EFFICACITÉ DE LA CONTRITION
De ce fait, l’acte, comme l’habitus dont il procède, agrée à Dieu ! et acquiert cette relation nouvelle d’être référé à la vie éternelle.
La contrition donc, à l’exclusion de l’attrition, est la disposition prochaine à la rémission des péchés. Mais aussitôt se posent des questions difficiles : puisque la contrition suppose l’habitus de charité, quelle peut bien être l’influence de la contrition sur la rémission du péché? Bien plus, la contrition précède-t-elle, peut-elle même précéder le pardon de la coulpe ?
La solution de cette dernière question dépend elle-même de la solution d’une autre : quel est le rapport entre l’infusion de la grâce et la rémission de l’offense ? Car, s’il y a une différence réelle entre l’infusion de la grâce et la rémission des péchés, on doit dire que l'effet le plus immédiat de l’infusion de la grâce est de transformer l’attrition en contrition, laquelle mérite ex condigno la rémission des péchés; si, au contraire, on croit qu’il n’y a qu’une distinction de raison, on peut dire que la destruction du péché précède logiquement l’infusion de la grâce : |
« Unde si remissio peccati est realiter differens ab infusione gratiae, formatio actus paenitentis immediatior est infusioni gratiae, quam remissio peccati; ad quod sequitur quod sit, ordine naturae, prior quam remisssio peccati. Si autem realiter idem est gratiae infusio et peccati, quantum ad offensam, remissio, praedicti actus formatio non est prior ordine naturae, sed posterior, non dico ordine naturae, quia talis ordo prioritatis et posterioritatis non est nisi inter realiter diversa, sed secundum ordinem intelligendi : quia secundum ordinem intelligendi prior est infusio gratiae sub ratione qua est remotio inimicitiae quam sub ratione qua est restitutio amicitiae : sub prima ratione est remotio cuiuslibet culpae, sub secunda vel sub utraque est praedicti actus formatio 2, »
Quelle sera donc l'influence de Ia contrition sur la rémission du péché ?
Dans le sacrement, comme nous l’expliquerons plus tard,
1 Sur la théorie de l’acceptatio, dans Scot, voir MInGes, Der Wert der guten: Werke nach Duns Skotus, dans Theologische Quartalschrift, t. LXXX VIII, 1907,
21V Sent., d. XVII, a. 1, q. 4; p. 243.
dla contrition concourt à former avec l’absolution le rite sacramentel à l’occasion duquel Dieu remet les péchés 1,
Mais en dehors de la confession ? Quelle que soit l’hypathèse admise, déclare Richard, la contrition ne peut être cause effciente de la rémission du péché, puisque Dieu seul crée la grâce sanctifiante, laquelle est logiquement présupposée à l’acte de contrition. Mais ceci posé, d’après les uns, dans l’hypothès e que la rémission et l’infusion de la grâce se distinguent réelle nent, la contrition, formée par l’infusion de la charité, mérite de condigno le pardon de l’offense; dans l’autre hypothèse, il ne reste plus qu’à dire que le mouvement de pénitence informe rmnérite de congruo à la fois et la rémission du péché et la grâce sanctifiante ? :
« Anima tamen per contritionem meretur de condigno mortalis pæccati remissionem, si aliquis motus contritionis eam ordine naturae praæ=<edit, ut multi probabiliter dicunt. Si autem nullus motus formatus, <> rdine naturae, praecedit remissionem mortalis peccati, tamen aniraza Pt' motum attritionis de congruo meretur remissionem peccati mortæ Lis ?.”
On peut donc résumer la position fondamentale de Ric Hard, comme suit :
1. — Seule la contrition est la disposition prochaine à la rémission du péché mortel.
2. — L'attrition pour obtenir efficacement ce pardon d°it se transformer en contrition.
3. — Cette transformation se fait ex opere operato da Æ%* le sacrement.
4. — En dehors de la confession, un acte d’attrition in Æ €<'*
1 Si la contrition précède l’absolution, le péché est déjà remis: l'ef Æ <! a l’absolution sera donc un des effets énumérés par Richard lorsqu'il pæ #7 1e de la confession des péchés déjà remis, et de plus elle libère de l'obligats «<>? de soumettre ces péchés au pouvoir des clés (Quodl. IIT, q. 17 et q. 16: p. 11œ— a12).
2 Richard laisse le choix entre les deux hypothèses : cependant, si je comç> *"* o
bien, il incline vers la distinction de raison dans IV Sent., d. XVII,a.4> “ + tandis qu’il incline vers la solution contraire à la q. 7 du même article: «<< dum opinionem dicentium quod realiter differunt, quae est communis op># #2 | — Sur la question de l’attrition on trouvera une bonne bibliographie à le ctide de A. BEUGNET, Atirition, dans le Dictionnaire de théologie catholique, t. Æ > col. 2235 et suiv.; y ajouter DE SAN, De Paenitentia, Bruges, 1900, p. 37 — 559
3 IV Sent., d. XVII, a. 1, q. 7; p. 245.