‹ Richard de Middleton, sa vie, ses œuvres, sa doctrineChapitre 150 sur 228 · LA SATISFACTION · texte numérisé non relu

LA SATISFACTION

mérite de congruo l’infusion de la grâce, qui en fait une véritable contrition.

Une question reste à examiner : la contrition, pour obtenir de pardon du péché, doit-elle avoir un certain degré d'intensité ? Non, répond Richard, car nécessairement toute vraie contrition est une détestation souveraine du péché, puisqu'elle procède de la charité : cela seul est essentiel : la douleur sensible n’est qu’une qualité accidentelle, nullement requise, et par conséquent de moindre acte de vraie contrition suffit à la rémission des plus grandes fautes (IV Sent., d. XVII, a. 1, q. 6; p. 244).

Mais s’il est question non plus de la rémission de l’offense ou de la coulpe, dont il a été uniquement question jusqu'ici, mais de la peine, pour obtenir la remise totale de toutes les peines temporelles, Middleton exige une pénitence très parfaite, soit par l’intensité accidentelle de la douleur, soit par la grandeur de l’expiation (IV Sent., d. XIV, a. 7, q. 2; p. 185).

Les effets de la pénitence sont donc la rémission de la coulpe, de la peine éternelle, et de la peine temporelle en tout ou en partie. De plus, au moment de la rémission du péché, les habitus infus des vertus morales nécessaires à la vie honnête nous sont rendus, mais les habitus acquisiti ne nous sont pas nécessairement restitués (IV Sezt., d. XIV, a. 8, q. 1: p. 185).

Quant aux bonnes œuvres, celles qui ont été accomplies en état de péché mortel, opera mortua, n'auront jamais de valeur pour la vie éternelle; au contraire, les bonnes œuvres faites en état de grâce avant le péché et dont le péché a suspendu l'effet méritoire, opera mortificata, ces bonnes œuvres reprennent leur pleine valeur, par la pénitence (Jbid., q. 2; p. 186).

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Parmi les actes de la vertu de pénitence il faut mentionner encore la satisfaction, que Richard définit :

« Est pro illata iniuria voluntaria recompensatio, secundum iustitiae aequalitatem, cum proposito non committendi novam iniuriam !. »

11V Sent., d. XV, a. 1, q. 1: p. 195.

L'homme, livré à ses seules forces, ne peut satisfaire pour le péché; mais par les mérites de Jésus-Christ il en devient capable (IV Sent., d. XV, à. 1, q. 2; p.195), à condition qu’il soit en état de grâce (Zbid., q. 5; p. 197).

Selon la loi commune, Dieu ne remet pas l’offense, sara s exiger quelque satisfaction; mais Richard, pas plus que saint Bonaventure, ne voit d’impossibilité, quoi qu’en disent «certains théologiens, à ce que Dieu puisse remettre, par privilège spécial, un péché sans exiger de satisfaction (/bid., q. 7; p. 19).

Dans un article important, Richard résume toute sa cd actrine sur la justification du pécheur. Assurément, dit-il, Dieu peut remettre le péché, par privilège, sans que l’homme = y soit disposé par une véritable conversion du cœur; mais , selon la loi commune, le pécheur doit coopérer à sa justification (Quodl. INT, q. 3; p. 88. — IV Sent., d. XVII, a. 4, q. 1; p> - 261). Cette coopération consiste dans les mouvements du libre zrbitre par lesquels le pécheur déteste le péché et se retourrz€ VEfs Dieu ; cette conversion est la disposition requise pour l’ira fusion de la grâce qui, elle, opère la justification :

« Cum de impio fit iustus requiruntur quatuor, scilicet im pictits destructio, quae est culpae remissio, et gratiae infusio, et dis 51°

ad destructionem impietatis quae est culpae detestatio, et dis posito ad susceptionem gratiae quae est liberi arbitrii ad Deum conveæS° :”

Bien que les premiers mouvements encore informes » cer à dire produits sans le concours de la charité, par 1=-= que l’âme se dispose à la justification, comme sont la détes #21! du péché ex timore, et la conversion informe vers Dieu, pu asset se produire successivement, la justification elle-même si instantanée. La justification, dans son essence, comprenci linfusicn de la grâce, l’information des actes, imparfaits jus each, du pénitent, et la rémission de l’offense, qui sont aussi les ef de l’infusion de la grâce. Or, l’infusion de la grâce se fait ice St tanément : «semper eam infundit in instanti.» Donc, au raz instant, s’opère la rémission des péchés et l’informatiof ® des

TIV Sent., d. XVII, a. 4, q. 2; p. 261.

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