Chapitre deuxième. — Appendice
Ces 2 membres de phrase se composent chacun de deux rhythmes dont Yarsis est au Ier temps de chaque mesure; c'est ce qui le rend fort. Mais par suite d'une négligence, qui n'est pas rare chez les maîtres, la disposition des paroles est défectueuse, parce que la thesis semble en tombant au milieu de : nômine, le couper en deux et laisse entendre : in nomi - ne Domini. Cette disposition du texte serait meilleure, et meilleure aussi la notation, si l'on avait :
\h li ,M ï 1 J
in nomi - ne Domi - ni, in nomi - ne Do - mi - ni
Ainsi tout s'accorde, rhythme et mesure; accent tonique du texte et arsis de la mélodie ; finale des mots et thesis musicale.
Un fragment de l'air célèbre : Champs paternels, nous offre un curieux sujet d'étude.
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Loin de vous a lan- gui majeu-nesse e-xi -lé - e
comme au ventdu dé-sert se né - trit u - ne fleur.
Les ires mesures présentent une progression mélodique ascendante dont le point culminant est le ré sur la fin de : meunesse. L'expression musicale exige par suite une exécution en crescendo, qui influe sur les thesis, notamment sur le ré, placé au sommet de cette progression. Mais c'est là une de ces modifications accidentelles dont nous avons parlé, qui est purement extrinsèque et ne change
Rhythme du chant grégorien.
pas la nature des temps. Si les thesis ont ici une sonorité un peu plus grande que de coutume, par suite du crescendo, elles en ont moins que Xarsis qui suit, où s'élance le mouvement. Ce serait une faute de les accentuer relativement plus fort que les arsis ; tandis qu'on peut accuser l'accentuation sur ces dernières sans autre inconvénient que celui d'exagérer ; mais l'accent sera à sa place. (V. Mathis de Lussy : accentuation des notes initiales des rhythmes, Traité de l'expression musicale?) Si cependant le chanteur accentuait en crescendo la finale du mot: jeunesse, ce mode d'exécution, non obligatoire, peut cependant être accepté. En effet, il commencerait ici la contraction des rhythmes qui vient après, et il peut y être induit tant par la liaison des 2 mots -.jeunesse exilée (qui se contractent par élision de deux e), que par la liaison rhythmique, qui semble se faire sur cette note culminante, entre la progression ascendante qui précède et la descendante qui suit. Il en résulte que ce ré semble être un point de jonction commun aux deux parties, qui s'y unissent par la contraction rhythmique.
ma jeu - nesse e - xi
Cette liaison de deux membres de phrases par une note culminante se retrouve dans le chant grégorien à l'aide de la virga, comme nous aurons l'occasion de l'observer.
Mais la 6e mesure de ce fragment : « Comme au vent du^ désert » offre un curieux phénomène. Pour rompre la monotonie d'un rhythme ïambique, le compositeur écrit tout à coup un rhythme binaire, en resserrant sa période rhythmique pour retourner ensuite à son premier dessin. En effet, en poursuivant le rhythme ternaire ïambique, Méhul eût dû écrire :