‹ Richard 3. drame en cinq actesChapitre 72 sur 80 · LA HEINE, ÉLISABETH · texte numérisé non relu

LA HEINE, ÉLISABETH

Élisabeth. Tu l'entends?... oui, deui coups sur ce timbre et nous sommes sauvés! Oh ! n’hésite pa«... Ce n'est pas la mort, c'est la vie !

la raine. [Elle va pour frapper tur le timbre.) Non. je ne pourrai jamais I mais comprends donc I La mort qui l'enveloppe... tes joues roses qui pâlUsent.. . les y cui qui s' éteignent... et ton corps, tes dix-huit ans, ta jeunesse, ta beauté, ma joie, mon orgueil, ma vie, cousus dans dans un linceul... l'uis les cierges qui brûlent. . les prières lugubres des trépassés... puis les prêtres et l'enlèvement du corps, au milieu des senglois étouffés de nos amis... Non, c'est impossible , c'est impossible!

liusAMTU. Ma mère!

la reine, la reine la prenant dans ses bras. Kl si la mort allait te garder? et si tu n'allais pas répondre 4 mes cris ? et si liawkins s'était trompé?... Ah! jamais, jamais!

Élilabkth. Ma mère!

la r sine. Mais quM changement s’est-il opéré en toi? .tu n’osais rester seule dans les ténèbres, et tu envisages la mort sans frémir?

/.lis a nf. ru • J'aime Hichemond. ma mère.

la R El nk. Ah ! si tu avais eu deux enfants tués dans les bras, tu comprendrais ma terreur. Tu vois bien que je pleure ? Est-ce ma faute 4 moi si je ne peux pas le voir couchée sur un tombeau? Obi tu auras pitié de la pauvre mère, qui mourrait de ta mort, nia tille, comme elle rivait de ta vie, mon enfant!

élisabetu, faisant vn effort sur elle-mimt.

J’aime Richemont, ma mère.

LA reine, avec disespoir. Ah! lesenfmls, ils ont à peine des ailes qu’ils s'échapp ât du nid qui les a bercés ! Ah ! les ingrats, ils ont 4 peine un cœur que c'cst pour oublier celle qui les a nourris!

élisaretii , à ses pieds. Ob ! ne prends pas mes paroles ainsi! lu sais bien que je donnerais ma vie aussi bien pour toi que pour lui. Mais nu jeunesse qui est un deuil, mes espérances et mon bonheur en ruines , cette existence sons but , ces angoisses , celle honte incessante de courber le front sous le fouet d'un tyran qu’on méprise, oh! la mort la plus affreu?c n'est-ellc pas préférable i cette vie inquiète et humiliée? Veux- lu attendre qu’un second Stanghler fasse de moi une tille d'auberge ou une commére de la dté? Songe au

nom que je porte , songe à mon père , ce fier et loyal chevalier, songe aux Yorks dout je descends, et tu me diras, ma mère, si ce n’est pat une boute de voir la fille d'Edouard côte à côte avec l’assassin de tes enfants!

la reine. D'enfants, je n'ai que loi, et je veux auelu vices!... [Elle se laisse tomber turleplianl.) Ah’ laisse-moi pleurer 4 mon aise. Tu es une fille de roi, toi; tu as ta dignité. Ion rang. la race, mais moi je n’ai que mon cour qui me brise a tes pieds !

Elisabeth. Ma mère I

LA REINE. Ob 3 ces Yorks, ils s’en veli raient volontiers dans leur orgueil ! — Tu a» la douceur et la ténacité de ton père. Je n’étais pas née pour le trône; j'étais née pour être une bonne mère, voilà tout ! Ah! que n'cs-lu une simple et brave paysanne qui s’en va, sous le soleil ou dans la ploie, labourer son champ le malin , et qui revient le soir en ouvrant ses bras fatigués à sa mère qui l’allend I — Enfin , embrnsse-moi !

{Elle frappe sur le timbre.) Je trouverai toujours un moment pour mourir si tu meurs I [Hatchins paraît.)

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