‹ Richard Cobden, notes sur ses voyages, correspondances et souvenirs. Avec une préf. de M.G. De MolinareChapitre 21 sur 30 · RICHARD COBDEN. I · texte numérisé non relu

RICHARD COBDEN. I

garde des hommes qui étaient à l'épreuve contre l'ancien cri de guerre de « Whig et Tory? » Une doctrine pareille peut convenir aux coteries et aux clubs, mais qu'en dirait le grand public?

Présentez à un de vos grands meetings une résolution affirmant que votre représentant aurait dû abandonner ses principes, plutôt que de compromettre le gouvernement en votant avec les tories , et un non unanime et indigné sera la réponse.

Envisageant avec sang-froid mon attitude dans cette affaire de la motion Roebuck, je puis dire en toute conscience que jamais vote émis par moi ne m'a laissé une satisfaction plus complète. Ceux de mes amis politiques qui ont voté différemment, ont pu se sentir libres d'agir ainsi, parce qu'ils n'avaient pas pris une part proéminente dans la défense des principes impliqués, ou bien encore parce qu'ils n'ont pas senti comme moi l'importance de la question.

Mais moi, après tout ce que j'ai dit et écrit, j'aurais été un hypocrite et quelque chose de pire, si je n'avais pas voté contre la motion de M. Roebuck.

Je n'ai pas l'intention de discuter ici la grande question de notre politique étrangère qui gisait au fond de ces derniers débats. Quelques mots doivent suffire, en attendant une autre et merveilleuse occasion pour revenir sur le sujet. Mais je puis dire sans prétention que peu d'Anglais ont eu plus de facilités que moi pour étudier l'impression que notre politique étrangère laisse aux autres pays. J'ai voyagé par toute l'Europe avec le rare avantage d'avoir un libre accès dans les cours et dans

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les ministères comme auprès des chefs et des meneurs du peuple. J'ai rapporté de ces voyages la conviction que l'intervention de notre ministère des affaires étrangères dans la politique intérieure des autres pays, nuisait aux intérêts de ceux-là môme vers lesquels volent toutes mes sympathies, c'est-à-dire les peuples, en éveillant chez eux des espérances exagérées, en y excitant des efforts prématurés, et en leur apprenant à compter sur une aide étrangère, alors qu'il faudrait leur inculquer la nécessité de ne dépendre que d'eux-mêmes. J'ai constaté aussi que le principe d'intervention, auquel nous avons donné la sanction de notre exemple, est pratiqué par d'autres gouvernements qui ne ressemblent nullement au nôtre, et sans le moindre scrupule, et avec un succès au. moins égal.

Mais nous ne devrions pas avoir égard, même en réussissant, aux seuls intérêts des étrangers. Je doute qu'il soit juste de faire retomber sur le peuple anglais les frais (car le système coûte bien cher) des tentatives faites par notre gouvernement pour influencer l'opinion des autres nations. Plus je vois de pays étrangers, moins je partage la douce illusion que nous soyons placés audessus de toutes les autres nations, comme langage, comme croyance, etc., que le progrès et les libertés des autres peuples dépendent entièrement de notre sollicitude et de notre secours. Il plaît à notre amour-propre d'entendre dire que 36,000,000 de Français, 40,000,000 d'Allemands, 16,000,000 de Prussiens et 20,000,000 d'Italiens comptent sur nous pour s'affranchir de la tyrannie, et que, sans notre appui, ils doivent rester à toujours

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dans leur état actuel de dégradation et d'abaissement. Je regrette de le dire, mais la majorité de notre population ouvrière, si on y comprend les pauvres Irlandais et nos paysans, a peu de motifs de se vanter de sa condition, comparée à celle de la plupart des peuples du continent. Je voudrais donc que notre gouvernement dirigeât spécialement son attention sur nos affaires intérieures, et je serais disposé à juger de ses mérites sur sa manière de conduire cette besogne-là. Je repousse ridée de tenir nos ministres responsables du bon ou du mauvais gouvernement d'autres peuples ; et, en vertu du même principe, je ne consentirai jamais à faire du libéralisme de leur politique étrangère un motif souvent populaire dans ce pays même. Mais, tandis que je voudrais ainsi limiter le rôle du gouvernement, je ne le cède à personne dans Tardeur de mes sympathies individuelles pour les progrès de lu liberté et du bonheur des hommes dans le monde entier. Vous priant d'excuser la longueur de cette lettre, je suis, cher Monsieur,

Votre serviteur obéissant.

