L'ÉGLISE, ŒUVRE DU CHRIST
secundo apostolos, tertio doctores etc. :, personae ecclesiasticae sibi subministrant ad invicem. »
Voilà pourquoi l’apôtre appelle l’Église un corps, par comparaison aux corps vivants dont les membres sont reliés et dépendants entre eux et animés d’une même vie (III Sent. d. XIIL, à. 2, q. 1; p. 121).
L'Église est une :
« Ex omnibus personis pertinentibus ad corpus Christi mysticum constituta est una ecclesia. »
Ce mot d’Église, même si on considère celle-ci dans son unité, peut avoir un sens plus large ou plus étroit: il peut signifier l’universalité des fidèles de tout temps, ou se restreindre à des groupements moins étendus. Ainsi on distinguera l’Église triomphante, l’Église militante ou encore les églises particulières (Ibid., q. 2; p. 122).
Notre auteur ne donne pas une définition stricte de l’Église militante : on pourrait peut-être la déduire de ses affirmations, mais on risquerait de donner à sa pensée, en fonction de la polémique antiprotestante, une précision qu’elle n'avait pas.
De ce corps mystique le Christ est la tête. La tête en effet occupe une place éminente dans le corps : elle concentre les forces les plus nobles et tous les sens y résident; d’elle dérive la sensation et le mouvement dans tous les membres qu’elle dirige dans leurs actes : ainsi en est-il du Christ (Zbid., q. 1; p. 121). On pourrait même dire, avec quelques-uns, que tout l’ensemble des membres y compris l’humanité du Sauveur est plus noble que cette humanité prise séparément (/bid., ad 3").
- La qualité de chef convient au Christ tant selon sa nature divine que selon sa nature humaine : c’est par sa nature divine qu’il donne aux membres le sens et le mouvement surnaturels en leur infusant la foi et la charité; c’est par sa nature humaine qu’il est conforme aux membres: or, ces deux notes sont requises pour le concept parfait de chef (/bid., a. 2, q. 3; p. 123).
La grâce personnelle du Christ et la grâce qui le fait chef
11 Cor., XII, 28.
294 LA CHRISTOLOGIE
de l’Église ne différent pas réellement; car les mérites 2<cquis par sa grâce personnelle rejaillissent sur les membres, selon la parole de saint Jean : « Nous avons tous reçu de sa pplénitude » (/bid., a.3,q.2; p. 124). Seeberg déclare que ces co xasidérations sont d’autant plus intéressantes qu’elles sont plus rare
au moyen âge !. Richard n’ajoute cependant rien à saint TE» © ms ni à saint Bonaventure.
Indirectement, comme ces deux docteurs, Middleton te> ui che à la question des membres de l’Église, lorsqu'il se dead quels sont les membres de ce corps mystique. D’abord VE sg lise | est l’assemblée des fidèles par opposition aux infidèles : ceux“ n’appartiennent à l’Église que par destination; aussi le Chrit n'est-il leur chef qu’en puissance. Les fidèles sont ceux quz = unis entre eux par une même foi et l’usage des mêmes ss 1 ments. Entre eux une nouvelle distinction s'impose : les gaz appartiennent pleinement à l’Église; les pécheurs sont 222$ des membres du corps, mais imparfaitement parce qu'il Leu manque la charité, qui est le lien d’union, et le Saint-E=#% qui est comme l’âme du corps mystique. Pour appartenir pl==222%€ | ment, simpliciter, au corps mystique, trois conditions = requises : l’union par la foi, l’usage des sacrements et le 11e de charité :
« Fideles primi simpliciter pertinent ad corpus Christi mysti «#17 quia inter eos est naturae conformitas, et colligatio per fidei iunc Æ air et sacramentorum et communicantia per caritatem; et omnes 721%"
ficantur uno Spiritu Sancto et ideo istorum Christus est caput #27" pliciter ?.»
D'avance Richard repousse l’idée protestante de l'É=Z 15€
des élus : tous les fidèles vivants appartiennent vraimeæ = © l'Église :
«Illi non pertinent simpliciter ad corpus Christi qui non ba ee" unde cum Christo possint in aeternum manere. Et habent hoc ox 1 iusti, non tantum illi qui salvabuntur sed etiam illi qui damnaburæ æur- Unde utrique pertinent ad corpus Christi mysticum. Quamvis =æ2aiiT
1 SEEBERCG, Scotus, P. 23.
3 III Sent., d. XIII, a. 2, q. 2; p. 122.