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CAUSE DE LA PRÉDESTINATION

l'objet de cet acte ést contingent; car Dieu aurait pu ne pas vouloir le salut final de celui qui est actuellement prédestiné. Donc, si in sensu composito il est impossible que celui qui est prédestiné n’atteigne pas le salut, i#7 sensu diviso il est possible que celui qui est prédestiné, n'ait pas été prédestiné (Quodl. II, q. 6; p. 42, c. 2. — I Sent., d. XL, à. 2, q.2; p. 357, c. 1). L’infaillibilité de la prédestination se concilie avec la liberté de la même façon que l’infaillibilité de la prescience avec la contingence (I Sent., 1bid., ad 6; p. 358).

La réprobation se définit : à

«Est enim reprobatio praescientia futurae damnationis quorumdam quos poena non terminanda damnare proposuit propter eorum iniquitatem finalem !, »

Le concept de réprobation n’est pas entièrement parallèle à celui de prédestination (1 Sent., d. XL, a. 3, q. 1, ad 1%); en effet dans la prédestination est inclus le propos de Dieu de conférer la grâce finale et la gloire à celui qui est prédestiné : la réprobation suppose aussi une détermination de la volonté divine, celle de permettre l’endurcissement final du réprouvé et de le punir éternellement pour son iniquité (1 Sezt., d. XLI, a. 2, q. 2; p. 356, c. 1). On le voit donc clairement, Richard n’admet pas la réprobation positive, mais seulement la réprobation négative. La prédestination et la réprobation sont les deux espèces de la Providence surnaturelle qui se définit :

La

« Praescientia practica respectu futurorum in quantum sunt a praesciente in finem ordinabilia : unde est respectu futorurum bonorum principaliter et respectu futurorum malorum propter bona à. »

Les mérites, ou pour mieux dire la prévision des mérites est-elle la cause de la prédestination ? Après avoir rejeté l’hérésie pélagienne et avoir noté que non seulement la collation de la grâce, mais le bon usage lui-même de la grâce est un effet de la prédestination, notre docteur répond : il y a entre la prévision : des : mérites et la prédestination À la gloire une antériorité

LI Sent., d. XL, a. 3, q. 1; p. 359, c. 2.

21 Sent., d. XLI, a. 2, q. 2; p. 364, c. 2.

réciproque; dans l’ordre de la finalité, la gloire est la cause de la grâce; dans l’ordre du mérite la grâce est la cause de la gloire. Dans une question si délicate, 1l est dangereux de presser les mots, et facilement en traduisant, on déforme la pensée de l’auteur. Voici son texte :

« Si consideremus effectum praedestinationis in particulari, praescientia unius effectus bene est ratio quare Deus praeordinavit se daturum salvando alium effectum : ut, quia praescivit se daturum aliquibus finalem gratiam, ordinavit se daturum interminabilem gloriam, et e converso : secundum quod gloria est causa gratiae secundum rationem causae finalis, et gratia causa gloriae secundum rationem meritoriae Causae, »

Si l’on considère la prédestination totale, c’est à dire celle qui comprend à la fois la prédestination à toute la série de grâces et à la gloire, cette prédestination totale est indépendante de ‘la prévision des mérites : car dans cette série est comprise même la prédestination à la première grâce, laquelle est nécessaire au mérite !.

Mais y a-t-il une cause de cette prédestination totale ; et quelle est-elle? En d’autres termes, quelle est en Dieu la raison pour laquelle il prédestine les uns et ne prédestine pas les autres ?

Pour bien préciser le point de la controverse, saint Bonaventure comme saint Thomas fait remarquer qu’il ne peut être question de rechercher la raison de l’acte ou de la volition divine elle-même, mais seulement d’assigner le rapport entre l’objet de cette volition et la volonté de Dieu : «Quantum ad ordinationem voliti ad eius voluntatem.» Et encore, rechercher une raison causale ou nécessitante est un pur non-sens. Tout au plus peut-on assigner une raison de convenance ?. Richard ne parle pas autrement (I Sent., d. XLI, a. 2, q.2, ad 2"; p. 368). Quelle est donc cette raison ? |

Richard n’ose pas se prononcer et se contente de proposer le choix entre trois opinions qu’il discute brièvement. D’après la première, on peut assigner une raison de convenance à la

11 Sent., d. XLI, a. 2, q. 1; p. 365-366.

3 BONAVENTURA, I Sent., d. XLI, a. 1, q. 2; p. 732; S. THOMAS, Summa, pars I, q. XXIII, a. 5.

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