puisque la 2e et la 4e mesure tombent au temps faible, et qu'on ne peut en aucune manière les accentuer à cette partie. Ex. :

Voici encore un remarquable exemple tiré du Benedictus d'une messe de Hummel.

îfer.

in n6-mine Do-mini, in nd-mine Dd-mini

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