Chapitre deuxième. — Appendice
Chœur
Chœur. Trio. D'un cœur qui t'ai-me, ^on
'nT7pHl.AV£ï
(Handel = Messie)
(Mendelssohn
Athalie)
On voit dans ces deux exemples que les voix font leur rentrée au frappé du temps où soit l'orchestre, soit un autre chœur achève sa phrase, et par conséquent tombe sur une thesis. Il en résulte une contraction entre les rhythmes dans ce dialogue. Laissez l'orchestre ou le chœur achever sa phrase, sans la rentrée du chœur ou du trio, et vous arrivez à une thesis sur le Ier temps de la mesure. Si les voix n'attaquaient pas au frappé de cette thesis (en prenant X Alléluia au 2e temps, et le trio à la 2e moitié du ier temps) l'attaque serait bien moins accentuée pour Y Alléluia, et très peu pour le trio qui débuterait en anacrouse. Il n'y aurait plus de contraction.
J'ai dit que la syncope totale ou partielle me paraissait être la seule irrégularité rhythmique, au point de vue du déplacement de Yarsis; c'est qu'en effet les diverses accentuations musicales, qui amènent quelque irrégularité, se réduisent en dernière analyse à une syncope totale ou contraction des rhythmes.
Examinez l'appoggiature, par exemple, vous n'y verrez pas autre chose. L'arsis est la raison de son accentuation expressive.
-efe-T
jk
Supprimez la contraction et le fractionnement de la
Rhythme du chant grégorien.
114 Rhythme du chant grégorien.
thesis, en ne mettant qu'une note au lieu de deux, vous avez :
cM
àJL
frHtiT r\r Miiirr tiu
-ete
il n'y a plus d'accent sur le Ier temps de la mesure, car il est une simple thesis. En se rappelant ce qui a été dit (28) des finales féminines, on constatera que celles-ci ont la même nature que l'appoggiature expressive; la décomposition du temps de thesis en 2 notes avec contraction sur la première : voilà ce qui les constitue. Mais dans l'appoggiature cette note est culminante, et par suite son attaque est plus forte. Plus elle est distante, plus elle est forte, car le mouvement, ayant dû prendre plus d'élan, frappe plus fort en rebondissant.
Il est temps de finir cette dissertation en disant un mot du rôle respectif du rhythme et de la mesure, rôle qui n'a pas été suffisamment compris ; d'où est venue toute la confusion.
Le rhythme existe indépendamment de la mesure, puisqu'il y a des chants mesurés et non mesurés. Ce qui fait les temps forts ou faibles, c'est le rhythme ; puisqu'ils ne sont tels que par la place qu'ils occupent dans le mouvement qui informe la succession des sons. Or ce mouvement est précisément le rhythme. S'il n'en était pas ainsi, on serait amené à cette conclusion que les chants non mesurés n'ont pas de temps forts ni faibles ; conclusion absurde. Que fait donc la mesure? Elle mesure le rhythme, en fixant à la fois et la durée des temps et le retour périodique de ces temps, mais elle ne fait pas leur qualité.
C'est un cadre invariable dans lequel sont disposés les temps. Quand la mesure s'ajoute au rhythme, alors nous trouvons les phénomènes d isochronisme et de régularité des rhythmes que n'offre pas le rhythme libre. Il y aura donc des temps forts dans la mesure, mais non de par la