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CHAPITRE IV

LA CHRISTOLOGIE

SOMMAIRE. — I. L incarnation : l’union hypostatique. Double filiation et double existence. — II. La nature humaine du Christ, Son impeccabilité, la grâce. Sa science de vision; sa science infuse et expérimentale. Sa puissance. Les imperfections et les passions. Le mérite. — II]. La rédemption : le rachat. Les raisons de convenance de la rédemption. La médiation et la satisfaction. Nécessité de la mort du Christ. — IV. L'Église : unité et universalité. Les membres de l’Église. Le Christ, chef de l’Église. — V. Mariologie.

Le troisième livre des Sentences est consacré à la christologie et à la théorie des vertus. Dans sa doctrine christologique, Richard expose les théories reçues de son temps, sans y mêler les vues originales que présentera plus tard Scot 1.

Avec saint Thomas et abandonnant une thèse chère à l’école franciscaine, Richard croit qu’il est plus conforme aux autorités des saints Pères, de dire que, sans le péché, l’incarnation n’eñt pas eu lieu (III Sent., d. I, a. 1, q. 4; p. 12).

La personne du Fils de Dieu étant acte pur, tout mode d’union entraînant un changement ou un devenir dans la personne, doit être rigoureusement exclu : donc seule l’union hypostatique, c’est à dire l’union de deux natures en une seule hypostase, est possible (III Sent., d. I, a. 1,q. 1; p. 4).

Richard, avec tous les scolastiques, admet la définition classique de la personne : « Persona est rationalis naturae individua substantia »; ou encore : « Est intellectualis naturae incommunica-

1 SEEBERG, Scotus, p. 21.

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