Discours prononcé par M. Gobden au cong'rès de la paix réuni à Francfort.

22 août 1850.

Ce n'était pas mon intention de prendre aujourd'hui la parole dans cette enceinte, me • réservant de dire quelques mots sur un autre sujet qui doit être discuté demain.

L'arbitrage, question dont je me suis occupé ailleurs, étant le sujet de la discussion actuelle, et quelques doutes ayant été émis sur sa praticabilité, je désire vous en dire quelques mots.

Précisons la portée de la résolution qui se discute en ce moment même :

Nous disons aux gouvernements et aux diplomates du monde : — « Si vous ne pouvez pas trouver d'autre moyen d'arranger vos différends; si toutes vos négociations ont été inutiles ; si la diplomatie s'avoue à bout de ressources : alors nous vous prions de déférer le litige en question à quelques arbitres intelligents, au lieu de recourir au jugement de l'épée. » Nous n'entendons pas nous immiscer dans la besogne des diplomates, s'ils peuvent arranger l'affaire sans nous; nous disons seulement que nous sommes fatigués et dégoûtés de l'ancienne méthode, de mettre à quelques milliers d'hommes le sabre au côté et le fusil sur l'épaule, et de les envoyer

décider par la force des armes des questions qui relèvent du domaine de la raison et de la justice. Nous mettons les diplomates et les gouvernements du monde civilisé au pied du mur, et nous leurs demandons : « Voulez-vous la guerre, ou voulez-vous l'arbitrage? » Vous nous dites que la guerre ne vous sourit pas plus qu'à nousmêmes, et vous vous moquez de nous comme d'enfants . qui courent deçà et delà, débitant de vraies banalités et prêchant des sentiments qui sont d'ores et déjà ceux de tout le monde. Eh bien ! puisque nous sommes tous d'accord, voulez-vous consentir à l'adoption de notre moyen d'arranger les querelles internationales que vos diplomates se sont engagés à régler eux-mêmes ? Cela se fait continuellement dans la vie privée. Le parlement britannique a porté des vingtaines, ou pour mieux dire des centaines de lois qui défèrent à l'arbitrage telle ou telle sorte de litiges.

Les membres de nos chambres ne doutent pas qu'il soit possible d'arranger de la sorte les aifaires particulières ; et moi je vous dis tout net que ce principe, que vous trouvez toujours si bon pour les individus, * vous le trouverez non moins bon pour les peuples. Il ne faut jamais oublier que les rapports entre les nations ressemblent aux rapports entre les individus; que les intérêts nationaux ne sont qu'une collection d'intérêts particuliers, et on ne pourrait pas trouver une meilleure façon d'en user avec les peuples que celle qui réussit si bien avec les individus. Je trouve, d'ailleurs, qu'il est nécessaire d'instituer un tribunal arbitral. Quand vous en viendrez à ce point (je parle maintenant

aux diplomates) d être forcés de reconnaître que vous êtes impuissants à concilier tel litige, nous vous sommerons de le déférer à des arbitres; et si vous, que nous payons si bien, que nous rémunérons si largement de vos peines, — je parle au nom du peuple, — vous nous dites alors que vous ne trouvez pas dans le monde des gens capables de remplir une telle tâche; si vous prétendez ne pas pouvoir trouver un Humboldt en Allemagne, un Bancroft en Amérique, ou un Lamartine en France, capables de résoudre un démêlé qui roule le plus souvent sur une question d'étiquette, ou sur la solde de quelques milliers de livres ; enfin, si vous vous déclarez incapables de régler une pareille affaire sans en appeler à nous ou réunir quelque congrès, je vous dirai de faire place à d'autres diplomates plus en état que vous de conduire les affaires du monde d'une façon virile.

