‹ Richard Darlington; drame en trois actes et huit tableaux, et en proseChapitre 112 sur 135 · ACTE III, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IV

votre générosité. Mais ne comprenez-vous pas que j'ai un secret, un secret humiliant à vous révéler, et que je tarde... {Une pause.) J'ai un fils, sir Richard, et ma fortune lui appartient.

RICHARD

Vous!

LADY WILMOR.

Oui, l'enfant d'une faute, et trois personnes, vous compris, vous connaissez seuls l'existence de ce malheureux enfant!

RICHARD

Etlord Wilnior?

LADY WILMOR.

L'a toujours ignorée ; quelques mois après notre mariage, il reçut sa commission de gouverneur dans l'Inde, d'où je ne suis revenue qu'après sa mort.

RICHARD

Eh bien! milady...

LADY WILMOR.

Eh bien ! à peine le pied sur le sol d'Angleterre, redevenue propriétaire de mes biens , j'ai songé au pauvre abandonné. Déshérité des caresses de sa mère, qu'il trouve sa fortune du moins, car cet enfant me maudit peut-être... Moi, moi je l'ai toujours aimé comme une mère, c'est-à-dire d'un amour de toutes les heures et de tous les instants. Mon enfant, mon fils, croyez-vous qu'il me pardonne?

RICHARD

En vous retrouvant, en vous serrant dans ses bras, il oubliera tout.

Oh! voilà ce qui fait mon malheur, c'est que je ne puis le revoir , c'est que je suis condamnée à ne

jamais le presser sur mon cœur, le cœur d'une mère pourtant.

RICHARD

Et pourquoi cela? Pardon, madame, mais à moitié dans votre secret, j'ai peut-être le droit de connaître le reste.

LADY WILMOR.

Jamais je ne reverrai mon fils.

RICHARD

Pourquoi ?

LADY WILMOR.

Il voudrait connaître son père, son père que je ne puis nommer ; comprenez-vous, un fils qui me demanderait le nom de son père, et auquel il me serait défendu de le dire?

RICHARD

Oui , alors vous avez raison , mieux vaut qu'il ignore.

LADY WILMOR.

El qu'à ma mort seule, en recueillant ma fortune, il sache mon secret. Oui, voilà ce que je me suis dit, mais... mais dïci là, il peut être malheureux, dans le besoin, appelant et maudissant sa mère. Oh ! ne voyez-vous pas ce que je venais vous demander encore?

Si, madame, de remplacer pour lui ce qu'il a perdu, n'est-ce pas? Est-il plus jeune que moi? il sera mon fils, milad}-. Est-il de mon âge? il sera mon frère.

LADY WILMOR.

Je ne m'étais donc pas trompée ! Oh ! vous avez donc toutes les vertus? Oh! laissez-moi embrasser vos genoux.

RICHARD

Madame...

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