‹ Richard Cobden, notes sur ses voyages, correspondances et souvenirs. Avec une préf. de M.G. De MolinareChapitre 7 sur 30 · PRÉFACE. XI · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XI

les inventeurs, et elles ne se priveront pas du spectacle merveilleux des expositions universelles. Le commerce international ne cessera point de croître, et, à mesure qu'il croîtra, les douanes deviendront de plus en plus gênantes et insupportables : un jour arrivera, et ce jour n'est peut-être pas aussi éloigné qu'on le suppose, où elles iront rejoindre tant d'autres institutions vieillies et surannées : l'esclavage et le servage, la torture et la guerre elle-même.

La guerre n'est-elle pas, en effet, autant que le régime prohibitif, en contradiction avec tous les progrès matériels et moraux qui ont constitué la société moderne? N'est-elle pas en opposition avec le progrès de l'industrie et le développement des relations internationales? Quand la richesse ne pouvait s'acquérir qu'à grand' peine, à cause de l'imperfection de l'outillage de la production ; quand l'homme lui-même, réduit à la condition d'esclave ou de serf, exécutait la plupart des travaux inférieurs qui sont maintenant dévolus aux machines, on conçoit que la guerre fût considérée comme la plus profitable des industries :• les vainqueurs confisquaient non seulement les biens des vaincus, mais .encore les vaincus eux-mêmes, et ils les faisaient travailler à leur place. La guerre couvrait alors ses frais. Elle a cessé de les couvrir aujourd'hui. Tandis que le matériel qu'elle met en œuvre est devenu de plus en plus coûteux, elle ne rapporte aux vainqueurs qu'une contribution toujours insuffisante pour compenser, avec leurs dépenses en hommes et en capitaux, le dommage qu'elle a causé à toutes les branches du travail et la démoralisation qu'elle a produite. L'Angleterre ne s'est-elle pas trouvée plus

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