L'ESPÉRANCE
Après la venue de Jésus, la foi explicite est nécessaire sur les principaux articles de foi : Richard en compte cinq (Zb1d., a. 4, q- 1; p. 280).
Le salut des païens est-il donc impossible? Richard propose une doctrine très libérale : si la prédication évangélique ne leur est pas parvenue, ils ne sont obligés de croire même aujourd’hui que ce qu'ils étaient tenus de croire sub lege naturae (Jbid., ad 3").
De l'espérance, comme de la foi, il faut dire qu’elle est une vertu théologale (III Sent., d. XXVI, a. 3, q. 2; p. 293); et elle n’atteint pleinement sa valeur de vertu que lorsqu'elle est formée par la charité (III Sent., d. XX VI, a. x, q. 1; p. 292).
Son objet comme son motif est Dieu :
« Deum habet pro principali obiecto et formali, sive accipiamus eius obiectum rem speratam, quia per spem extenditur affectus seu erigitur principaliter ad habendum Deum, sive accipiamus obiectum spei illud cuius adiutorio speramus nos habituros rem speratam. Per spem in solo Deo principaliter confidimus.…. À. »
De même que l’objet de la foi était Dieu en tant que Vérité, ainsi l’objet de l’espérance est Dieu en tant qu’il est un bien difficile à obtenir, à cause de son excellence même :
«a Tale autem obiectum spei… non est nisi unum, scilicet bonum arduum ?, — Arduïitas enim boni idem est quod excellentia boni 3. »
Et c’est ainsi que Richard résout la difficile question qui divise les théologiens : quelle différence y a-t-il entre la charité et l’espérance, vu que, toutes deux, elles se portent vers le Bien suprême? C’est, répond notre docteur, que la charité tend vers le Bien considéré en lui-même; l’espérance vers le Bien considéré comme difficile à obtenir :
« Formalissimum autem, in obiecto caritatis, est ratio boni absolute
4 JIL Sent., d. XXVI, a. 3, q. 2; p. 293.
2 Ibid., a. 4, q..1; p. 294.
# Jbid., ad 212,
dicti, sic autem non cadit in ratione spei; sed ratio boni speca #fücti per differentiam quae est arduum !, »
L’espérance théologique réside dans la volonté (II Sert. d. XX VI, a. 5, q. 3; p. 298). Elle est certaine : « Spes est arts expectatio futurae beatitudinis », d’une certitude dérivée <4 € Ja foi :
« Certitudo in actu creaturae dupliciter invenitur : uno modo pp æ—àäncipaliter et essentialiter et sic est certitudo in actu virtutis cognos©æ æivze firmiter assentientis rei cognitae. Alio modo, secundario et participp =ative, in quantum ab aliqua vi cognitiva determinatur ad certum actu m mm et obiectum,.… ideo etiam virtus dicitur in suo actu certitudinem la =mbere et est illa certitudo quaedam participatio certitudinis rationis per <quam dirigitur ad actum certum. Secundum hunc modum est certitu <lo in actu spei, participata a certitudine fidei, quasi dictando ipsam spem ?
Cette certitude de l’espérance n’exclut donc pas le doute au sujet de notre possession future de la béatitude, mais seulement toute défiance à l’égard de Dieu :
« Dubitatio proprie dicta non opponitur nisi certitudini quaae ést in cognitione, Unde proprie fidei opponitur dubitatio. Certitudini autem spei opponitur diffidentia et eam excludit; dubitationem zuteém de absoluta consecutione rei speratae non oportet quod excludit, quia illa non est in sperante ex parte divinae omnipotentiae et rwaisericordiae quibus innititur, sed ex liberi arbitrii defectiva vertibilitzate °.»
Plus clairement : la certitude de l’espérance ne porte p 2s Sur l'obtention de notre salut, mais sur la possibilité actuelle et vraie d’y arriver, et la bonté de celui sur lequel repose notre espérance (III Sent., d. XXVI, a. 5, q. 1; p. 296).
La charité se définit « :
«a Habitus a Spiritu Sancto voluntati infusus quo habilitat ar ad
1 Jbid., ad 10m,
2 III Sent., d. XX VI, a. 4, q. 2; p. 295.
3 Jbid., ad 2°, |
4 Autre définition : « Virtus gratuita voluntatem in esse secundo per #iciéns» in ordine ad actum diligendi prompte et faciliter, propter se et super omnià summum Bonum » (III Sent., d. XX VII, a. 6, q. 2; p. 316).
nds