Je vous parlerai maintenant. Messieurs, des moyens d'atteindre notre but, c'est-à-dire de forcer nos gouvernements à adopter ce principe, et je m'adresse spécialement auxAnglaiset aux Américains, parce qu'ils savent déjà par expérience comment on agit sur son gouvernement et sur ceux d'autres pays. Qu'on me trouve en Amérique ou en Angleterre quelques hommes résolus et persévérants, capables non seulement d'êtres fidèles à un principe, mais aussi d'en démontrer la justice aux autres, et je leur dirai de quelle manière ils peuvent forcer leurs gouvernements à mettre ce principe à exécution.

Quand il se présente devant vous, pour expliquer

comment il s'est engagé dans un litige qui a finalement abouti à un blocus ou à quelque autre acte militaire, demandez lui compte des conséquences de ce recours à la force brutale, de ce que l'affaire ne s'est point arrangée à l'amiable. Si votre gouvernement a eu contestation avec un plus faible que lui-même et qui avait demandé l'arbitrage, précisément parce que, se sentant le moins fort, il avait plus besoin de la raison et de la justice ; si votre gouvernement, qu'il soit américain ou anglais, a bloqué par exemple les côtes du Portugal ou celles de la Grèce, oh ! c'est alors qu'il faut faire sentir tout le poids de votre déplaisir à ce gouvernement : et quant à ces diplomates, éloignez- les en expiation de leurs errements. Voilà le système que, pour mon compte, je suis prêt à employer dans mon pays. J'adjure les citoyens américains d'en faire autant ; et je me permets de leur dire que, s'ils font leur devoir à cet égard, ils ne verront pas envoyer en Portugal quinze navires de guerre pour réclamer le paiement d'une dette de six cents livres.

Voilà pour le passé ; un mot pour l'avenir. Je saisis cette occasion de m'adresser à nos ennemis, comme on peut les appeler, en tant du moins qu'il s'agit de l'esprit guerrier. On dit que nous sommes des utopistes ; mais j'ai remarqué que, depuis douze mois, Fopinion.publique a fait beaucoup de progrès dans ce sens, dans une circonstance où nos ministres avaient fait fausse route en refusant l'arbitrage d'un tiers et en faisant sentir notre force à plus faible que nous.

J'ai vu, il est vrai, venir à leur secours un parti chez qui la force de l'habitude l'emporte sur la raison ; mais

j'ai pu constater en même temps et avec une satisfaction infinie qu'un autre parti, mû par un sentiment de justice, et croyant à la naissance d'un nouvel esprit en Angleterre, se prononçait pour le fonctionnement d'un jury international, composé mi-partie d'étrangers, mipartie d'Anglais, de telle façon que de pareils cas ne fussent pas jugés d'avance et que nous ne nous arrogeassions point le droit d'abuser de notre force contre la faiblesse d'autrui.

Ce parti a posé la question tant dans lahaute chambre que dans celle des communes ; et je dis qu'en tout cas le devoir des Anglais est de proclamer le principe d'arbitrage et d'en donner le premier exemple, que les autres pays l'adoptent ou non.

Peut-on trouver mieux? Y a-t-il dans cette enceinte quelqu'un qui préfère la guerre à l'arbitrage ? S'il n'y a personne, substituons donc la justice à la guerre ; et si nos gouvernants, je le répète, ne veulent pas agir dans ce même sens, répudions-les, renvoyons-les.

J'ai dit qu'il y avait progrès en Angleterre, mais je dois dire que j'ai encore constaté des progrès depuis que je fais partie de cette assemblée.

Parmi l'assistance d'aujourd'hui, se trouve un étranger de haute distinction, que je ne m'attendais guère à apercevoir dans une réunion en faveur de la paix. Mais cela prouve que nos principes gagnent du terrain, môme parmi les chefs du régime militaire. Au dernier grand meeting où j'assistais en Angleterre, je me trouvais à côté du général Klapka, et à présent je me trouve dans la compagnie du général Haynau. Certes, quand

