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LA FOI

alium. Cum ergo voluntas perficitur per caritatem, redundat aliquo-. modo ipsa perfectio in intellectum per quam intellectus est aptior ad omnem actum concordantem perfectioni voluntatis. Actus autem fidei perfectioni voluntatis concordat : per hoc ergo quod voluntas perficitur caritate, intellectus est aptior ad actum fidei À. »

Seule la foi formée peut être appelée vertu au sens plénier du mot; la foi informe n’est vertu que dans un sens large, car son acte n’est pas parfait, vu que la volonté, qui le commande, n’est pas parfaitement disposée ; et de plus, elle ne peut rapporter son acte à la fin dernière, modo debito, puisque, pour le faire, elle devrait être ordonnée elle-même à cette fin: ce qui est l’effet de la charité (III Sent., d. XXIII, a. 4, q. 2; p. 247).

La certitude de foi est supérieure à la certitude scientifique, «ratione adhaesionis in affectu ». Il faut distinguer, en effet, la certitude d’adhésion, provenant de la volonté, et la certitude de connaissance. Or, dans la foi, l’amour de la vérité incline plus à l’adhésion que la science ne peut le faire :

« Certitudo enim voluntatis est determinatio ipsius ad adhaerendum per amorem alicui veritati. Fides autem, inclinando, magis determinat affectum ad credendi actum et diligendum veritatem creditam quam

quaecumque scientia inclinat ipsum ad volendum actum sciendi et rem scitam 3,»

Quant à la certitude de connaissance, quoad se, la foi l'emporte sur toute science acquise, à cause de la dignité et de l’infaillibilité de son motif : mais elle est inférieure, quoad nos, en ce sens qu’elle n’atteint pas l’évidence (III Sezt., d. XXIII, a. 7, q- 1; P. 254).

L'objet formel de la foi est la Vérité incréée :

« Quidquid enim per fidem credimus, ideo credimus quia credimus quod prima Veritas hoc revelavit 5. »

Son objet matériel comprend, outre la Vérité incréée, bon nombre de vérités naturelles (III Sent, d. XXIV, a. 7, q- 1; p. 265). Aussitôt se pose la question : une même vérité:

3 Jbid., q. 1; p. 248.

2 III Sent., d. XXIII, a. 7, q. r 3 III Sent., d. XXIV, a. 1, q. 1;

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peut-elle être objet de foi et de science? Saint Bonaventure l’affirmait, parce que l'évidence de ces vérités ici-bas n’est jamais parfaite !. Saint T'homas, au contraire, au moins dans ses derniers écrits, le nie absolument ?. Richard semble avoir teraté une conciliation entre les deux opinions : je ne puis faire un acte de foi sur une vérité dont j’ai actuellement l'évidence, mazs cette vérité reste objet de l'habitus de foi. Ce sera la solution de Scot* :

« Aliquid sic scitum... secundum idem, non potest, simul ab eodem homine, esse creditum, si accipiantur scire et credere secundum actum : quia impossibile est quod intellectus assentiat uni et eidem vezritati de necesssitate et non de necessitate simul. Sed quia per demonstrzationem in via non possumus scire aliquid creditum tali scientia quae gerfecte tollat omne enigma.. ideo mihi videtur dicendum, et probzæbiliter, quod in via aliquid potest esse a nobis simul scitum et cre-ditum, secundum habitum. Nec enim inconveniens est quod respectu zælicuius veritatis scitae habeamus habitum, quo illam crederemus, si earma nesciremus, et quo possimus exire in actum credendi quando nn possumus in actum sciendi 4. »

Mais la foi exclut absolument l’opinion au même tite que le doute (III Sent., d. XXIV, a. 1, q. 6; p. 279).

L'objet matériel de la foi est contenu dans les douze æsticles du symbole, qui renferment, implicitement, toutes les Zutrts vérités révélées (III Sent., d. XXV, a. 1, q. 2; p. 273 — 2.2 q. 15 p. 275). |

La foi est nécessaire au salut. Même avant l’incarnatioææ toU* les hommes étaient tenus de croire explicitement à l’exiss tent de Dieu, à la rétribution des actes et, au moins implicite æntñt, au médiateur (III Sent, d. XXV, a. 3, q. 1; p. 277): racmais à ceux qui n'étaient pas soumis à la Loi écrite, il suffisæ ät d croire d’une façon générale au salut par Dieu :

« Lex naturae praecipiebat credere mediatorem implicite i= = hoc

quod credere praecipiebat aliquam viam salutis humano generi Æ= esse provisam 5. »

1 BONAVENTURA, IIL Sent., d. XXIV, a. 2, q. 2; p. 523.

2 Summa, 11 Il*°, q. II, a. 4. — GRABMANN, Die Erkenntnislehre, p. 14°! # Minces, Skotistisches, p. 273-274.

“III Sent., d. XXIV, a. 1, q. 5; p. 268.

5 III Sent., d. XXV, a. 3, q. 1, ad 34m; p. 277.

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