‹ Richard de Middleton, sa vie, ses œuvres, sa doctrineChapitre 123 sur 228 · NATURE HUMAINE · texte numérisé non relu

NATURE HUMAINE

deux existences actuelles : « eo modo quo existere actualiter in se et existere in alio existenti in se, ponunt in numerum », car l’existence créée de la nature humaine est distincte réellement de l’existence incréée; maïs il n’y a qu’un «esse subsistentiae », c’est à dire un seul suppôt (Quodl. I, q. 3; p. 5. — III Sent., d. VI, a.2,q.2; p. 62). Quant à l’union hypostatique elle-même, elle est formellement une relation; réelle de la part de la nature humaine et partant créée, relation de raison de la part de la nature divine :

« Unio inter divinam naturam et humanam importat relationem unius naturae ad aliam. Îpsa autem relatio unionis existens in humana natura ad divinam relatio realis est, per mutationem ipsius naturae

humanae introducta, unde creatura est. Relatio autem unionis in divina natura ad humanam non est relatio nisi secundum rationem 1, »

La nature humaine de Notre-Seigneur est de même espèce que la nôtre : et par conséquent on peut dire qu’à ne considérer que son essence naturelle, l’âme de Jésus est moins noble que la nature angélique : mais elle la dépasse par la plénitude de sa grâce (II Sent., d. I, a. 5, q. 4; p. 27). D'autre part, se souvenant du décret de Tempier, condamnant la thèse que toutes les âmes sont égales, notre docteur soutient que l’âme du Sauveur, même considérée dans sa nature, est la plus noble des âmes possibles. La différence entre les âmes n’est peut-être pas à expliquer dans ce sens que les unes participent plus que d’autres de la nature spécifique, mais, en tout cas, elle consiste dans la perfection plus ou moins grande de leurs propriétés naturelles : « Non omnes animae sunt in naturalibus proprietatibus aequales » (II Sent., d. XVI, a. 1, q. 6. — Voir aussi ad 1m et 2M; p.211).

Le Christ est impeccable : contrairement à ce que soutiendra Scot, son impeccabilité, comme celle des bienheureux, n’est pas simplement extrinsèque, découlant d’une volonté de Dieu; avec saint Bonaventure et saint Thomas, Richard fonde l’impeccabilité sur la vision béatifique dont jouissait l’âme du Christ,

3 III Sent., d. V,a. 3, q. 1; p. 51.

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laquelle exclut la possibilité de pécher, et ensuite sur la pléra a tude de sa grâce : mais, pas plus que le Docteur Séraphique, xl ne mentionne la troisième raison de saint Thomas, qui déduit l’impeccabilité de l’union hypostatique elle-même (III «Sert, d. XII, a.2, q. 1; p.113). Bien plus l’âme du Christ rm avait même pas la puissance de pécher, mais seulement une mature semblable à notre nature capable de péché (Jbid., q.2; p- x x4).

L'âme du Sauveur fut ornée d’une grâce créée (III S'erit,

d. XIII, a. 1, q. 1; p. 118), finie dans son essence, infinie pa comparaison avec celle des autres hommes et par rapport à ses effets : le mérite du Christ, résultant de cette grâce, suffisait, en effet, à sauver une infinité d’hommes (/bid., q. 2; p- x 19); dès sa création, cette âme reçut une grâce parfaite et Con sommée (JZbid., q. 3; p. 120).

Depuis le premier moment de son existence, l’âme de YésuS jouit de la vision béatifique (III Sent., d. XIV, a. 1,q.1; > - x27) par l'effet du lumen gloriae (Ibid, q. 2; p. 128). Cep ndant Richard ne dénie pas toute probabilité à l'opinion, que sou send plus tard Scot, qu’absolument parlant, la vision béatifique= serait possible sans la présence du lumen gloriae, à cause de BE 72219 hypostatique (/bid., p. 129). Quoi qu'il en soit, cette vis Æ= C7 … fait sans l’intermédiaire d’une species creata. Richard za dei comme probable que le Verbe imprime dans l’âme une sim # aitude de son essence laquelle, concurremment avec sa présence, p> ư© qu la vision béatifique : opinion que rejettent saint Bonav == 22 1° et saint Thomas; mais ensuite il propose également la ca de ces docteurs (/bid., q. 3; p. 130). Cette vision cp 2 reste finie et par conséquent n’est pas une connaissance ED préhensive (/bid., q. 4; p. 132).

Dans le Verbe, l’âme de Jésus voit toutes les créæ

. : £bies présentes, passées et futures; mais non pas tous les pos

(lbid., a.2, q.1 et 3; p. 133-136). Une autre limitation est ex2°" admise par Richard : l’âme ne peut voir dans le Verbe Rs ° série infinie de déterminations successives l; car cette cos 22 7°

| — . afsnité 1 Le lecteur se rappelle que Richard admet la possibilité d’une 122 sn fieri, mais non in actu; d’où cette distinction.

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