‹ Richard de Middleton, sa vie, ses œuvres, sa doctrineChapitre 120 sur 228 · AUGMENTATION DE LA GRÂCE · texte numérisé non relu

AUGMENTATION DE LA GRÂCE

a. 2, q. 1; p. 163). Cette augmentation peut-elle être méritée de condigno par le juste ? Richard ne se prononce pas (II Sent., d. XX VII, a. 2, q. 2; p. 351); mais, selon lui, par la grâce sanctifiante, la vie éternelle peut être méritée de condigno (Ibid., q.3; p. 352). La charité, elle, — et sans doute devons-nous en dire autant de la grâce, puisque, selon Richard, elles sont une même réalité, — ne s’augmente pas par chaque acte bon « secundum communiorem opinionem ». En effet la charité ne grandit que par la création d’un nouveau degré de charité : or, Dieu n’ajoute ce nouveau degré que si nous nous y sommes disposés soit par un acte de charité aussi intense qu’il nous est possible, soit par la multiplication d’actes de charité, dont la somme soit équivalente à cet acte d'intensité parfaite (I Sent., d. XVII, a. 2, q. 3; p. 165). Cependant cette augmentation n’est pas illimitée : car d’une part, la capacité de chaque âme est limitée et d’autre part, l’âme du Christ a reçu un degré de charité remplissant complètement sa capacité propre et qu’il n’est pas possible de dépasser (Zbid., q. 4; p. 166). La charité peut être détruite par le péché mortel, mais en fait, jamais elle ne diminue :

« Nunquam minuitur, quantum ad eius essentiam, quamvis frequen-

ter minuatur quantum ad fervorem et quantum ad suam in anima radicationem 1, »

TI Sent., d. XVII, a. 2, q. 5; p. 167.

Page 1