‹ Richard de Middleton, sa vie, ses œuvres, sa doctrineChapitre 124 sur 228 · SCIENCE DU CHRIST · texte numérisé non relu

SCIENCE DU CHRIST

sance supposerait une intelligence infinie : par conséquent Jésus n’a pu connaître, à la fois, toutes les pensées qui se succéderont indéfiniment dans les anges et les hommes (III Sent., d. XIV, a. 2, q. 3; P. 136).

Outre cette vision dans le Verbe, l’âme du Christ connaît les êtres dans leur genre propre (Jbid., a. 3, q. 1; p. 139), et cette science elle la possède dès l’origine, car Dieu lui a donné les représentations intelligibles de tous les êtres présents, passés et futurs, sous la même limite dont il a été question pour la connaissance in Verbo (Ibid., q. 2; p. 140).

Cette seconde connaissance n’est pas superflue : car elle est un mode nouveau de connaître les êtres, et constitue une perfection accidentelle de l’intelligence (III Sent., d. XIV, a. 3, q- 1, ad 3"; p. 139). Dès lors, la science du Christ n’a pu se perfectionner ni dans le sens d’une compréhension plus claire des êtres, ni dans le sens d’une extension à un plus grand nombre d’objets, du moins s’il s’agit de créatures qui ne se succèdent pas indéfiniment les unes aux autres. Cependant Richard admet un triple perfectionnement : une extension de science par rapport à la série infinie des futurs successifs qu’il n’a pu connaître à la fois, mais qu’il connaîtra successivement d’une façon déterminée (Jbid., a. 3, q. 2; p. 140); ensuite un accroissement par rapport aux possibles : de même que Dieu peut réaliser des êtres qu’il ne fera jamais, ainsi l’âme du Christ pourrait connaître des choses qu’elle ne connaîtra jamais parce qu’elles ne se réaliseront pas (/Zbid., ad 2"); enfin un développement selon le mode de connaissance, car Jésus connut par expérience ce qu'il n’avait d’abord perçu que dans l'intuition des représentations innées (7bid.). Cependant cette connaissance expérimentale n’a pas produit dans son intelligence de nouvelles représentations mentales (species) : celles qu’il possédait par sa science infuse, sont restées ce qu’elles étaient (Zbid., ad 3m).

Richard admet donc, outre la science béatifique et la science infuse, une science expérimentale, mais moins nettement que saint Thomas; car il ne semble pas distinguer celle-ci de celle-là, sinon par un mode tout accidentel. Aussi déclare-t-il ailleurs

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que la science du Christ ne fut pas une science acquise ÇZid. q. 4; P. 143). Enfin sa science des choses «in proprio gæenere» est tellement parfaite qu’elle exclut le raisonnement erx tant

que source de savoir (/bid., a. 4, q. 3; p. 148) et qu’elleneæ pet être plus parfaite qu’elle n’est :

« Intelligit res in proprio genere, quantum, ex parte sua, intells gibiles sunt illo modo intelligendi; quia ita perfecte intelliguntur ab anima Christi, quod nullo modo in proprio genere possunt perfectius intelligi.

Tamen perfectius sunt intelligibiles in Verbo quam in proprio su genere !. »

Bien que n'étant pas toute-puissante (III Sent, d- XIV,

a. 5,q.1; p.150), l'âme du Christ possède cependant une puÿsance qui dépasse de loin celle de la nature laissée à elle- rmêmt: existant dans un suppôt divin, l’essence de l’âme doit avoir reçu de ce fait un accroissement de noblesse et de force CAbii., q.2;p.150). La puissance naturelle de faire des miracles ne lui appartient cependant pas, mais Jésus accomplissait ceu = — Ci en vertu de sa puissance divine; sinon, les miracles ? ne serai pas une preuve de sa divinité (/bid., q. 3; p. 151). Rich zærdni donc pas repris à son compte la belle théorie de saint Æ * 2 COM sur l”«instrumentum contunctum divinitatis », comme il = essor aussi de ce que Richard enseigne du pouvoir de sanctifz a ation. Jésus remet les péchés, par sa vertu divine : l’humanité =» "ape de causalité effective, mais seulement une causalité aa orile (IV Sent., d. V, a, 1, q. 1; p. 60).

Les imperfections communes, qui découlent immédiaæ “= ane de la nature humaine comme telle, Notre-Seigneur les a mc tées, mais non pas celles qui sont coupables ou qui disÆ . au péché, comme sont les inclinations au mal, la diffis até a faire le bien, ou l'ignorance; pas même les défauts persœ sk comme la maladie (II1 Sent., d. XV, a. 1, q. 3; p. 157 — Zi imperfections qu’il a prises, il les a prises librement € AE q- 45 p. 158).

1III Sent., d. XIV, a. 4, q. 4; p. 149.

ans 3 Richard parle en général du pouvoir des miracles très brièvemen € < III Sent., d. XXIII, a. 8, q. 1, ad 6%, p. 261; q. 3, p. 263.

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