‹ Richard de Middleton, sa vie, ses œuvres, sa doctrineChapitre 122 sur 228 · UNION HYPOSTATIQUE · texte numérisé non relu

UNION HYPOSTATIQUE

bilis existentia !.» L'idée de suppositum ajoute à l’idée de nature la notion d’exister en soi et par soi: « Suppositum ultra naturam dicit rationem in se et per se existendi »; or, exister en soi et par soi ne convient pas à la nature par elle-même, mais est l’effet de la cause première. D'’autre part, hypostase et suppôt ne diffèrent que selon la raison :

« Hypostasis est res in se existens, habens se ad proprietatem essen-

tialem sicut suppositum ad naturam. Unde hypostasis et suppositum sola ratione differre videntur ?. »

Ceci posé, la possibilité de l’union hypostatique s’explique par ce fait que Dieu peut maintenir une nature dans l'existence, sans lui accorder cependant d’exister en elle-même: car une nature n’existe que par l’influence de la cause première; exister en soi dépend donc de cette libre influence. Dieu peut aussi bien donner à une nature d'exister in ahio, qu’il peut lui donner d’exister en soi :

« Nulla creata substantia in seipsa potest existere nisi praesupposita influentia causae primae. Et quia influentia causae primae est voluntaria, sicut potest adesse ad hoc ut substantia maneat et non operetur, ita potest adesse ad hoc ut existat, non tamen ad hoc ut existat in seipsa. Et sic dico quod adest naturae humanae in Christo, unde nun- ‘quam innixa est in existendo sibi ipsi, cui Deus per suam omnipotentiam dedit existere in Filio, ut in supposito $. »

Par conséquent il n’y a pas lieu de parler ici de composition :

« Ex persona divina et humana natura sibi unita, nullum tertium -constitutum est, et ideo illa unio non est compositio #. »

On ne peut parler non plus de changement en Dieu, tout le changement est dans la nature humaine (III Sent., d.I, a. x, -q. 1, ad 1).

C’est précisément parce que l'union s’est faite in persona, c'est à dire non pas immédiatement ratione essentiae, mais, vatione proprietatis relativae, qu’il fut possible qu’une seule

1T Sent., d. XXV, a. 1, q. 2; p. 227.

2 III Sent., d. VL, a. 1, q. 1; p. 58.

III Sent., d. I, a. 1, q. 1; p. 5.

III Sent., ibid., ad 4; p. s.

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personne divine s’incarnât à l’exclusion des autres (Zbi,, q. 2; p. 6).

Il est faux donc de dire que le Verbe s’est uni une personne

humaine (III Sent., d. V, a. 2, q. 2; p. 50), ou même un homrame: « Quia aliquis homo dicit suppositum naturae humanae »; oxx dbit donc rejeter cette expression : « {lle homo qui est Christus, fuit assumptus a persona Filii Dei » (III Sent., d. VI, a.1,q.2;p- 59); mais le Fils de Dieu a pris une nature humaine individuelle (II Sent., d. II, a. 1, q. 2; p. 17), dans son intégrité complète (II Sent., d. II, a. 1, q. 1; p. 16), nature cependant ne possédant ni suppôt ni personnalité :

« Ratio quare natura humana Iesu Christi nunquam fuit person est quia nunquam fuit existens in seipsa 1.»

Aussi faut-il conclure que l'union de l’âme et du corps; par elle la constitution du composé humain, ainsi que 8 union de ce composé avec la personne divine, se sont opérées mir? culeusement par la vertu du Saint-Esprit, à l'instant méme d° la conception de la chair du Sauveur (III Sent., d.II,a. æ » 4; P. 23).

Autre conséquence : dans le Christ il n’y a qu’un sup Æ ©t °° sujet (III Sent., d. VI, a. 1, q. 1; p. 58) et la personne du a hist ne souffre aucune composition (/bid., a. 2, q. 3; p. 63).

Dans le Christ peut-on distinguer deux filiations ? Sant Bonaventure, comme saint Thomas, tout en reconn == 1552" qu’il y a deux naissances, l’une éternelle, l’autre temp <* ce refusaient d'admettre qu’il y eût deux filiations réelles ass | Christ. Richard connaît cette opinion et la discute, et «= <PT dant il préfère professer, dans le Christ, deux filiations —aÆels, bien qu’on ne puisse dire qu’il y a deux fils (Quodl. I, <<: s. p. 8. — III Sent, d. VIII, a. 2, q. 2; p. 80). Cette opin£ «7 *” Richard sera reprise par Scot ?.

YŸ a-t-il deux esse dans le Christ? Oui, dans ce sens g ®# ie a deux natures réellement existantes; il faut donc affirmer” < de esse essentiae. Même dans un certain sens, on doit parl +

À JIT Sent., d. V, a. 2, q. 2; p. 59.

2 Mincess, Skotishisches, p. 282-284.

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