‹ Richard de Middleton, sa vie, ses œuvres, sa doctrineChapitre 140 sur 228 · MATIÈRE ET FORME · texte numérisé non relu

MATIÈRE ET FORME

et dispose à sa réception : il est donc à la fois chose et signe, res et sacramentum, et par conséquent, logiquement, l’impression du caractère précède l’infusion de la grâce (IV Sent. d. IV, a. 1, q. 3; p. 61).

A l’occasion du baptême, notre docteur envisage la question du ministre. Le ministre du sacrement doit être un homme encore vivant, wiator; car la visibilité du sacrement le requiert. Richard ajoute cependant une restriction : « de lege communi »; il croit en effet, qu’un ange, apparaissant sous une forme visible, pourrait validement conférer un sacrement (/bid., a. 3, q. 2; p. 68).

Il n’est pas exigé pour la validité du sacrement que le ministre soit juste, car le baptême tire son efficacité directement de Dieu (Zbid., q. 1; p. 67), ni qu'il aït la foi (IV Sent., d. VI, 4. 1,q.1;p. 73). Mais il doit avoir l'intention. Ceci ne suppose pas qu’il croie à l’efficacité du baptême, ni qu'il ait l'intention de lui faire produire son fruit ; la disposition contraire n’empêcherait pas l'efficacité du rite, pourvu qu’il ait l’intention de faire ce que l’Église fait (/Zbid., q. 2; p. 74). L’intention purement habituelle ne suffit pas, il faut qu’elle soit au moins virtuelle {{bid., q. 3; p. 74).

C’est encore à l’occasion du baptême et de la confirmation que notre auteur explique plus profondément la nature des sacrements, leur composition et le rôle des différents éléments qui y concourent :

« Si loquamur de forma sacramenti proprie dicta, sic forma confirmationis, in quantum est sacramentum, est aliquid resultans ex intentionali unione chrismatis et supra dictorum verborum, et huius totius ordinatione ad sanctificandi actum : et haec ordinatio est ad determinatum sanctificandi modum : et respectu huius formae aggregatum ex chrismate et supra dictis verbis per intentionem confirmantis.. est materia 1,»

Ce passage est à rapprocher de cette déclaration faite à propos du baptême :

« Forma baptismi ultima et completiva ad quam refertur seu ordina-

1 IV Sent., d. VII, a. 1, q. 2; p. 87.

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