ACTE m, SCENE Xnr
JENNY
Et moi, donc !
MAWBRAY.
Carj'éluis fier de ses succès, car je lui eusse caché ce secret qui met un abime entre lui et l'avenir, avec autant de mystère que, s'il m'y force, je mettrai de publicité à le lui apprendre. Alors, Jenny, j'espère (|ue luimême s'éloignera de ces affaires politiquesqui l'éloignent de vous; alors, Jenny, il faudra lui épargner tous reproches, car il sera à son tour plus malheureux que vous ne l'avez jamais été.
JENNY
Oh ! s'il en est ainsi, alors gardez ce secret, et que je sois seule malheureuse !
Impossible, Jenny ; car vous ne savez pas tout, car votre sort à vous n'est point le seul menacé. Richard est sur le point de devenir aussi mauvais citoyen qu'il a été mauvais époux : car l'influence qu'il a eue sur votre destinée, il peut l'avoir sur la destinée de l'Angleterre.
JENNY
El ce secret, ce mot que vous lui direz?...
MAWBRAY.
Ce mot que Richard seul entendra, ce secret qui restera entre lui et moi changera tout, Jenny, le ramènera à vos pieds, trop heureux de votre amour; Jenny, vous allez rester ici.
JINNV.
Seule ?
MAWBRAY.
En passant par le village je vous enverrai Rclly.
JF.NNV.
El où allez -vous?
M.UVBRAY.
A Londres.
JESNY.
Trouver Richard ?
MAWBRAY.
Il faut que je le voie avant demain.
JEXNT.
Demain serait donc trop tard ?
MAWBRAY.
Peut-être.
ÏENNY.
C'est celte nuit, cette obscurité qui m'épouvante!...
MAWBRAY.
Enfant, qu'avez-vous à craindre?
JESNY.
Rien, je le sais.
MAW^BRAY.
N'avez-vous pas habité un an celte maison?
JENSY.
Oui, oui.
MAWBRAY.
Dans une heure Betty sera ici.
JENNY
Je me recommande à vous, ne l'oubliez pas.
MAWBRAY.
INou, mon enfant; adieu.
JENNY
Adieu, Mawbray, adieu, mon protecteur, mon père; vous aimerai-je jamais assez, vous qui m'aimez tant! ^dieu. Enfermez -moi; adieu encore ! Oh ! mon Dieu! mon Dieu !
MAWBRAY.
Tu pleures '