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CHAPITRE VII

SOMMAIRE. — I. La vertu de pénitence. Attrition et contrition. Nécessité de la contrition; efficacité propre de l’attrition et de la contrition. Effets de la pénitence. — II. La satisfaction et la justification du pécheur. — III. Le sacrement de pénitence : ses parties intégrantes. Nécessité de la confession. Le pouvoir des clés. L'efficacité de l’absolution. Le secret. — IV. Les indulgences. Possibilité pour un juste de satisfaire pour un autre. Définition des indulgences. Conditions de leur validité; leur étendue; leur application.

Le sacrement de pénitence donne à notre auteur l’occasion de parler de la vertu de même nom, selon la tradition de l’École. Comme le remarque justement Seeberg !, la doctrine de la justification lui est intimement unie.

Tandis que saint Thomas définit la pénitence : «est de aliquo prius a se facto dolere ? », et plus explicitement : « reprobatio facti praeteriti cum intentione removendi sequelam ipsius, scilicet offensam Dei et reatum poenae 3 », Richard la considère comme une punition que l’on s'impose à soi-même :

« Actus eius est punire proprium peccatum in quantum est contra iustitiam legis divinae et expiabile per actum paenitentis {. »

Cependant dans cette punition que l’on s'impose, ce qu’il y a de principal c’est le regret efficace; et par conséquent la vertu de pénitence réside dans la volonté «ut in subiecto»

1 SEEBERG, Scotus, p. 25.

? Summa, pars III, q. LXXXV, a. 1.

3 Jbid., ad 8vn,

IV Sent., d. XIV, a. 1, q. 1; p. 177.

(IV Sent., d. XIV, a. 1, q. 1; p. 177). Elle est une vertu spéciale (Ibid, a. 1, q. 2; p. 174), partie potentielle de la vertu cardinale de justice (Zbid., a. 2, q. 2; p. 176). La parfaite pénitence, celle qui est efficace par rapport à la vie éternelle, ne peut s’acquérir par nos seules forces naturelles : car elle implique la connaissance et l’amour de notre fin surnaturelle. Quoi qu’en dise Seeberg !, Richard n'’affirme pas comme certain que cette vertu soit strictement infuse; il incline plutôt à croire, sans se prononcer formellement, que cette vertu peut s’acquérir par la répétition des actes posés sous l'influence des principes infus :

« In virtute principiorum supernaturalium acquirere possumus patnitentiam 3, »

La pénitence naît de la foi et de l'espérance, d’un certain amour du bien, et de la crainte; généralement parlant, elle procède plutôt de la crainte que de l’amour (IV Sent., d. XIV, a. 4, q.2; p. 180). Expliquant le texte des Actes #, « fide punficans corda eorum », Richard écrit, réfutant d'avance Îles protestants : |

« Fides purificat per modum ostendentis timenda et amanda, timor etiam, in quantum ab ipso inchoatur motus voluntatis recedentis a peccato et tendentis ad Deum; paenitentia vero in quantum impetrat caritatem per quam formaliter purificat cor : et ideo quamvis paenitentia concipiatur ex fide, non propter hoc sequitur quin etiam concipiatur ex timore et magis quam ex fide, quia est dispositio nraagis propinqua; quia ex fide non concipitur paenitentia nisi quantum fides ostendit timenda vel amanda #, »

La vertu comme l'acte de pénitence sont informes, si le pécheur ne possède pas la charité; celle-ci en effet la transforme en pénitence formée et lui donne la valeur de condignité :

« Quia per hoc habitus paenitentiae a Deo de condigno acceptatur et fortis efficitur.. per acceptationem praedictam consequitur finem ad quem ordinatur quod est perducere paenitentem ad vitam aeternam 5

1 SFERERG, Scotus, p. 25.

2 IV Sent., d. XIV, a. 4, q. 1. —- Voir aussi tbhid., ad 2Um; p. 179. 3 Chapitre XV, 9.

# IV Sent., d. XIV, a. 4, q. 2, ad 2m; p. 180.

SIV Sent., d. XIV,a.5s,q.1;p. 181.

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