on voit venir aux meetings et aux congrès de la paix ces deux généraux qui récemment se combattaient Fun l'autre, on commence à ne pas douter que le monde ouvre les yeux à la justice de notre principe. En se rendant aux réunions des amis de la paiX;, ces deux grands généraux, vainqueurs ou vaincus, semblent montrer qu'ils ne sont pas entièrement certains de la justice de leur cause. Il paraît peu probable qu'un de nos partisans de la paix rende jamais visite au général Haynau dans son camp. Je ne voudrais rien dire qui pût détourner les hommes distingués qui sont à la tête de nos adversaires, puisque nous sommes obligés de les nommer ainsi, de la bonne pensée de suivre le nouveau courant de l'opinion ; mais j'avoue que les généraux Haynau et Klapka sont les derniers que j'aurais espéré convertir. Je prends leur présence comme un signe de progrès, de ce progrès qui est assuré quand il se fonde sur les principes posés dans notre séance d'aujourd'hui, et qui reposent eux-mêmes sur les intérêts communs de tout le genre humain. En remontant le Rhin pour venir ici, j'ai vu ce que vous connaissez tous : là où les deux grandes rivières mêlent leurs flots, les eaux bourbeuses de l'une tombent dans le limpide azur de l'autre, sans perdre instantanément leur caractère distinctif. Ce spectacle me fit songer aux progrès du principe de la paix. Quoique les diverses nations d'Europe diffèrent de religion et delangue, de coutumes et d'instincts, cependant elles n'en ont pas moins comme ces deux rivières une seule origine, une destinée commune' et un créateur commun. Elles tendent donc à une même fin; elles iront

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un jour vers un père commun dans FOcéan d'une même éternité. Oui, il est certain que leur destinée finale est de se réunir, de se confondre en un courant commun, et de se présenter au monde comme un seul et même corps.

Lettre de Richard Cobden adressée au chevalier de Bunsen.

Midhurst, 3 octobre 1850.

Cher Monsieur,

Me voilà avec ma famille dans une ferme bien solitaire, à dix milles du chemin de fer. Malgré mon intention de ne pas retourner à Londres avant quelques semaines, si cependant je pouvais penser que ma présence dans cette ville pût empêcher un seul coup de fusil dans le Sleswig, je m'y rendrais pieds nus. Mais il me semble que tout ce que j'ai à dire peut s'exprimer par lettre aussi bien que de vive voix. Si vous pouvez décider notre ami M. Gurney à se joindre ostensiblement et publiquement aux démarches que M. Sturge et ses collègues ont déjà tentées dans l'affaire du Sleswig-Holstein; si, par exemple, vous pouvez lui persuader de déclarer que, les partisans du Sleswig-Holstein se disant prêts à accepter un arbitrage, la responsabilité de tout le sang versé et de

tout le préjudice causé au commerce retomberait sur les Danois, s'ils déclinaient cette offre, ce serait le moyen le plus efficace de couper court aux railleries du Times. Ce journal voudrait être regardé comme l'organe de la classe riche, et M. Gurney est le chef de cette classe. Aussi le Times ne manquerait pas de traiter avec respect toute opinion émanant de lui. Pourriez-vous lui demander d'envoyer au Times une lettre courte mais ferme, où il approuverait la démarche faite par M. Sturge et ses amis, et qui rejetterait sur les Danois la responsabilité de nouvelles hostilités?

Je suis très flatté et honoré par l'expression bienveillante de votre approbation de mes discours à Francfort. Quant à notre gouvernement, vous savez que je n'ai pas une grande confiance en lord Palmerston ; mais il tâchera d'avoir l'air d'agir dans le sens populaire, et l'opinion de Gurney ne serait pas sans une certaine influence sur lui.

Je suis votre tout dévoué.

p. S. — Au lieu de référer l'affaire en litige aux juges anglais, je proposerais, comme tribunal plus compétent, la Cour suprême des Etats-Unis. C'est la cour d'appel pour les souverainetés indépendantes des Etats de l'Union, d'autant plus que les Etats-Unis se trouvent séparés, heureusement pour eux-mêmes, de notre système européen. Il n'y a pas chez eux de quoi exciter la jalousie ou la méfiance des gouvernements de l'Europe.

Discours de M. Cobden prononcé à la conférence de l'Association des écoles publiques à, Manchester.

30 octobre 1850.

