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SCIENCE DIVINE

ni de son intelligence ni de son essence. La raison a priori de sa parfaite science est sa parfaite spiritualité (I Sent., d. XXXV, 4.1,q. 1 ; p. 300). La connaissance en Dieu n’est pas une passion, puisque savoir et être s’identifient en lui (Zbid., q. 2, ad 2M et 3%; p. 301, c. 1), et par conséquent elle est toujours en acte {Ibid., q. 7; p. 306).

Dieu se connaît lui-même (/bid., q. 2; p. 300), et il connaît ce qui est en dehors de lui, et le motif en est que son essence représente les créatures : il connaît donc ce qui est en dehors de lui, mais par ce qu’il est lui-même :

« Cognoscit aliud a se quamvis non per aliud a se, quia per essentiam cognoscit creaturam 1. »

La connaissance de Dieu est certaine, parfaite, distincte {1 Sent., d. XXXV, a. r, q. 6; p. 305) : il connaît parfaitement l'universel et aussi bien le singulier dans sa singularité : car étant cause efficiente, finale et exemplaire, l’essence divine doit représenter l'être avec toutes ses modalités (Quodl. I, q. 1 p. 1. — Ï Sent., d. XXXVI, a. 1, q. 1; p. 309).

La science de Dieu se distingue en science approbative et en science de simple connaissance : la première se porte sur le bien, la seconde a pour objet le mal. Car Dieu connaît le mal; non pas que le mal ait une représentation idéale en Dieu, mais Dieu connaît le mal par l’idée de bien qu’il porte en lui-même : {1 Sent., d. XXXVI, a. 1, q. 2; p. 210). Elle se divise aussi en science spéculative et science pratique (Quodl. II, q. 1 p. 31. — I Sent., d. XXXV, a. 1, q. 5; p. 304); en science de simple intelligence par laquelle il connaît les possibles, et en science de vision qui a pour objet les futurs absolus (I Sent. d. XXXVI, a. 2, q. 5; p. 316, c. 2).

Dieu connaît les créatures par l’idée, en entendant par idée la représentation intelligible des choses dans l’intelligence :

«Ideo Deus per seipsum tanquam per causam cognoscit creaturas

quia eo ipso quod est summa et sufficiens causa omnium creaturarum, sunt in ipso earum ideae per quas relucent in ipso . »

TI Sent., d. XXXV, a. 1, q. 3: p. 301, c. 2.

+1 Sent., d. XXXVI, a. 2,q.1;p. 312.

En Dieu il y a plusieurs idées, mais leur distinction n’est qu'une distinction de raison !, et elles sont éternelles (I Sent., d. XXXV, a. 2, q. 3; p. 314).

En Dieu les simples possibles n’ont pas d’idées, car lorsqu'il s’agit de Dieu, l’idée ne signifie pas seulement un rapport à la connaissance, mais aussi à la réalisation. Dieu cependant les connaît. Il possède les idées des singuliers bons; mais du mal Dieu n’a ni idée spécifique ni idée singulière (Zb1d., q. 4; P. 315). Dieu possède-t-il les idées en nombre infini? Oui, car Dieu connaît tous les futurs et ceux-ci sont en nombre infini, à preuve les pensées qui se succéderont sans fin dans les intelligences (/bid., q. 5; p. 317).

Dieu connaît le futur aussi bien que le présent et le passé (I Sent., d. XX XVIII, à. 1, q. 1): la connaissance des futurs

* se nomme prescience. Celle-ci pose des problèmes délicats dont le principal est la conciliation de la prescience et de la contingence. Assurément ce que Dieu a prévu arrivera infailliblement’; mais cette prévision infaillible ne détruit pas la contingence des événements futurs, car la connexion nécessaire qui existe entre la prévision certaine et la futurition absolue est, non

‘ pas une nécessité antécédente, mais une simple nécessité cunséquente, qui n’enlève rien à la contingence des effets prévus. En effet ce qui maintenant est futur, et ohjet de la prescience divine, aurait pu ne pas l’être : et par conséquent il n’est pas contradictoire de parler de la prévision infaillible d’une chose qui aurait pu ne pas arriver. L'âme de l’Antechrist aurait pu ne pas exister: mais dans ce cas elle n'aurait pas été prévue.

« Duplex est necessitas, una praecedens quae facit rem esse et una consequens quae nihil cogit esse. Loquendo de prima necessitate non est verum quod omnia futura de necessitate evenient : sed loquendo de necessitate secunda, omnia futura de necessitate evenient, quia illa necessitas non plus dicit nisi necessariam consequentiam eventus rei

ad suam futuritionem et Dei praescientiam.. Possibile est, ut aliqua futura nunquam fuerint futura et ita possibile est ut nunquam fuennt

! Nous en avons parlé à propos de l’illumination de l'intelligence, p. 152-159.

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