Chapitre troisième
mettre invariablement au dernier mot, produit des coupures moins heureuses pour le sens mélodique. Ex. :
au
lieu ou mieux encore
ici de là à cet endroit
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Ser-vo-rum tuo - rum,
= L1 Alléluia est assez animé, surtout dans la reprise de la neume. On sait que ce n'est pas un chant de tristesse.
= Le Trait est une pièce qui se chante tout d'un trait, sans reprises, comme en offrent les Répons. On a dit que Tractus indiquait que le chant de cette pièce était lent. Si on comprend par là une pièce plus chargée de neumes que certaines autres, et où la phrase a généralement un grand développement, on a raison ; mais c'est le défigurer que de le chanter lentement.
Beaucoup de traits ont un caractère énergique et animé, comme le trait : Effudenmt. Chantez-le lentement, et texte et mélodie tomberont à plat. Les Traits du 2e mode ne font pas même exception. La mélodie y poursuit sa route, calme, mais avec du mouvement ; il y a des progressions, des répétitions, etc. Bien dites, ces pièces sont admirables d'expression ; il est impossible de ne pas prier en les chantant.
Enfin si vous les exécutez lentement, l'office ne finira pas. Allongez donc les Traits du Ier Dim. de Carême, et celui des Rameaux. On arriverait à Pâques avant d'avoir terminé, tandis que l'expérience a prouvé qu'ils ne duraient pas plus de 1 1 minutes à Solesmes.
= \J Offertoire est d'un style grave et doux ; ce qui n'est pas synonyme de lenteur. L'exécution, pour être intéressante, en est assez difficile ; elle demande un chœur bien formé et un maître qui puisse donner l'intelligence
152 Rhythme du chant grégorien.
de ces pièces ; car beaucoup sont de grand style. Les éditions modernes ayant rendu ce genre de morceaux insignifiant par suite des remaniements, on s'est empressé d'y substituer une pièce d'orgue. On a bien fait ; mais il est regrettable de ne pas avoir l'occasion de donner des offertoires tels que Y Ave Maria (4e Dim. de l'Avent), Reges Tharsis (Epiphanie), etc.
= La Communion est une antienne un peu plus solennelle que celles des Vêpres. Il y en a d'une grande beauté, telles que : Lœtabitur justus (messe Protexisti me); Vox in Rama (fête des SS. Innocents) ; Videns Dominus fieiites sorores Lazari (4eSem. de Car. Fer. VI).
= Les Répons sont des pièces neumées avec une reprise qui, plus ou moins vocalisée, est généralement très mélodique et peut intéresser la masse des fidèles. On trouve dans le Processionale, publié à Solesmes, une très riche collection de ces pièces propres à enrichir le répertoire des maîtrises, particulièrement aux Saluts.
= Ordinaire des Messes. Le Kyrie est assez développé ; au dernier, il y a souvent une répétition qu'on peut faire dire en écho par un second chœur. Le Credo est destiné aux masses. Son mouvement doit être celui d'un récitatif, mais énergique comme une profession de foi. L'accentuation y produit grand effet. Telle est l'allure simple et ronde, mais ferme, que nous donnent pour le Credo les plus anciennes formules. L'exécution traînante de celui de Dumont a répandu bien des préjugés contraires à la nature de cette pièce et aux traditions les plus respectables.
J'ai fait dire pour une messe pontificale, à la clôture d'un Triduum, un ordinaire de Messe en chant grégorien. Je ne m'attendais pas à pareil effet. Le Kyrie était celui des simples, et le Sanchis avec le Benedictus, des Dim. de Carême !!!
Pour une fête ! Shoking !