Je ne me propose pas en ce moment de faire un discours sur le sujet général de Féducation nationale; mais je voudrais voir d'abord s'il est possible d'arriver à la solution de cette question de l'emploi du terme « laïque. » Comme j'ai introduit ce sujet sans en avoir conféré avec personne; et sans aucune idée qui pût entraîner une longue controverse, je peux dire franchement qu'en proposant le changement de mot, je n'ai eu ni arrièrepensée ni dessein caché. Je n'avais nullement l'intention d'un changement dans les visées de Vassocialion. Il ne s'agit que du changement d'un mot; parce que je crois que l'emploi du mot laïque était fait pour nous mettre en antagonisme sérieux avec l'enseignement religieux, tandis que nous voulons demeurer neutres et passifs dans le débat de cette question. Je propose donc que le mot public soit substitué au mot laïque. Cela comprend tout le monde : les membres des diverses sectes, et ceux qui n'appartiennent à aucune. Du moment que le terme s'appliquera à un public en général, tous se trouveront sur un terrain commun. Si vous voulez bien accepter maintenant mon désaveu de toute intention

de changer le but 'de Fassociation, il n y aura pas désaccord quant au mot. Je ne veux pas, je Fai déjà dit, entrer ici dans une discussion générale de l'éducation nationale. On a cité à ce sujet mon nom avec éloge dans la Chambre des communes; c'était plutôt faire une injustice à un honorable membre qui avait déjà pris en main la question.

Je ne sais pas si M. Fox s'est placé exactement sur le même terrain que cette association elle-même; mais je puis bien affirmer que, pendant la dernière session, il posa la question de Féducation avec autant d'habilité que de modération et de tact. La permission une fois obtenue d'introduire son bill, son premier discours sur le sujet fut prononcé d'un ton si conciliant, et il fut si bien accueilli que je crus presque un moment à un succès immédiat. Tout le monde semblait d'accord pour faire l'éloge de la manière dont il avait traité le sujet; mais, à mon grand étonnement, il y eut, à la seconde lecture du bill, une explosion tout à fait accablante de fanatisme et de bigoterie affectés : je m'exprime ainsi parce que je crois, en conscience, que ce ne pouvait être sincère. On nous accabla d'une vraie grêle d'épithètes, telles que celle d'infidèles, et autres qualifications malsonnantes, tout ce que l'on peut appliquer à des hommes qui poursuivent une grande et bienfaisante réforme. J'avais peine à croire que cela se passât dans cette même Chambre et dans le même milieu où j'avais entendu le premier discours de M. Fox demandant l'autorisation d'introduire son

bill. Mais il ne faut pas supposer que, si quelque

autre eût proposé une mesure semblable, il eût eu plus de succès que M. Fox. Quand une question importante ou nouvelle est posée devant la Chambre des communes, c'est une tactique habituelle de l'accueillir par des rires ou des expressions méprisantes, ce qu'ils croient pouvoir remplacer les arguments. Je n'ai pas besoin de vous dire, a vous qui avez pour la plupart l'expérience des affaires publiques, que la seule manière de soulever cette question à la Chambre des communes est de vous en charger, comme vous en avez l'intention. Si vous vous réunissez en différentes parties du pays et formez deux ou trois cents associations en rapport avec celle de Manchester, et si vous vous y appli- * quez avec fermeté et par une organisation systématique pendant une année ou deux, — car cela ne peut se faire à la hâte, — vous verrez l'affaire se traiter d'une tout autre façon dans la Chambre des communes. Elle se hâtera de répondre aux vœux du dehors et aux convictions de l'opinion publique. Sur ce terrain nous avons, ce me semble, avantage à presser et à agiter la question, avant toute autre, parce que personne ne contesterait son importance et n'oserait dire que l'éducation est une mauvaise chose. Personne ne le dirait; mais on peut se rappeler l'époque où bien des gens le disaient et n'hésitaient pas à l'avouer. Aujourd'hui, on reconnaît que l'éducation est un bien. Il n'y a guère personne qui osât dire que nous en avons assez, et avec de telles personnes, je le dis une fois pour toutes, je ne consentirais point à discuter. Si quelqu'un m'apportait des statistiques pour montrer que nous sommes un peuple ins-

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