‹ Rhythme, exécution et accompagnement du chant grégorienChapitre 84 sur 190 · Chapitre troisième · texte numérisé non relu

Chapitre troisième

au lieu de:

mi- se- râ- tor et jûs - tus.

Pâ - tri et Fi - li - o

■ Il

Dô- mi-nus ex Si-on

fi - li - o - rum lae-tân-tem mi-se- râ - tor et Jûs - tus

On évitera facilement ce défaut, en ayant soin de baisser avec la thesis sur la fin du mot.

La médiante est encore un point à signaler dans la psalmodie.

On a dit qu'il ne fallait pas traîner les syllabes finales, qu'elles étaient même brèves. Ce dernier mot est vrai dans le sens indiqué ; il est faux, si on coupe brusquement la finale, comme je l'ai entendu faire. C'est d'un effet ridicule. Il faut chanter comme on parle ; c'est-à-dire, naturellement ; et non pas couper ses fins de mots brusquement, comme on retire prestement ses mains en touchant un objet qui vous brûle.

Quelle est la longueur de la médiante ? Plusieurs monastères la faisant très longue, des plain-chantistes ont cru à une difficulté sur ce point. Le temps de respirer suffit. On peut évaluer à 3 temps la valeur de la note et celle du repos de la médiante. Ex. :

iza

~ëîc

D6-mi-no mé - o

Sé-de

Le chœur n'oubliera pas de ralentir un peu aux cadences mélodiques de la médiante et de la finale ; c'est indispensable et d'un bon effet. On reprend ensuite le mouvement qui doit être rond, animé : « Viva et succincta voce ». L'accentuation, l'observation de la médiante et du ralentisse-

136 Rhythme du chant grégorien.

ment aux cadences sont des moyens infaillibles pour ne pas tomber dans la précipitation. D'autre part, après le repos de la médiante ou de la finale et le ralentissement qui les précède, il faut reprendre vivement ; sinon le mouvement dégénère.

En chantant à demi-voix, on obtiendra un bon résultat et on facilitera l'exécution de l'accent et des nuances cidessus ; car en trop de lieux on prend à la lettre le <ibenc psallite in vociferatione » .

Il ne doit y avoir de repos qu'à la médiante et à la finale ; le reste se dit d'un seul trait ou avec une simple respiration, si le texte est trop long. Cette respiration ne doit pas égaler le repos de la médiante.

En dirigeant la psalmodie, le maître de chapelle n'a qu'à veiller à l'ensemble dans les attaques qui doivent être fermes, ainsi que l'accentuation. Il indique par le levé, sinon tous, du moins les principaux accents. Sa main reste abaissée aux repos. Dans plusieurs éditions, on a beaucoup trop multiplié ces barres de repos, qui supposent un choriste chantant à pleine voix.

Si le chœur est dans la bonne habitude d'enchaîner la fin du psaume au commencement de l'antienne, selon la tradition, cette liaison ne doit être ni précipitée, ni confuse.

L'organiste peut contribuer beaucoup à la réussite et au bon effet d'une psalmodie. Il faut naturellement qu'il sache imperturbablement et sa formule d'accompagnement et tous les versets du texte. L'habitude est ici nécessaire. Mais son habileté doit se montrer en aidant le rhythme de la psalmodie par un accompagnement simple et discret, quoique parfaitement approprié. Ce n'est ni le lieu ni le moment de se divertir, ou d'embrouiller un chœur, en se livrant à des fantaisies de modulations, de traits et d'arpèges. Le ronron perpétuel, depuis le commencement d'un psaume jusqu'à la fin, que certains organistes font avec

amour, délices et orgues

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