‹ Richard de Middleton, sa vie, ses œuvres, sa doctrineChapitre 145 sur 228 · COMMUNION · texte numérisé non relu

COMMUNION

par la foi et la charité et s’incorporer ainsi à son corps mystique.

D'autre part,on peut manger le Christ spirituellement, sans le recevoir sacramentellement (IV Sezt., d. IX, a. 1, q. 3; p.110, C. 1): c’est ce que nous nommons la communion spirituelle.

La manducation à la fois sacramentelle et spirituelle produit des fruits nombreux : Richard en compte douze. Comme la question des effets de la communion n’a guère été étudiée historiquement jusqu'ici, il ne sera pas sans intérêt d’énumérer ces douze fruits 1 : la réception de l’Eucharistie, dit-il, r) renouvelle la mémoire de la passion du Christ. — 2) confirme la foi. — 3) augmente l'espérance. — 4) enflamme la charité. —- 5) donne la vie de la grâce. — 6) unit au Christ. — 7) restaure le communiant par la consolation spirituelle et le fortifie dans la poursuite du bien. — 8) le soutient contre les chutes qui proviennent de sa propre faiblesse. — 9) lui donne des forces contre les assauts du démon. — 10) diminue l’ardeur de la concupiscence. — 11) le purifie du péché véniel. — 12) et parfois du péché mortel.

Et pour retenir plus facilement ces effets merveilleux, ils ont été résumés dans ces trois vers :

« Inflammat, memorat, sustentat, roborat, auget « Hostia, spem; purgat, reficit, vitam dat et unit « Confirmatque fidem, munit, fomitemque remittit à. »

C’est un véritable hymne que Richard entonne en l'honneur de la communion.

Parmi ces effets, le principal est de nous unir davantage au corps mystique du Christ, par la charité. La rémission des péchés véniels est un effet secondaire et qui découle du premier, et cet effet s’obtient dans la mesure des dispositions du communiant ÿ,

1 Saint Bonaventure énumère aussi douze fruits, légèrement différents : De praeparatione ad missam, Chap. I, dans Seraphici doctoris S. BONAVENTURAE decem opuscula, Quaracchi, 1896, p. 255.

3IV Sent., d. IX, a. 1, q. 2; p. 109.

3 11 semble donc que Richard n’exige pas, comme saint Bonaventure, des dispositions positives pour la réception fructueuse du sacrement, outre l’intention, la foi et l’état de grâce (BONAVENTURA, IV Sent., d. XII, pars II, a. r, q. 1; p. 289, c. 2).

Le péché mortel lui-même est parfois remis, chaque fois que le communiant, vraiment contrit, ignore de bonne foi son péché (IV Sent., d. XII, a. 5, q. 1; p. 256), ou même que, s'en souvenant, il ne peut ni se confesser, ni omettre de s’approcher de la table sainte (IV Sent., d. IX, a. 2, q. 2; p. 111).

Avec l’augmentation de la charité va de pair l’accroissement des vertus (IV Sent., d. XII, a. 5, q. 2; p. 157).

Le pouvoir de consacrer appartient au seul prêtre et à tout prêtre, fût-il hérétique, ou excommunié, car ce pouvoir découle du caractère, à moins qu’on ne le considère comme étant le caractère lui-même : or, le caractère est indélébile (IV Sent. d. XIII, a. 1, q. 1, et q. 2; p. 160-163).

L’Eucharistie en tant que sacrifice n’a pas été étudiée par Richard; il affirme cependant le caractère sacrificiel en répondant à l’objection suivante : le prêtre hérétique, arguait-on, ne peut consacrer validement, car la messe est un sacrifice, offert au nom de l’Église, « sacerdos offert sacrificium ex persona ecclestae.» Cette raison ne vaut pas, réplique Richard, car le prêtre hérétique offre au nom de l’Église :

« Si intendit facere quod facit ecclesia, quoad hoc offert in persona ecclesiae 1. »

1IV Sent., d. XIII, a. 1, q. 1; p. 160, c. 2.

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